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la vieille ville de Jérusalem, un patrimoine exceptionnel source de tensions

mis à jour le 11/12/2012


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Un exercice de la deuxième partie de la nouvelle épreuve du Bac ES/L, l'étude critique de documents en histoire.

mots clés : Baccalauréat, sujets ES/L, Jérusalem, patrimoine


Consigne

En confrontant les deux documents suivants, vous montrerez la valeur patrimoniale de la vieille ville de Jérusalem. Vous expliquerez l'intérêt de ces documents pour comprendre les enjeux liées à l'usage et à la préservation de ce patrimoine.
 
 
Document n° 1 - L'UNESCO demande de maintenir le gel de fouilles archéologiques à Jérusalem


Le directeur-général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a salué mercredi la décision du Conseil exécutif de l'Organisation de demander aux autorités israéliennes le maintien du gel des fouilles archéologiques sur le site de la rampe des Maghrébins dans la Vieille Ville de Jérusalem.

« Je suis très heureux de voir l'UNESCO continuer d'offrir sur ce sujet difficile une enceinte consensuelle, de discussion et de dialogue. Je suis également très satisfait de voir que l'ensemble des parties concernées savent se retrouver et s'entendre lorsqu'il s'agit de veiller aux intérêts de la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1981 et sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1982 », a déclaré M. Matsuura. (...)
Un des points litigieux concernait des travaux entrepris par les autorités israéliennes pour réparer une rampe appelée « Rampe des Maghrébins » et mener des fouilles archéologiques - travaux et fouilles contestés par les autorités supervisant les lieux saints musulmans à Jérusalem (Waqf) ainsi que des experts jordaniens. Dans sa décision, le Conseil exécutif de l'UNESCO « demande instamment aux autorités israéliennes d'empêcher toute action susceptible de porter préjudice à l'authenticité et à l'intégrité du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts ». Il leur demande aussi « de poursuivre la coopération engagée avec toutes les parties prenantes, en particulier avec les experts jordaniens et ceux du Waqf ». (...)

Koïchiro Matsuura a estimé que les États Membres de l'UNESCO devaient continuer de démontrer leur volonté commune de « préserver un patrimoine reconnu par la communauté internationale comme étant doté d'une « valeur universelle exceptionnelle ».


 
 Document 2 - Regain de tensions sur l'esplanade des Mosquées, Le Figaro.fr, le 13/12/2011


Le cocktail politique, religieux et archéologique de Jérusalem menace à nouveau d'exploser après la fermeture hier, par les autorités israéliennes, de la rampe de bois qui mène à la porte des Maghrébins, l'une des entrées de l'esplanade des Mosquées. La mesure a suscité un tollé chez les Palestiniens et dans le monde musulman. L'Autorité palestinienne a dénoncé une «escalade
israélienne» menaçant le processus de paix. Le Hamas a qualifié la fermeture de la rampe de « déclaration de guerre religieuse contre les lieux saints musulmans à Jérusalem», appelant à «une mobilisation arabe et islamique pour arrêter cette dangereuse initiative » et dénonçant « un plan d'agression israélien contre la mosquée al-Aqsa ».

Selon la municipalité de Jérusalem, la rampe a dû être fermée pour des raisons de sécurité. La passerelle couverte en bois avait été érigée après l'effondrement en 2004 de la montée qui menait à la porte des Maghrébins, située en hauteur, sur l'un des côtés du mur des Lamentations. Cette structure provisoire a été jugée dangereuse par un rapport d'expert, tant par son manque de solidité que par les risques d'incendie qu'elle présente.

