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les questions mémorielles

mis à jour le 10/12/2008


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Depuis plusieurs années, les lois mémorielles interrogent les enseignants et les chercheurs.

Rapport de l'assemblée nationale sur les questions mémorielles

mots clés : enseignement de l'histoire, historien, liberté pédagogique, devoir d'histoire, mémoire, commémoration, lois mémorielles, devoir de mémoire



Rapport d'information N°1262 de la Mission d'information de l'Assemblée nationale sur les questions mémorielles et présidée par Bernard ACCOYER, président de l'Assemblée nationale. (rapport adopté le 18 novembre 2008)


Ce rapport est très long (480 pages), riche d'interventions et constitue une mine d'informations pour le professeur d'histoire. Après un résumé succinct de son contenu, vous trouverez le rapport de l'Assemblée nationale sur les lois mémorielles en téléchargement au bas de cette page.

Parmi les passages intéressants, on peut noter : 

 
Dans le corps du rapport

1 La France en débat avec son passé

Les lois mémorielles

L'inscription des lois mémorielles dans une longue tradition commémorative et dans laquelle les élus de la Nation ont joué un rôle (de la Révolution à aujourd'hui) : cette partie est intéressante en ce qu'elle permet de dresser une histoire des fêtes et des célébrations ainsi que de saisir la rupture introduite par la Ve République (la politique de la mémoire devient affaire de l'Exécutif) puis les « lois mémorielles » : loi GAYSSOT (1990), loi de 2001 sur le génocide arménien, loi du 21 mai 2001 sur la reconnaissance de la traite et de l'esclavage; le tournant de 2005 avec les débats autour de l'article 4 de la loi du 23 février 2005, les réactions des historiens (Comité « Liberté pour l'Histoire ») suite aux poursuites organisées par un collectif contre l'historien O. PETRE-GRENOUILLEAU. C'est à l'occasion des débats que le concept de « lois mémorielles » est généralisé. Le rapport replace cette intervention du parlement dans un contexte d'affaiblissement du Législatif, d'invocation du « devoir de mémoire » avec la rupture introduite par les initiatives législatives.
Les risques juridiques et politiques (pages 36 à 56) que posent les lois et d'éventuelles nouvelles lois (inconstitutionnalité, atteinte à la liberté d'opinion et d'expression avec un passage intéressant sur la responsabilité de l'historien, atteinte à la liberté pédagogique des enseignants et des chercheurs, risque de confusion entre mémoire et histoire et remise en cause des fondements de la recherche historique -- à savoir la réinterprétation permamente du passé, l'absence de jugement moral -- la fragilisation de l'unité nationale et enfin les conséquences diplomatiques...
La dimension européenne à travers la décision-cadre d'avril 2007 dont la portée est source de débats au sein même de la communauté des historiens.    

Les ambiguïtés du « devoir de mémoire » (page 60 à 90)

Mémoire et histoire : la notion de devoir de mémoire et ses implications ; juste mémoire et  travail de mémoire de P. RICOEUR.

 
2 La Nation autour d'une mémoire partagée

Première partie

Elle est consacrée au rôle du Parlement dont la proposition est la suivante : « le rôle du Parlement n'est pas d'adopter des lois qualifiant ou portant une appréciation sur des faits historiques, a fortiori lorsque celles-ci s'accompagnent de sanctions pénales »(page 98). En revanche, le Parlement peut depuis juillet 2008 (article 34-1) adopter des résolutions : il pourrait ainsi reconnaître certains événements comme ayant une valeur en termes de citoyenneté républicaine. Il n'y a pas de remise en cause des lois mémorielles existantes « dans un souci d'apaisement et de réconciliation » (page 92 à 97).

Deuxième partie

Elle comporte des réflexions autour des commémorations. (avec un historique de l'évolution des commémorations page 108 à 120)

Troisième partie

Elle est consacrée à « la contribution fondamentale de l'école à la construction d'une culture historique » . Ciment de l'unité nationale, l'enseignement de l'histoire a pour objet de « faire comprendre aux enfants que l'histoire est une discipline scientifique » et de « leur apprendre qu'ils sont liés les uns aux autres par un héritage ».Suit un rappel des objectifs assignés à l'enseignement de l'Histoire et la réaffirmation du rôle essentiel joué par la discipline (pages 142). Mais l'école est « bousculée » par les revendications mémorielles : enseignement des questions dites sensibles, présence croissante du « devoir de mémoire », développement des actions éducatives qui mettent les professeurs en difficulté (connaissances insuffisantes, concurrence des mémoires en classe...) Le rapport réaffirme la nécessité de faire de la classe un lieu de connaissances. L'enseignant doit susciter le « devoir d'intelligence » (J-P RIOUX). Ainsi, « le législateur n'est pas dans son rôle s'il prétend définir le contenu des programmes d'histoire, ni même la place accordée à tel enseignement spécifique au sein de ces programmes » (page 159).  Quelques fondamentaux sont rappelés : éviter de jouer sur l'émotion, rappeler le « consentement aux faits », développer l'éducation aux médias, traiter ces questions dans cadre interdisciplinaire (Lettres, Philosophie...), soutenir les enseignants dans l'enseignement des questions sensibles. Le rapport affirme la reconnaissance du droit de regard du Parlement sur les finalités assignées à l'enseignement de l'histoire.  
La dimension européenne à travers la recommandation de la Commission européenne de 2001 sur les objectifs de l'enseignement de l'histoire au XXIe siècle (page 174-175), la publication de manuels communs d'histoire, le développement des échanges et de la recherche à l'échelle de l'Europe et la question des commémorations fédératrices pour favoriser « la réunification des mémoires européennes »(B. GEREMEK)

Dans les Annexes (280 pages) tout particulièrement les compte-rendus d'auditions et des table-rondes

Auditions de J. Favier, P. Nora, G. Noiriel, F.Dosse, B.Geremek, A.Kaspi
parmi les tables rondes, celle sur «  l'école, lieu de transmission » 
parmi les autres annexes, l'annexe 3 qui souligne le traitement des questions mémorielles dans différents pays (européens ou non).
 
auteur(s) :

Françoise Janier-Dubry

information(s) pédagogique(s)

niveau : tous niveaux

type pédagogique :

public visé : enseignant, inspecteur, étudiant, chef d'établissement

contexte d'usage : non précisé

référence aux programmes : Tous programmes
Tous niveaux

documents complémentaires

ressource
Les lois mémorielles
Rapport d'information au nom de la Mission d'information sur les questions mémorielles présidée par Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale
    Document au format PDF
site web
Le rapport sur les commémorations
 En parallèle au rapport sur les lois mémorielles est paru le rapport de la commission de réflexion sur la modernisation des commémorations pilotée par André Kaspi.
    Le site de la Défense

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