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pour accompagner l'étude de la "lettre de Guy Môquet ": les ressources des Archives départementales de Vendée

mis à jour le 04/11/2007


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documents et démarches, entre Histoire et Mémoire, présentation des ressources disponibles aux Archives départementales de Vendée

mots clés : Guy Môquet, Résistance, Archives, Vendée, dossiers, histoire, mémoire, commémoration


1. Présentation des documents et des objectifs du dossier documentaire

Les documents émanent :

*  des fonds des Archives :
-    départementales (série W pour le premier dossier documentaire).
-    privés (les gouaches et lavis de Maurice de la Pintière).
*  d'ouvrages de synthèse réalisés dans le département (par le Centre vendéen de recherche historique).
 

 
2. En introduction : Une présentation rapide de la situation de la Vendée sous l'occupation et des enjeux de la Résistance.

Texte introductif :

Aujourd'hui encore...écrire une histoire de la Résistance en vendée, comme dans beaucoup d'autres départements, est une œuvre absolument impossible à réaliser, du fait qu'elle n'a pas eu d'unité, de cohésion, de liaison.
    Ce ne furent pour la plupart...que des actions personnelles, isolées, très diverses mêmes dans leurs buts. Les uns distribuaient des tracts ou détruisaient du matériel agricole. D'autres refusaient les réquisitions ou camouflaient des denrées du ravitaillement. D'autres préféraient s'exiler plutôt que travailler pour l'occupant. Certains résistaient plutôt à Vichy qu'aux nazis, et d'autres aux deux. Les uns se regroupaient autour d'un  parti politique dissout, d'autres autour d'un journal clandestin, d'autres autour d'un homme....Les administrations mêmes étaient noyautées, comme les PTT, la SNCF.... D'autres enfin ne cherchaient qu'a se camoufler, à déserter pour tenter de répondre à l'appel de De Gaulle, et il fallait alors leur procurer des faux papiers puis assurer leur fuite hors de France : combien de mairies ont été cambriolées avec le consentement de leur maire....
    Il y avait beaucoup d'attentistes...

Tiré de l'ouvrage. La Vendée dans la seconde guerre mondiale.
Article sur : La Résistance en Vendée. (Pp 240, 241. Référence à des ouvrages de Gérard Nocquet et Armand Giraud.)

 
Il est en effet difficile de rendre compte de la Résistance en Vendée. Mais n'est-ce pas un problème constitutif de l'acte de résistance, qui est par définition secret, quand il prend forme dans un territoire occupé. En ce sens il est significatif de constater que les sources, qui servent de référence pour évaluer le nombre de Résistants, se matérialisent à la fin de la guerre dans un organisme officiel d'homologation, dont les documents sont archivés à Vincennes. Cet organisme rassemble les représentants des mouvements de résistance pour faire un état des lieux à posteriori. Dans le tableau qui suit on constate une amplification quantitative des mouvements. On ne doit pas lui donner de mauvaises raisons (on sait qu'il est plus facile de résister à la fin de l'occupation qu'en 1940...), en fait ces chiffres qui fluctuent révèlent deux choses généralisables la difficulté du décompte et l'amplification très naturelle du mouvement à la fin du conflit.Dans une certaine mesure la série des documents qui portent sur les actes de résistance dans le département confirme cette impression. On constate qu'on passe d'une résistance « épidermique » à une résistance plus structurée. A la fin de la guerre des listes entières révèlent des arrestations plus importantes. Leur motif en est ignoré par les préfectures. Elles ne peuvent ou ne veulent pas rendre compte qu'il s'agit de réseaux de résistance qui sont démantelés par la sûreté allemande. (Voir l'ensemble documentaire numéro 1)


 


Il faut donc partir du principe que la résistance est secrète en territoire occupé.  Les structures qui fédèrent les mouvements, peuvent à la fin de la guerre identifier les acteurs de celle-ci. Cette Résistance " institutionnelle " n'est pas toute la Résistance. Ultérieurement, beaucoup de témoins mentionnent qu'ils ne savaient pas, en Vendée, à quel réseau ils appartenaient. Il faut sans doute nuancer là encore. Le jeune Alex Auvinet revendique très tôt son appartenance au mouvement communiste. Dans ses lettres d'adieu, qui font partie de l'ensemble documentaire numéro 2, il affirme son espoir du triomphe du parti à la Libération. A Chavagnes-en-Pallier un mouvement gaulliste s'est structuré autour du docteur du village et de madame Suzannet qui cache des enfants juifs et appartient à des réseaux qui agissent à Paris.
 
