La tourmente révolutionnaire éprouve durement la ville, partagée entre les aspirations républicaines, qui sont celles des Bleus et la fidélité au roi et à l'Église, qui rassemble les Blancs.
Les guerres de Vendée, qui font rage à l'Ouest de 1793 à 1796, atteignent Angers, occupée à deux reprises par les Vendéens.
La Terreur sévit : la guillotine est dressée sur la place du Ralliement et l'exécution de deux mille condamnés à Avrillé en 1794 reste dans la mémoire des Angevins qui se rendent en pèlerinage au Champ des Martyrs.
Aux fêtes révolutionnaires, qui voient la cathédrale transformée en temple décadaire, succède la création des institutions intellectuelles : l'École Centrale, préfiguration du Lycée impérial, la Bibliothèque et le Musée sont, un temps, regroupés au Logis Barrault.
La physionomie de la ville change : les quais sur la rive gauche de la Maine commencent à être édifiés et, depuis Varsovie, Napoléon 1er autorise en 1807 la démolition des remparts. Des places, des boulevards sont créés : le temps de la grande mutation urbaine et économique se dessine.
1789, la montée des tensions
En vue des États généraux convoqués par le roi Louis XVI, sont rédigés les cahiers de doléances et ont lieu les élections des députés de chacun des ordres : le clergé, la noblesse et le tiers-état, représentés à égalité. Les oppositions sont fortes, l'Assemblée constituante est proclamée en juillet.
Après l'assaut de la Bastille, le roi reçoit la cocarde, symbole de l'unité de la royauté (le blanc) et de la nation (le rouge et le bleu, couleurs de Paris).
1790-1791, une nouvelle organisation
Sur le cadre des anciennes provinces, est définie la division en départements, subdivisés en districts et le département de Mayne-et-Loire, avec ses huit districts et ses quatre-vingt-dix-neuf cantons est officialisé en 1790.
1790-1792, la question religieuse au cœur des affrontements
En juillet 1790, est votée par l'Assemblée la Constitution civile du Clergé, nationalisant les biens de l'Église et exigeant des ecclésiastiques, comme des fonctionnaires civils, de prêter un serment, symbole de la relation étroite de la religion à l'État. En contrepartie, chaque membre du clergé reçoit un traitement.
Cette Constitution divise profondément le clergé angevin. Il y a plus de réfractaires que de jureurs. L'opinion prend parti, les incidents éclatent : la tragédie des guerres de Vendée se prépare.