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Claes Oldenburg
mis à jour le 03/03/2010
Matières molles, échelle monumentale, autant de moyens qui permettent à Claes Oldenburg de combler le fossé entre l'art et la vie par son travail de sculpteur inspiré des objets quotidiens...
mots clés :
sculpture, objet, mou, échelle, monumental, quotidien, pop art
Epingle à linge (Chothes Pin),1976, acier Corten et acier inoxydable, 13,7 x 3,7 x 1,4 m, Center square Plaza, Philadelphie, USA
Claes Oldenburg est l'un des artistes américains les plus populaires. Il a développé son travail durant les années 60 dans la mouvance du Pop'Art, et continue depuis d'exercer une influence dynamique sur l'art contemporain. Connu pour transformer les objets du quotidien dans ses sculptures molles, ou ses monuments géants par la vertu desquels le plus banal devient extraordinaire et prend un statut artistique.
Il est de ceux qui s'emploient à "combler la brèche entre l'art et la vie", selon le principe énoncé par Robert Rauschenberg. Pour l'essentiel ses sujets sont tirés de la vie quotidienne et des rues New-Yorkaises. Dans un premier temps, il utilise du carton ondulé, des papiers journaux et des objets trouvés peints . Il est fasciné par le contraste entre les vitrines rutilantes et les détritus, et ce que ces éléments de la vie urbaine révèlent de désirs, liés à la consommation.
De manière récurrente la nourriture apparaît dans son œuvre, elle est même l'élément clé de son installation The Store, en 1961. Dans cette œuvre les hamburgers et les gâteaux colorés, luisant de crème, reproduits en plâtre peint, se font une place parmi les natures-mortes de l'histoire de l'art dont elles donnent une version reliée au XX° siècle.
Cette installation prend alors place dans un magasin où Oldenburg expose, et où tout est à vendre comme de vraies marchandises. Les clients y trouvent donc non-pas des moulages des objets réels mais des re-créations à base de plâtre ou pâte à papier. Oldenburg tient lui-même le magasin (tout comme Ben Vautier qui, à la même époque, ouvre à Nice son propre magasin). Ces artistes proches de l'esprit Fluxus placent ainsi leur pratique d'artiste à un carrefour où se croisent plusieurs catégories artistiques, entre autres, la sculpture et la peinture, mais aussi le théâtre par la mise en scène de l'artiste lui-même. De telles pratiques sont à relier à l'histoire de la performance et montrent le lien pouvant être tissé entre cette nouvelle catégorie d'œuvre et la sculpture. Elles ont en commun le déploiement de l'œuvre dans l'espace réel, la notion de tridimensionnalité. Cependant l'action de se mettre en scène introduit outre la théâtralisation du corps de l'artiste, une temporalité nouvelle dans l'œuvre.
Fantôme, batterie (Ghost, Drum Set), 1972 , 0,80 x 1,80 x 1,83 m, 10 éléments en toile, bourrés de billes de polystyrène,
cousus et peints (peinture vinylique) Don de la Menil Foundation au Centre Pompidou
Dans sa série de sculptures molles, Oldenburg convertit la céramique et le métal de salle de bain, téléphone, machine à écrire et autres en tissu rembourré et vinyl. les objets solides deviennent souples et malléables, ils pendent, accrochés aux murs ou sont disposés au sol et interagissent avec les choses de leur environnement. Soudain le familier devient étrange, et une nouvelle manière de le regarder est née.
Oldenburg a poursuivi ses recherches en modifiant l'échelle des objets quotidiens : une part de gâteau, une pince à linge, "une petite cuillère ". Avec sa partenaire et épouse Coosje Van Bruggen, il développe cette série en Europe comme au Etats-Unis. Cependant, un recours à l'industrie est nécessaire compte-tenu du caractère monumentale des pièces réalisées. Malgré leur apparente simplicité, grâce à leur échelle monumentale, les objets proposent un jeu d'équilibre des masses et des formes. En créant des œuvres pour des espaces publics, l'artiste réalise sa première ambition, faire de l'art qui ne soit pas assujetti à l'espace muséal, mais propose une redécouvert du monde à tous.
Par ailleurs, il travaille sur le modèles d'objets parfois disparus du marché, ce qui lui fait dire qu'il crée "un cimetière d'objets industriels". Dans L'aventure de l'art au XX° siècle, (Edition du Chêne 1999, p. 689), il est rapporté que Claes Oldenburg considère la collaboration avec des ouvriers et des ingénieurs comme une nouvelle forme de Happening, tant l'édification de l'œuvre a un aspect théâtral.
source : brochure - Royal Festival Hall, Hayward Gallery, on the South Bank, July Events '96.
contributeur(s) :
Nadia Freland, Tangi Gicquel et Thierry Froger
information(s) pédagogique(s)
niveau : Terminale L
type pédagogique : article
public visé : enseignant, élève
contexte d'usage : classe, espace documentaire
référence aux programmes : Espace, mouvement et son dans la sculpture de la seconde moitié du XXe siècle.
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artiste
Claes Oldenburg
Né le 28 janvier 1929 à Stockholm (Suède)
Ancien étudiant en art et littérature à l'université de Yale, Claes Oldenburg s'inscrira aux cours du soir à l'Art Institute de Chicago, de 1950 à 1952.
Il s'installera à New York en 1956, ville dans laquelle il rencontrera Allan Kaprow, l'inventeur du happening.
C'est un sculpteur que l'on peut associer au pop art.
Plusieurs de ses oeuvres ont été réalisées en collaboration avec sa partenaire et épouse Coosje Van Bruggen.
mots-clés
sculpture, objet, mou, échelle, monumental, quotidien, pop art, fluxus, polychrome,
sacralisation, installation, environnement
citations
Ma pensée est plus pratique, plus américaine, que surréaliste... Je ne suis pas un artiste abstrait. Je suis un réaliste... Selon ma façon de voir, l'abstraction ne touche pas assez à la vie de tous les jours.
sitographie
http://www.oldenburgvanbruggen.com
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