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Bajo las estrellas

mis à jour le 13/03/2008


Cartel Bajo las estrellas

Sous les étoiles - Félix Viscarret, Espagne - 2007.

mots clés : cinema, Espagne


Ouverture du Festival de Cinéma espagnol de Nantes (12 mars 2008)

On nous présente Bajo las estrellas de Félix Viscarret comme tourné « dans un décor de western moderne ». C'est vrai, mais annonçons tout de suite la couleur : il s'agit plus d'un nouveau genre, une sorte de « Le bon, la brute et la truande », ce dernier terme à prendre au sens british du terme, « truant » qui fait l'école buissonnière.

Disons aussi que les étoiles du titre sont fabriquées, brillent trop pour être honnêtes. Que les tenants du politiquement correct vont en avaler leur cravate ou leur foulard Hermés. Pourtant il n'y a aucune provocation gratuite, aucune caricature dans ce beau film qui vous réconcilie avec l'humanité, même si elle se présente d'abord sous des traits peu avenants : un joueur de trompette jazz bourré et cradingue ; un sculpteur lunaire trop bon pour faire de vieux os qui est aussi le frère du précédent, une gamine sale et mutique, qui fume, horreur, des cigarettes ! et ne va pas à l'école, et sa mère, passablement zinzin et pas du tout fée du logis, plus une petite ville au nom presque d'étoile « Estella » où revient le trompettiste, car le père est en train de casser sa pipe.

Bajo las estrellasLa mère mauvaise ménagère est fiancée au doux lunaire, qui porte un nom de compositeur (Lalo), elle doit, accessoirement, depuis leur jeune âge, une « branlette » au frère musico, Benito. La môme, absolument merveilleuse de naturel farouche, insiste qu'elle n'est pas une « Porquita » mais s'appelle Ainara.

Une fois le père des deux zigues mis en terre, à toute berzingue, - l'arrivée du convoi funéraire est un morceau d'anthologie -, on devine que Benito, qui devait vite regagner Madrid où l'attend une compagne plus intéressée par l'argent que par un testament humaniste, va rester au village, prendre soin de son frère qui investit la campagne environnante d'œuvres de ferraille ahurissantes, le pompon étant celle destinée à la tombe du père (un genre de Quichotte déhanché), prendre soin de la petite qui se cache à tout bout de champ, prendre soin enfin de Nines la mère chanceuse de n'avoir jamais été dénoncée à la DASS.

Mais avant le final de toute beauté, d'un tracteur tractant une vieille caravane, sur une route nocturne qui monte, Benito devra se taper pas mal de cuites, de gnons, de traumatismes sur une route sinueuse et brouillardeuse, renoncer à son instrument dans une scène poignante, aura clopé en cachette avec la gamine, et surtout, surtout, démontré par sa conduite combien les bien-pensants, les gens bien, sont médiocres, vulgaires (cf la soirée d'enterrement de vie de garçon/jeune fille), petits.

Filmé dans des couleurs ocres, glauques, pas trop définies, accompagné au plus juste d'une musique épatante, ce film, réservé à un public adulte et non chichiteux, est formidable de bonté, d'humour, d'amour, de profondeur.

Benito ne comprend rien aux fractions, il a le cœur trop entier. Son double, Lalo, paie cher pour un virage mal pris, un dérapage. Nines est, n'en déplaise à Monsieur Propre, une bonne mère. Et Félix Viscarret, dont le premier long-métrage a déjà récolté une pluie de prix à défaut d'étoiles, est déjà un grand réalisateur, car il sait voir, raconter, planter sa caméra au cœur du mystère des hommes, des femmes, des enfants.

 
auteur(s) :

Marie-Odile Maréchal

information(s) pédagogique(s)

niveau : Terminale, 1ère, bts

type pédagogique : article

public visé : non précisé

contexte d'usage : sortie pédagogique

référence aux programmes :

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