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Histoire des Arts - L'art au service des idéologies totalitaires

mis à jour le 05/12/2012


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A travers une démarche d'Histoire des Arts, comprendre les liens entre arts et idéologies totalitaires dans les années 1930-1940

mots clés : HdA, Art, idéologie, nazisme, stalinisme, régime totalitaire


Comment aborder la question ?


L'art est un grand témoin des régimes totalitaire que ce soit au travers de la propagande élémentaire (affiches, caricatures) ou du rôle des artistes, consentants ou contraints, qui sont pris dans une exigence d'adhésion au totalitarisme et de soumission de leur art à son service.
Pour aborder cette question au cœur de l'art du XXème siècle, on peut cibler l'approche sur la problématique suivante : « l'art sert-il les idéologies totalitaires au XXème siècle ? »

Les ressources pour le collège proposent des supports possibles pour l'étude en classe d'histoire de 3ème : 

  • les grandes œuvres de commande, souvent spectaculaires, qui mettent en scène le régime ou décorent ses mises en scènes politiques : les sculptures nazies et soviétiques, dans leurs ressemblances -elles proposent des modèles d'identification héroïques-, comme dans leurs différences -ce ne sont pas des modèles pour les mêmes valeurs- ; la monumentalité écrasante de l'architecture qui vise la sidération devant le régime et inspire le respect sinon l'effroi par l'effet de force colossale qui s'en dégage ; la mise en scène de la force et des vertus du chef politique qui convainquent de sa supériorité providentielle et contraignent les comportements de tous à un modèle de flagornerie dont il n'est pas nécessaire d'être dupe pour s'y résoudre.

  • Des carrières d'artistes qui sont facilitées par l'adhésion au régime et par l'acceptation plus ou moins contrainte de ses commandes (Leni Riefenstahl ; Arno Brecker ; Eisenstein ; Chostakovitch ; Prokofiev...) tandis que d'autres qui sont entravées ou brisées par l'exil, une résistance ou une suspicion (Thomas Mann ; Bertold Brecht ; Walter Gropius ; Stefan Zweig ; Emil Nolde ; Vladimir Maiakovski ; Mikhail Boulgakov ; Ossip Mandelstam...). Ces carrières sont associées à l'étude d'oeuvres quicorrespondent à ces profils, soient qu'elles expriment les valeurs ou discours du régime, soit qu'elles laissent transparaître ou affichent clairement réserves ou opposition ;

  • L'organisation de l'activité artistique et de sa diffusion par des institutions du régime ou les hommes qu'il a désignés pour cela (rôle de Goebbels et de la Reichskulturkammer ; rôle des associations institutionnelles d'artistes en URSS). Elle prend trois dimensions : la sélection et la valorisation d'oeuvres du passé dont les thèmes servent le régime ou sont détournées à son profit (ex : Richard Wagner) ; le contrôle de la production artistique et son orientation vers les thèmes et les formes privilégiées du régime (ex : le « réalisme soviétique ») ; la stigmatisation des formes d'art qui ne correspondent pas à son projet et à son idéologie (« l'art dégénéré » ; « l'art bourgeois »).

Le choix a été fait ici d'étudier deux œuvres monumentales : le protecteur, d'Arno Breker, 1940 pour le régime nazi et l'ouvrier et la Kolkhozienne, de Véra Moukhine, 1937.

Remarques : Comme nous y invite le programme, l'étude des régimes totalitaires en 3ème ne doit pas être menée sous la forme d'une comparaison entre nazisme et stalinisme. Pour l'étude de la production artistique, il en est de même. Ce qu'il faut dégager, c'est le rôle des arts dans l'idéologie totalitaire en prenant des exemples dans les deux régimes.
 