 L'enjeu est de mesurer le fond de Résistance des Vendéens. Le texte introductif en dit beaucoup sur sa diversité.  Peut-on tenter de dégager une spécificité vendéenne ?
     La Vendée est occupée au sens propre du terme, puisque son littoral, sur une profondeur de 30 kilomètres, est une zone interdite. L'autorité allemande est donc directe sur le plan militaire et administratif. On constate que Vichy tente de récupérer un semblant de souveraineté en " ergotant " sur la moindre prérogative des occupants. Ainsi les préfets doivent faire un état des lieux régulier des arrestations. Mais ce n'est qu'apparence. Cette présence allemande est importante car elle influence un certain type de comportements. Les parachutages d'armes par exemple, qui doivent entretenir l'idée d'un débarquement possible. A la veille du 6 juin, ils se multiplient comme pour brouiller les pistes. De plus le littoral vendéen est aménagé d'ouvrages défensifs. La Résistance y accorde beaucoup d'intérêt et de nombreux sabotages ont lieu. (Ensemble documentaire 1)
 
Un second élément joue un rôle dans l'approche de la Résistance en Vendée : le phénomène des réfugiés. C'est d'ailleurs l'une des premières conséquences de la guerre sur le département. Le plus gros contingent de réfugiés vient des Ardennes, première cible de l'offensive du Reich. Selon une estimation de la préfecture le département accueille 250 000 à 300 000 réfugiés. Après la cessation des combats la Vendée compte encore quelques 85 000 personnes qui ne peuvent espérer rentrer chez elles. On compte des enfants et entre autre des enfants juifs. Ceux qui sont cachés à Chavagnes profitent d'une filière de la région parisienne qui s'inscrit totalement dans une logique de résistance aux lois antisémites appliquées en France. (Ensemble documentaire numéro 3).
    La Vendée a payé un lourd tribut à la première guerre mondiale. La guerre et l'attitude d'Hitler réactivent le souvenir de ce sacrifice face aux " Boches ". Maurice de la Pintière représente le chancelier du Reich sous les traits d'un Hun dans l'une de ses gouaches de jeunesse. Cette dénonciation est à la fois la conscience de la nature du régime nazi et la référence à de plus vieilles définitions de l'ennemi héréditaire (on pense à des définitions culturelles). (Ensemble documentaire numéro 3).
    Enfin, il y a un dernier déterminant qui entre en compte dans l'évaluation de la résistance : la réputation conservatrice, voire réactionnaire du territoire. On constate que chez le jeune Auvinet, le milieu ouvrier de l'agglomération nantaise est propice à son éducation politique. C'est en dehors de vendée que son cheminement vers le communisme se déroule. Pourtant il faut donner des limites à ce " déterminisme politique ". Maurice de la Pintière appartient à l'élite aristocratique du département et son engagement ne pose pas question. On peut rétorquer qu'il le réalise à Paris alors qu'il est étudiant et que peut-être l'éloignement rend la prise de conscience plus aisée. Mais les enfants juifs cachés à Chavagnes, dans le bocage qui ne cache pas sa sensibilité pétainiste, doivent nous porter à nuancer toute analyse manichéenne.

    Il faut donc prendre en compte ces dimensions particulières de la Vendée dans la guerre mais sans les exagérer. Les schémas classiques de la Résistance fonctionnent là comme ailleurs. La mise en place du Service du Travail Obligatoire provoque en Vendée, aussi, la constitution de maquis dans la forêt de Mervent ou à Dompierre. Il y a une concurrence entre les réseaux et notamment une grande crainte du communisme, qui peut expliquer le parachutage d'armes par les Anglais dans la partie sud du département réputée plus républicaine.
 
 
Il s'agit surtout de mettre en perspective l'acte de Résistance. En fait ces déterminants locaux doivent simplement éclairer les engagements. Il ne faut pas être dupe, et le texte introductif le souligne « la majorité fut attentiste ». Alors qu'est-ce que résister ? C'est faire, être dans l'action, ne pas supporter, contourner...dans un contexte dangereux .S'interroger sur la Résistance c'est donc s'interroger sur ce qui pousse à résister et donc définir la Collaboration, le Collaborationnisme, et le Totalitarisme. Les gouaches de Maurice de la Pintière, alors qu'il est un jeune étudiant à peine plus âgé que nos élèves, sont prémonitoires. On y voit la nature du Nazisme et du régime de vichy. L'application des lois antisémites, auxquelles les enfants de Chavagnes échappent, est une illustration supplémentaire du caractère idéologique de la Résistance.                
Mais définir la Résistance c'est aussi prendre en compte sa pluralité : Pluralité des motivations (sont-elles le mêmes pour le militant communiste et le déçu du pétainisme ?), pluralité des formes (le coup d'épaule à l'allemand sur un trottoir et le fait de cacher des armes anglaises relèvent-ils de la même démarche ?), et pluralité des moments (les réseaux organisés de la fin de la guerre sont-ils dans la continuité des actes isolés du début de l'occupation ?).
Enfin une dernière dimension est celle de la Mémoire de la période. La tombe d'Alex Auvinet recevait quelques fleurs dans les années de l'après-guerre. Mais les témoins rapportent qu'elle fut rapidement à l'abandon. Les productions artistiques de Maurice de la Pintière ont conservé la mémoire des "années noires" en éclatant de couleurs après la guerre. Pour les enfants de Chavagnes le  travail de mémoire  a été fait au nom de la recherche des « Justes » et est devenu  devoir de mémoire  pour ceux qui avaient été sauvés.
 

Thierry THOREAU

information(s) pédagogique(s)

niveau : Lycée tous niveaux, tous niveaux

type pédagogique : préparation pédagogique

public visé : enseignant, élève

contexte d'usage : classe, travail autonome, espace documentaire

référence aux programmes :

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