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différenciation pédagogique et éducation musicale : Les apports du numérique

mis à jour le 19/05/2015


vignette différenciation

La différenciation pédagogique en éducation musicale nécessite une mise en place spécifique. Les usages numériques peuvent faciliter cette mise en oeuvre.

mots clés : différenciation, diversité, numérique


La nécessité de différencier
En éducation musicale comme dans les autres disciplines enseignées au collège, la question de la différenciation se fait de plus en plus pressante, pour des raisons que nous nous contenterons de résumer : une grande diversité des collégiens, des difficultés d’apprentissage qui ne se révèlent pas nécessairement au même moment, des représentations construites par les élèves et par l’enseignant qui entrainent certaines méprises …

Différencier les situations d’apprentissage permet à l’élève de relancer sa mobilisation, en s’inscrivant dans un projet, en validant ses compétences, et en s’intégrant dans un groupe à travers ses réalisations.

Cette démarche est importante en éducation musicale où l’expression personnelle prend toute sa place, mais elle est difficile à mettre en œuvre, par le nombre de jeunes concernés pour un faible volume horaire. (400 à 500 élèves en une semaine, 55 minutes par semaine pour un total de 100 à 120 heures dans une scolarité au collège) et par l’aspect sonore de la discipline.

Cet aspect sonore renforce la complexité de la gestion du rapport à l’erreur. A un âge où la recherche d’une certaine conformité avec le reste du groupe est importante, les réactions de repli, voire de rejet sont fréquentes. (Voir le document associé)

La difficulté de la conduite de la classe nous amène fréquemment à nous placer au centre du dispositif. Mais cela rend de manière paradoxale d’autant plus fragile l’édifice que nous voulons maintenir à bout de bras. Les quelques pistes proposées ci-dessous, expérimentées en classe pour la plupart, sont centrées sur l’idée de permettre à l’élève d’être auteur de ses apprentissages.  

Remarques préliminaires :
Ne pas confondre pédagogie différenciée  et pédagogie individualisée: pour les raisons évoquées plus haut, mettre en place cette dernière de manière systématique est impossible dans le cours d’éducation musicale. De plus, cela va à l’encontre de la nécessité de faire vivre le groupe classe, moteur important pour l’apprentissage.

Mettre des ressources à disposition des élèves en dehors des cours est un soutien important. Cependant, externaliser complétement la différenciation, (travail chez soi, au CDI, dans les dispositifs interdisciplinaires, …) présente des avantages de mise en œuvre, mais place ces propositions au rang du supplémentaire, voire du superflu, et surtout risque d’aggraver l’écart entre les élèves.

Par contre, au sein de la classe, une trop forte variabilité des propositions entre en tension avec la nécessité de construire des rituels, d’établir des repères pour l’élève, et de  stimuler l’expression du groupe. De plus, la prise de risque n’est pas a priori validée par les élèves, plus en recherche d’une certaine conformité avec le reste du groupe que par la valorisation des savoirs scolaires.

Pour l’évaluation qui peut devenir difficile à gérer, il n’est pas forcément nécessaire que l’enseignant contrôle toutes les étapes pour tous les  élèves. On peut très bien par exemple proposer des éléments d’évaluation relevés par l’enseignant, établis conjointement par l’élève ou un groupe d’élève et l’enseignant, ou notés par l’élève tout seul.
Exemple de séquence incluant l’autoévaluation
Autoévaluation au collège de Carquefou.

 

Usages numériques et différenciation pédagogique
La proposition numérique n’est évidemment pas la seule ressource, ni la technique obligatoirement associée à la différenciation, mais elle se révèle proposer une aide précieuse. On connait l’avantage des outils numériques. Seul ou par petits groupes, les élèves subissent moins la pression du groupe ou de l’enseignant. La neutralité de la machine facilite la remédiation, en intégrant l’erreur dans le processus d’apprentissage. La possibilité de se tromper, de refaire facilite l’entrainement, le tâtonnement, l’expérimentation et la création. Elle permet aussi de travailler à son rythme, de faire des recherches, de garder des traces du travail effectué et de le modifier rapidement, d’annoter le travail des autres, de communiquer, de valoriser ses productions.  

Il est cependant important de rappeler que l’appel à ces outils présente aussi des inconvénients et nécessite des conditions de mise en œuvre :

- l’éparpillement, le foisonnement : les propositions d’applications et de mise en œuvre sont multiples, parfois redondantes. Il est important de mettre en place progressivement les propositions, de bien choisir l’outil qui vous semble le plus approprié. Ce ne sera pas forcément le plus récent et le plus séduisant. Les musiquelab et l’acousmographe restent de très bons supports pour l’apprentissage. Veiller à ce que l’élève dispose d’éléments lui permettant de prendre conscience du sens de ce qu’il produit (cadre de la séquence, question transversale, …). L’un des rôles majeurs de l’enseignant est permettre de relier les divers éléments.

