Nous avons aimé L’Arrière-saison,
roman de Philippe Besson et son idée d’imaginer une
histoire à partir du tableau Nighthawks d’Edward Hopper.
Nous avons su également que Hopper s‘était lui-même
inspiré d’une nouvelle d’Ernest Hemingway,
Les tueurs, pour réaliser
sa peinture.
Pour établir le
programme de ce projet dans deux classes de troisième, nous
avons repris cette démarche, le texte source d’inspiration
d’une peinture qui elle-même produit l’écriture
d’une histoire. Nous avons voulu aussi mettre les élèves
dans la peau de l’écrivain et dans celle du peintre.
Grâce au travail
interdisciplinaire ce projet visait à développer la
compréhension de textes, la réflexion, l’invention,
l’expression personnelle et à améliorer les
pratiques d’écriture grâce à la lecture
d’image et aux réalisations plastiques et réciproquement.
Tout d’abord
dès le départ nous nous sommes bien assurées
que les élèves ne connaissaient ni le tableau ni le
peintre ce qui était très important pour le bon déroulement
du projet.
Le premier travail des élèves a consisté en
l’étude d’un texte descriptif de ce tableau alors
qu’ils ne soupçonnaient pas son existence ni celle
de son auteur, puis ils se sont servis de ce texte pour réaliser
les uns une peinture ou une gravure, les autres une maquette.
Et ce n’est qu’après la lecture comparative de
leurs travaux qu’ils ont découvert le vrai tableau.
Ensuite en s’inspirant de
Nighthawks et de leur propre
travail plastique ils ont écrit une histoire et enfin ils
ont lu et étudié le roman L’Arrière-saison
de Philippe Besson dont la scène et les personnages sont
ceux du tableau.
Suite à tout cela, Philippe Besson est venu au Collège
rencontrer les élèves le 19 mai 2005. Il a découvert
avec intérêt les travaux des élèves et
par un jeu de questions-réponses leur a parlé bien
sûr de son roman l’Arrière-saison
et de son métier d’écrivain. Moment important
pour les élèves.
Puis en juin il y a eu des lectures d’autres tableaux de Hopper,
des photos numériques mettant en scène les élèves
eux-mêmes dans le collège et traduisant l’atmosphère
d’un tableau de Hopper pour une classe, des créations
d’images numériques sur Photoshop à partir de
plusieurs tableaux de Hopper pour l’autre classe.
Tout au long du projet chaque élève a tenu un journal
de bord, manuscrit pour une classe, numérique pour l’autre.
Par ailleurs d’autres professeurs se sont joints à
nous. Monsieur Viala, professeur de technologie, a guidé
chaque élève d’une classe dans la réalisation
de leur propre site Internet. Madame Provost, professeur d’anglais
a abordé la civilisation, la culture américaine des
années 50 dont certains films d’Hitchcock directement
inspirés eux aussi des tableaux de Hopper, par exemple Fenêtre
sur cour et Psychose.
Chantal Thébault,
arts plastiques
Sylvia Pierre-Seiller, Lettres
collège Louis Pasteur, St Mars la Jaille
janvier à juin 2005