breker, le protecteur
Arno Breker (1900-1991) - le protecteur, 1940
Oeuvre prévue pour prendre place sur l'axe Nord-Sud de la nouvelle capitale - Germania - voulue par Hitler et pensée par Albert Speer.
L'oeuvre ne fut jamais montée sur l'axe.
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ouvrier et kolkhozienne
Vera Moukhina, l'ouvrier et la kolkhozienne, 1937, Moscou.
Oeuvre de 25 mètres de haut et de 80 tonnes créée pour surmonter le pavillon de l'Union soviétique à l'exposition universelle de 1937 à Paris.
plus d'informations
 

la démarche


L'étude de ces oeuvres dans le cadre de l'Histoire des Arts (HDA) en classe de 3ème, répond à un cahier des charges précis. Cette étude s'inscrit dans le thème Arts, Etats, Pouvoir.
L'élève est invité à réfléchir au sens des oeuvres en mobilisant ses connaissances et ses capacités autour d'un "parcours" balisé :
  • identifier l'oeuvre
  • situer l'oeuvre dans son contexte (espace / temps)
  • décrire et expliquer le sens de l'oeuvre par l'utilisation d'un vocabulaire adapté
  • distinguer les dimensions artistiques et les dimensions historiques de l'oeuvre

Cette démarche permet de répondre à la problématique posée : "l'art sert-il les idéologies totalitaires au XXème siècle ?"

Concrètement, dans la classe, on peut diviser le groupe en deux et proposer une grille commune de questionnement autour de l'étude de la forme, de la technique, de l'usage et du sens de l'oeuvre.

 

points saillants de l'étude


Les points communs de ces deux oeuvres en rapport à la problématique posée sont les suivants :
  • Des oeuvres de commande
Dans les deux cas, les oeuvres répondent à une commande précis des dirigeants des régimes totalitaires afin d'exalter le régime.
Véra Moukhina répond au second concours lancé par Staline pour la construction et l'ornementation du pavillon soviétique de l'exposition internationale des arts et techniques de Paris en 1937.
Arno Breker, sculpteur officiel du III° Reich à partir de 1934, participe à l'ornementation du projet Germania menée par Albert Speer et aux fastes des Jeux Olympiques de 1936 (statues colossales.
A travers cet aspect, on insiste sur la relation pouvoir/art, commanditaire/artiste...

  • des oeuvres au service de l'idéologie : promouvoir et exalter l'homme nouveau
 
détails ouvrier et kolkhozinne
l'élan triomphant des deux personnages matérialisé par leurs vêtements portés par le vent, leur union symbolisée par la faucille et le marteau et l'égalité homme - femme montrent l'importance donnée par le régime soviétique aux personnages de l'ouvrier et de la kolkhozienne, symbole d'une société sans classe sur laquelle le régime soviétique, idéologiquement, se fonde. Une étude, dans le cadre du cours, montrerait, que dans la réalité, ouvriers et paysans n'adhèrent pas au régime : on installe, ici, la notion de propagande. Le contexte (Paris, 1937, pavillon faisant face à celui du Reich) montre aussi la volonté, à travers cette sculpture de style réalisme socialiste, de propager le communisme dans le monde.
arno breker détails
le recours aux canons de la statuaire antique (perfection plastique et proportions idéales des corps, thèmes guerrier, héroïsation...) pour exalter la force et la particularité d'une race supérieure, les aryens, au détriment des autres races considérées comme inférieures permet de renforcer le nationalisme et le racisme du Reich, bases idéologiques du régime. On retrouve aussi l'aspect militaire dans la statuaire par le recours à la notion de "protecteur", qui renvoie à la notion d'espace vital (lebensraum) et d'expansionnisme. Le projet Germania (dont le bas-relief de style néoclassique nazi est issu) visait à faire de Berlin le centre de gravité des peuples germaniques et du monde.
 
auteur(s) :

jean-françois Loistron, weblmestre associé HG

information(s) pédagogique(s)

niveau : 3ème

type pédagogique : démarche pédagogique

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes : II - Guerres mondiales et régimes totalitaires
Thème 2 - Les régimes totalitaires dans les années 1930

ressource(s) principale(s)

casa_batllo.jpg l'histoire des arts 26/08/2010
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arts du visuel, arts du son, arts de l'espace, arts du langage, arts du quotidien, arts du spectacle vivant, HdA

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