- l’isolement : le groupe, s’il  peut être parfois difficile à gérer, est important pour la dynamique d’apprentissage. Un trop long moment seul face à l’outil fait perdre ce rapport. Il est important d’intégrer dans la mise en œuvre  des alternances entre travail seul, en petits groupes et en classe entière. Les phases de verbalisation tout au long du travail sont fondamentales.

- la gestion matérielle : cet aspect n’est pas négligeable et tous les enseignants ont vécu à un moment donné des perturbations dans le déroulement d’une séance. Il est même conseillé d’avoir toujours une alternative au travail prévu. Si d’une manière générale, il est évident de ne proposer que des outils que l’on maitrise, il est nécessaire également de bien cadrer la mise en œuvre : modes d’emploi des outils et consignes sur des supports différents, règles de déplacement et d’organisation de l’espace clairement établies. Il est conseillé également d’organiser l’aide entre les élèves qui peut se révéler précieuse.
Usages du numérique : apports et pièges 

Enfin, même si la tablette est un outil intéressant, mobile, polyvalent, elle n’est pas la panacée, et surtout elle ne remplace pas l’ordinateur.  Elle est certes plus souple, plus intuitive, plus mobile, plus rapide,  mais elle a aussi ses défauts : fragilité, affichage et son plus limités, restriction de certaines applications, échanges des données plus complexes, propositions très limitées pour certains types de tablettes, ….

 

Différenciation successive
Prendre en compte la différence des élèves ne nécessite pas obligatoirement que tous accomplissent des tâches différentes au même moment. Nous avons précisé plus haut que cela pouvait même aller à l’encontre de la dynamique du groupe.

L’appel aux ressources numériques permet de varier les temps, les supports les centres d’intérêt, les actions, les gestes mentaux.

La première variation se produit dans le séquençage de l’apprentissage. Cela commence par l’éveil de l’intérêt à la question posée, au défi ou l’énigme initiale, et se termine par la présentation des productions ou les échanges autour des découvertes, en passant par les expérimentations et recherches diverses. Il est important que les rythmes et les supports soient adaptés à la situation proposée.
Différentes phases dans une séquence
Utilisation du numérique dans les étapes d’une séquence

Nous savons que la relation à l’apprentissage est différente selon les individus. Varier les supports est une première réponse à cet aspect. On peut parfois mieux percevoir le son en passant par l’image. Les outils numériques facilitent cette association par la visualisation des masses sonores, la possibilité de découper les extraits et de les manipuler soi-même ou tout simplement d’écouter à son rythme. On pense par exemple à sonoriser une image, mais proposer la démarche inverse, placer des images sur un son, peut permettre à certains élèves de mieux comprendre l’extrait étudié. (Movie Maker, imovie, musiquemaker, … ) Image et son    Analyses proposées par éduthèque

Les ressources numériques permettent aussi de varier les situations : brainstorming,  carte mentale (Freemind, simplemind, … ) idéogramme, photolangage, ….
Outils pour l’écoute
Percevoir globalement une œuvre à l’aide des UST

La prise en compte de la diversité passe également par la variété des actes mentaux sollicités.
Musiquelab : quel type d’exercices ?

Pour une même activité, l’élève peut être amené à produire des réponses diverses, par des annotations diverses visibles ensuite directement par la classe (GoodReaderNotability, ExplainEverything), en entrant progressivement dans la difficulté, à des stades différents. Il peut travailler à son rythme en suivant un document. Autour de la grille harmonique     Lully : Les turqueries

StickAround permet de manipuler des étiquettes avec différents support (images, son, texte, ….) en les plaçant dans un ordre particulier ou sur une zone précise, en cherchant à les associer, à les regrouper à éliminer des intrus. Cela répond à la fois au travail à un rythme personnel, et à l’appel des supports divers.

La consultation et le partage des ressources, à condition que cela soit bien cadré au départ participe à la bonne compréhension du sens de la situation. L’élève cherche les informations qui lui semblent appropriées pour résoudre la situation. Il peut en garder des traces personnelles et les partager (réseau du lycée, e-lyco, evernote, … ). Tout cela doit être associé à une phase de présentation collective.