Mais l'esplanade des Mosquées est l'un des lieux les plus sensibles qui soient. Sur ce vaste quadrilatère au coeur de la Vieille Ville de Jérusalem, ancien site supposé du Temple juif d'Hérode, se dressent la coupole dorée du dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, deux des principaux lieux saints de l'Islam. Depuis la guerre des Six-Jours et la prise de l'est de la ville par les Israéliens, l'esplanade est gérée par le Waqf, l'autorité religieuse musulmane, sous la souveraineté nominale de la Jordanie. La police israélienne n'y pénètre qu'en cas de troubles. Complication, le mur des Lamentations, vestige du Temple et lieu de prière juif, est l'un des contreforts de l'esplanade. La porte des Maghrébins est la seule par laquelle les non-musulmans, juifs et touristes, sont autorisés à des horaires précis à entrer sur l'esplanade. L'accès n'est donc plus possible depuis hier qu'aux seuls musulmans, qui utilisent les huit autres portes. Du moins quand les Israéliens ne limitent pas l'entrée aux femmes et aux personnes âgées pour des motifs sécuritaires. (...)

Adrien Jaulmes



plan de la vieille ville de Jérusalem

 

Attendus de correction

  • La vieille ville de Jérusalem est considérée comme lieu majeur du patrimoine religieux des trois monothéismes :
    les documents citent quelques-uns des monuments de Jérusalem.
    On attend des élèves qu'ils sachent les retrouver, voire les compléter ; en offrir une description et leur attribuer une origine (confessionnelle pour une grande partie des monuments) ; montrer les différentes valeurs attribuées à ce patrimoine (sacré, identitaire, d'usage... ; on valorisera les copies expliquant que la valeur architecturale - incontestable - du patrimoine n'est sans doute pas la plus importante pour les habitants de Jérusalem) ; préciser que ce patrimoine intéresse les croyants juifs, chrétiens, musulmans du monde entier. Il attire des foules de pèlerins (mention de touristes dans le doc 2), dimension traduite par l'inscription au Patrimoine de l'humanité en 1981.

  • La vieille ville de Jérusalem a connu des dominations différentes tout au long de son histoire, son patrimoine cristallise les tensions hier comme aujourd'hui.
    Les documents montrent les différents acteurs dans la gestion des lieux saints, notamment pour l'esplanade des Mosquées ou Mont du Temple (Autorités israéliennes d'un côté et Waqf / Jordanie de l'autre). Les rapports de force inégaux créent des tensions.
    On attend des explications historiques sur cette situation particulière. On peut valoriser l'élève qui montre que la valeur du patrimoine de chaque communauté se définit aussi par le déni de la légitimité à laquelle peut prétendre l'autre communauté sur les mêmes espaces ou lieux patrimoniaux (Esplanades des Mosquées / Mont du Temple).

  • Les tensions liées à l'usage de ce patrimoine font que sa conservation, sa protection sont rendues difficiles.
    Les documents montrent que si le patrimoine exceptionnel de la vieille ville de Jérusalem transcende les intérêts particuliers (inscription au patrimoine mondial), la situation qui est la sienne, par les valeurs attribuées à ce patrimoine, rend pratiquement impossible tous les travaux de consolidation, préservation, voire fouilles archéologiques d'intérêt historique. Ex : la rampe d'accès de la porte des Maghrébins.
    On attend des élèves qu'ils en rendent compte, qu'ils montrent que la valeur sacrée mélangée à la valeur identitaire de ce patrimoine est un danger pour ce dernier, d'où sa sanctuarisation par l'UNESCO. Dans le même temps, ce mélange fige tous les mouvements mettant paradoxalement le patrimoine en danger. L'inscription de la vieille ville sur la liste des sites en péril en atteste.
 
auteur(s) :

Marianne Bertrand, professeur HG, lycée André Malraux, Allones

éditeur(s) :

Claudie Ferchaud

information(s) pédagogique(s)

niveau : Terminale L, Terminale ES

type pédagogique : évaluation

public visé : enseignant

contexte d'usage :

référence aux programmes : Thème 1 - Le rapport des sociétés à leur passé

Question - Le patrimoine : lecture historique
Mise en œuvre - La vieille ville de Jérusalem

ressource(s) principale(s)

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