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éducation aux médias et à l'information

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qu'est ce que l'EMI ?

Éduquer aux médias et à l’information : des propositions

 
Fabrique du regard critique, l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) constitue, avec l’enseignement moral et civique, un des leviers majeurs du processus d’apprentissage de la citoyenneté. Elle a été inscrite dans la loi du 08 juillet 2013, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture ainsi que dans les programmes de façon à permettre « aux élèves d’apprendre à lire, à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie » (Parcours citoyen).
 

La maîtrise de l’information et des médias : une ambition nécessaire

Années 2000 : angoisse technique

Les technologies de l’information et de la communication menacent d’affaiblir la pensée : Pourquoi Internet rend-il bête ? titre en 2008 un journaliste et essayiste américain. Il serait de plus en plus difficile de se confronter à des textes difficiles et des idées complexes. Lorsque le flux d’informations issues du Web est donné de façon simultanée et non sériée, y a-t-il un temps et une motivation suffisante pour que le cerveau la traite de façon analytique et critique ? Les lecteurs de page Internet vont-ils systématiquement opérer un travail d’approfondissement, de contrôle, de vérification et de croisement des sources pour chercher confirmation de ce qui est lu ? Nos élèves pourront-ils encore être en mesure de traiter de l’information pour en tirer des connaissances ?

 
Du numérique émerge une nouvelle littératie, comprise comme une maîtrise de l’information et des médias, et impliquant la capacité à comprendre et à utiliser l’information issue de sources diverses dans des formats multiples : cette compétence, en évolution, est un enjeu essentiel du système éducatif. Michel Serres l’a noté dans le discours qu’il a prononcé, lors de la séance de l’Académie française du mardi 1er mars 2011, sur les nouveaux défis de l’éducation : « de même donc que la pédagogie fut inventée (paideia) par les Grecs, au moment de l’invention et de la propagation de l’écriture ; de même qu’elle se transforma quand émergea l’imprimerie, à la Renaissance ; de même, la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies ». La Déclaration de Moscou sur la maîtrise de l’information et des médias, signée par la France en juin 2012 dans le cadre de l’UNESCO, est la reconnaissance de ce défi : dans la société nouvelle de l’information, les élèves doivent savoir comment fonctionnent médias et numérique, et être capables non seulement de maîtriser, mais également de produire de l’information.

 
Années 2010 : paniques médiatiques

Les différents événements, tragiques, rappellent l’urgence de l’EMI comme fabrique de l’esprit critique. Le 17 mars 2015, la déclaration de Paris, à l’issue de la réunion des ministres européens de l’Éducation, affirme comme un objectif fondamental de « renforcer l’esprit critique et l’éducation aux médias, s’agissant en particulier de l’usage d’Internet et des réseaux sociaux, afin de développer une résistance à toutes les formes de discrimination et d’endoctrinement. » La prolifération des thèses complotistes et l’émergence de notions telles que « post-truth, alternative facts, fake news » en confirment la nécessité. Les élèves peuvent donner l’impression d’être réceptifs à toutes les thèses qui circulent, et les parents ignorent le plus souvent ce qu’ils consultent.
 

emi presse

Trois composantes pour une éducation

 

L’EMI dépasse alors (en l’incluant) l’éducation à l’accès à l’information, qu’il s’agisse de l’apprentissage des méthodes de recherche et autres outils de collecte ou de la réception de l’information d’actualité dans les médias de masse. Utiliser l’information de façon raisonnée et distanciée, l’information-connaissance, l’information médiatique et l’information en tant que donnée (les data) : l’EMI dans cette perspective couvre des champs étendus, de la pratique citoyenne des médias jusqu’à la compréhension des médias, réseaux et phénomènes informationnels, en passant par le développement d’une compétence de recherche, de sélection et d’interprétation de l’information.

 

Pour y arriver, la prise en compte des pratiques informationnelles de nos élèves est essentielle,
  • car ces pratiques sont diversifiées, et hétérogènes. Des usages divers et des représentations différentes émergent, qui exigent une logique de compensation, afin de ne pas reproduire et accentuer les inégalités entre ceux qui maîtrisent les codes et les autres. Comment discriminer le vrai du faux, séparer l’information de la rumeur ? Il s’agit là encore de ne laisser personne sur le bord du chemin.
  • car il y a une porosité entre les dispositifs, les usages et les supports, papier et numérique, scolaires et non scolaires, dans les différents lieux de vie et les nomadismes propres à notre société de l’information, à la croisée des mondes des médias, de la famille de la culture et de l’école ;
  • car ce sont par des pratiques décisives que l’on construit le citoyen. Contre la stigmatisation, la méfiance ou la crédulité globales, l’EMI est donc une ambition dans les programmes, un enjeu de société, un enjeu civique.
 

Un espace pédagogique dédié

 
Cet espace pédagogique se veut le reflet de cette ambition : former, par des expériences décisives, nos élèves à une culture informationnelle du doute. De quelle information avons-nous besoin ? Comment l’obtenir ? Quelle évaluation critique en faire ? Quel traitement éthique et responsable, quelles organisation et diffusion ? Où l’EMI peut être vue comme un apprentissage de la « pensée de derrière » de Pascal, une compréhension plurielle des médias et des phénomènes informationnels (oraux, imprimés et numériques), et le développement de compétences de recherche et de publication de l’information – essentielles car apprendre à devenir un citoyen ne se résume pas à l’apprentissage du vote. On trouvera donc ici ses trois identités complémentaires, comme autant de briques constitutives : l’éducation aux médias (EAM), le numérique et l’information-documentation.

 

Il s’agira de vous faire des propositions concrètes, simples et sérieuses, c’est-à-dire :
  • partager des scénarios pédagogiques et des méthodes, en partant de la richesse et de la créativité des pratiques enseignantes. Notre espace aura, pour ce faire, besoin de vous, de ce que vous savez et de ce que vous faites : entrer dans l’EMI, c’est devenir soi-même une source d’information et donc publier, mutualiser. Nous voudrions valoriser vos pratiques inspirantes.
  •  enrichir les pratiques par des ressources, des connaissances et des expériences qui favorisent (des enseignements au pilotage de l’EPLE) une culture commune de l’information, vue comme actualité, document et donnée. L’EMI concerne toutes les disciplines et tous les niveaux d’enseignement non seulement parce qu’elle est, transversale et explicite, dans les programmes, mais surtout parce que ses différentes dimensions questionnent chacun des champs disciplinaires, qu’il s’agisse de la fiabilité de l’information, de l’exploitation des données, ou des enjeux citoyens et démocratiques.
  •  interroger les cadres de pensée ou de fonctionnement, en intégrant la complexité de cette formation des élèves à l’usage des médias et de l’information.
 

    Frédéric FULGENCE
    Rectorat de Nantes
    Inspecteur d'académie - inspecteur pédagogique régional établissements et vie scolaire

 

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