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une cartographie sensible du collège

mis à jour le 08/11/2017


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Au collège Georges-Pompidou de Champtoceaux (Maine et Loire), Marie Masson, enseignante en Histoire-géographie constate dés le début de l'année scolaire que élèves de sa classe de 6e travaillent dans un climat où l’entraide, la communication, le respect et l’écoute font défaut. Elle décide alors de placer la tâche cartographique au coeur d'un projet interdisciplinaire fédérateur. L'objectif est de bâtir un plan subjectif de l'établissement permettant l'expression des perceptions et des pratiques de cet espace par les collégiens. Comment celui-ci permet de rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages dans une démarche de respect et d’écoute ?

mots clés : échanger, plan subjectif, projet interdisciplinaire, tâche complexe, compétences


Tout commence à la Géothèque de Nantes où Marie Masson découvre un ouvrage de Catherine Jourdan sur la géographie subjective.
Pour cette professeure de philosophie, artiste et psychologue : “Une carte dite subjective représente la vision qu’a une personne ou un groupe de son espace proche à un temps donné. Elle ne se base pas sur des données réelles, mais sur les impressions de chacun”. Au terme de sa création, l’exposition de celle-ci permet d’exprimer sa représentation de l’espace vécu au sein de la vie collective. Marie Masson souhaite faire réaliser un plan subjectif du collège par les élèves de sixième. Après avoir obtenu l'accord de l'auteur pour une adaptation de son travail, elle construit alors un projet interdisciplinaire avec Marie Mottin, professeure de français, et Véronique Lebot, professeure de mathématiques. Ce dernier est soumis au principal du collège, qui a l’habitude depuis quelques années, de soutenir les propositions de cette enseignante au regard de leurs aspects mobilisateurs et innovants. Même si cette fois, Vincent Payen de La Garanderie reconnaît qu’il y a une certaine prise de risque en posant la question aux élèves nouvellement arrivés : “Comment percevez-vous votre collège ?”.

 
Habiter (cette notion est essentielle au cycle 3) le collège, c’est d’abord le pratiquer, c’est à-dire en avoir l’usage et y accomplir des actes du quotidien. Cet espace public est avant tout celui des collégiens qui le vivent, ce qui leur donnent le droit à le penser, le dessiner, le dire1. C'est donc en avoir une représentation qui peut varier en fonction de ses centres d'intérêt. Demander aux élèves de partir de leur ressenti face au lieu qu'ils fréquentent le plus quotidiennement, en dehors de leur habitation, et leur faire réaliser un plan subjectif leur permettant d'entreprendre un raisonnement géographique par la découverte, l'analyse et la compréhension qu'ils entretiennent avec leur établissement, s'inscrit résolument dans une dynamique géographique. D'autant que "Dire le soi" en géographie n'est pas une pratique courante et que la cartographie n'est pas toujours une activité facile pour les élèves. Par ailleurs, ce projet permet aux adultes de se rendre compte de la perception des collégiens, de pouvoir mieux appréhender leurs représentations. Donc, on dépasse la géo-graphie pour une étude de l’espace comme écriture à déchiffrer. Le collège devient alors un espace-signe où chaque élève participe à la construction d’un plan porteur de sens

Le plan subjectif du collège a été présenté lors de la journée des portes ouvertes pour les futurs élèves et leurs parents. Il est aujourd’hui affiché dans le hall du collège. L’affichage public du plan est l’une des forces de ce projet. En effet, l’exposition de ce dernier fonctionne comme une invitation à voir le quotidien et l’imaginaire des élèves, mais aussi à appréhender leur parcours et leur représentation de la vie dans leur établissement. Il a été également mis en ligne sur le site Cartographier au collège par le géographe Carlos Julian Mirales. Pour le Principal : “Ce projet a permis d’écouter les élèves dans la relation qu’ils entretiennent avec les lieux du collège qu’ils vont fréquenter plusieurs années, de favoriser le dépassement de soi, de coopérer dans le cadre d’un travail bien fait et d’être valorisés grâce à des acquis reconnus par tous”.
En effet, la réalisation de ce plan subjectif constitue un premier pas sur le chemin des expériences et des apprentissages sur la cartographie que les élèves vont accomplir au collège. Tout au long de leur scolarité, et notamment en quatrième, ces derniers sont engagés dans des projets via l’association Cartographier au collège2 qui les amènent à des acquis de haut niveau reconnus par les géographes de la faculté d’Angers. Sans nul doute, les collégiens castrocelsiens bénéficient, par leurs pratiques des outils et des Systèmes d’information géographiques, d’une meilleure compréhension de l’espace, qu’il soit local ou mondial. La cartographie ainsi pratiquée est une école de l’observation, de l’analyse, de la rigueur et de la créativité. Aussi, peut-on se féliciter que ces élèves, lors de leur formation, ouvrent leur réflexion sur la portée des cartes et des images dans les représentations collectives du monde proche ou lointain.


1. BO :* (En géographie, habiter ne se réduit pas à résider, avoir son domicile quelque part. S'intéresser à l'habiter consiste à observer les façons dont les humains organisent et pratiquent leurs espaces de vie, à toutes les échelles). Ainsi, l'étude "des modes d'habiter" doit faire entrer simplement les élèves, à partir de cas très concrets dans le raisonnement géographique par la découverte, l'analyse et la compréhension des relations dynamiques que les individus-habitants et les sociétés entretiennent à différentes échelles avec les territoires et les lieux qu'ils pratiquent, conçoivent, organisent, représentent.
2. Depuis 2010, le "concours Carto" amène les élèves de classe de quatrième à s'affronter autour de croquis de synthèse de territoires insérés dans la mondialisation. Cette compétition originale, organisée par l'association Cartographier au collège, regroupant des professeurs d'histoire-géographie de plusieurs académies, permet aux adolescents de réfléchir sur le monde qui les entoure tout en faisant leurs premières armes en géographie.
 

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