Les outils de communication sont fondamentaux. Ils valorisent le travail de chaque élève ou groupe d’élèves, favorisent la prise de conscience de leurs réussites. Cela peut se réaliser dans le groupe classe, dans des groupes interdisciplinaires, ou dans le cadre d’une correspondance. (e-lyco, book creator, book writer, … )
Le cahier de texte participe à la mise à disposition de ressources. Le cahier de texte numérique en éducation musicale

On peut signaler aussi dans le cadre de la diversification les rôles variés que chaque élève peut prendre plus spécifiquement au sein du fonctionnement de la classe : manipulation du matériel, enregistrement, vidéo, publication, mise en page, communication  externe, emploi de certains logiciels, communication avec la classe, lien avec CDI, etc. … Nous ne citerons ici que ceux concernant les usages numériques mais ils sont bien plus divers, et participent au bon déroulement du groupe en limitant les temps de rupture, et surtout engagent la responsabilité des élèves. . On peut établir une tableau des compétences, construire des fiches métiers pour ritualiser ce dispositif.  

Différenciation simultanée
Nous avons déjà traité plus haut de la possibilité donnée par les outils numériques d’entrer progressivement dans la difficulté, d’avancer à son rythme dans une tâche similaire. On peut aussi proposer simultanément des exercices différents avec un même objectif. Par exemple en travaillant sur un extrait, découper la phrase, ou mettre trop d’éléments et travailler par mute pour retrouver les bons, ou trouver la suite, puis comparer les résultats.
Autour de la grille harmonique

Plus complexe à mettre en œuvre, une vraie différenciation simultanée se centrera autour de deux pôles : la création et le travail de groupe.
Une première question importante à résoudre est l’organisation de l’espace. Il n’est pas figé et peut varier en fonction du type d’apprentissage
Usages du numérique : quels dispositifs ?
Proposition à l’Académie de Versailles

Les outils numériques nous proposent une nouvelle lutherie, avec des outils variés : séquenceurs ( Audacity, Musicmaker, Garageband, …) , montage vidéo (Movie Maker, imovie, musiquemaker, … ) , synthèse sonore ( Musyc, Gestrument, ….. ) . Par la possibilité de construire un morceau par étapes, de supprimer, déplacer ajouter des parties, d’associer des éléments librement en contrôlant le résultat, ils facilitent les démarches d’invention ou création et ont une place importante dans le projet artistique
Les signatures sonores , Les signatures sonores sur INAGRM
Paysages sonoresPaysages sonores sur INA GRM

Les travaux de groupe seront facilités par l’usage du numérique et spécifiquement ici par l’usage de la tablette qui devient le témoin de l’apprentissage, par l’enregistrement sonore ou vidéo des réalisations. On peut coupler un ordinateur fixe pour le soutien sonore et la tablette pour la captation.

Le type de groupe dépendra de ce que l’on veut valoriser. Le groupe de besoin permettra de produire des éléments plus ciblés en fonction des élèves, mais en éducation musicale, l’apprentissage par les pairs peut trouver toute sa place au sein d’un groupe hétérogène, avec des rôles bien définis.

Dans toutes ces propositions, il est bien entendu nécessaire d’opérer des choix car c’est le projet visé doit rester perceptible. Les alternances permettent les changements de rythme. Une signature sonore peut être enregistrée, puis affinée par le geste graphique, puis reprise dans une création de groupe. Comme cela a été précisé plus haut, la manipulation des outils ne saurait être suffisante. Les phases de verbalisation permettent de donner du sens à l’apprentissage, et à mobiliser l’élève qui doit apprendre aussi à proposer argumenter, négocier, s’affirmer, …

La mutualisation

Construire ces dispositifs présente de nombreux avantages, mais crée au début une complexité supplémentaire pour l’enseignant. La nécessité d’inclure les processus au sein d’une équipe  est fondamentale, autant lors des propositions interdisciplinaires que des évaluations transversales. La constitution des ressources collectives (site académiquesite national, edubase, éduthèque, ) mais aussi plus locale par la constitution de réseaux facilités par des espaces numériques communs (e-lyco,magistère,… ) permet de ne pas reconstruire les mêmes outils. Cependant, les enseignants ont également des approches variées. C’est dans cet esprit, en proposant un scénario modulable que les séquences sur l’évaluation ont été conçues.

Outils pour l’évaluation

 
auteur(s) :

Jean-Martial Fouilloux, IATICE

information(s) pédagogique(s)

niveau : Collèges tous niveaux

type pédagogique : démarche pédagogique, scénario, séquence

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe, salle multimedia

référence aux programmes :

ressource(s) principale(s)

ticce3 copie.jpg utilisation du numérique dans le cours d'éducation musicale 06/04/2007
ensembles des fiches concernant le numérique
numérique, ordinateur, cours, pédagogie, conception, outil Jean-Martial Fouilloux

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