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Les lundis au soleil
Un film de Fernando León de Aranoa, Espagne - 2002 - 1h13.
Mais la deuxième fois, on ne rit plus. Entre-temps, on a compris pourquoi la femme de José tient tant à chasser les mauvaises odeurs. Elle travaille, de nuit, dans une conserverie de poissons, depuis que son mari a été licencié du chantier naval et n'arrive pas, bien sûr, à se reclasser. Los lunes al sol voudrait bien évacuer les mauvaises odeurs, la tristesse et l'abattement de ceux qu'on met sur le carreau, ceux qui restent à quai au bord d'une ría du nord de l'Espagne. Quoique le final démente vaguement cette dernière image...
Avec doigté, un pinceau trempé dans le corrosif, Fernando León de Aranoa (réalisateur de Familia et de Barrio) fait la chronique des jours inutiles d'une bande de chômeurs qui, lorsqu'ils ne pointent pas, ne passent pas des entretiens dont l'issue est d'avance connue, traînent dans un petit bar ouvert par un collègue plus entreprenant avec son indemnité. (Mais qu'on se rassure, le bar de Rico vivote comme le reste).
Ils sont cinq, avec pour leader Santa (Javier Bardem, excellent), grande gueule et cœur gros comme ça, qui a des démêlés judiciaires avec un lampadaire. Santa en sort vainqueur, par K.O. Mais cela n'empêchera pas d'autres naufrages.
Parce qu'il cherche plus à montrer qu'à démontrer, qu'il parvient à innover dans le genre (on avait bien sûr en tête, sur des thèmes voisins, The Full Monthy, ou certains Ken Loach), qu'on rit aux larmes pour ne pas pleurer, parce qu'il ne raconte rien d'autre que la réalité, tout en atteignant des sommets dans le farfelu, Los lunes al sol est un film indispensable, qui vous procure 113 minutes d'émotion et d'intelligence, et occupera des heures de discussions. A diffuser d'urgence dans toutes les DRH et ANPE.
Fiche rédigée par Marie-Odile Maréchal
Sinopsis :
Una ciudad al norte, costera, que hace ya tiempo dio la espalda al campo y se rodeó de industrias que la hicieron crecer desproporcionada, a empujones, que la alimentaron de inmigración y trabajadores y dibujaron para ella un horizonte de chimeneas, de aristas y esperanzas, de futuros desarraigos.
Un grupo de hombres que cada día recorren sus calles en cuesta, buscándole a la vida las salidas de emergencia. Miedo de larga duración, funambulistas de fin de mes, y de principio también, funambulistas sin red y sin público, sin aplausos al final, que caminan a diario por la cuerda floja del trabajo precario, que sujetan su existencia con andamios de esperanza y hacen de sus pocas alegrías trinchera, conversación, rutina, como si ese naufragio del que tratan de ponerse a salvo a diario no fuera el suyo, mientras hablan de sus cosas y se ríen, de todo y de nada en concreto, esperanzados, tranquilos, la mañana de un lunes al sol.
"Apoyada en el armazón de un guión diáfano, que roza la perfección, bellamente escrito y que maneja el gran trazo con el tacto delicado de la pincelada de un miniaturista, la cámara de Fernando León sigue con precisión el itinerario circular hacia ninguna parte, el paseo errante y desquiciado de unos hombres en conflicto con su mundo, su viaje cotidiano por las rutas del absurdo, su dar vueltas a diario alrededor de un eje de nada. Porque nada les sucede a esta gente, y este su nada sucederles es en ellos una forma enérgica y devastadora de suceso, una desventura convertida en aventura."
espagnol - Rectorat de l'Académie de Nantes