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réactiver la mémoire des élèves

mis à jour le 01/11/2013


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un exercice mené dans le cadre d'un projet sur les commémorations de la Grande Guerre qui avait pour objectif de réactiver la mémoire d'élèves de seconde.

mots clés : mémoire, récit, Grande guerre, Verdun


entrée de l'exposition " En guerres "

Présentation de la démarche


Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande guerre, la mairie de Bouaye, l'association Bouaye Histoire et la section boscéenne de l'Union nationale des combattants (UNC)  a sollicité l'équipe des professeurs d'histoire-géographie du lycée Alcide d'Orbigny pour faire travailler les élèves sur cet évènement.


Il a été décidé par l'équipe pédagogique de privilégier le niveau 2nde, ceci dans le cadre de l'ECJS. Pour amorcer le projet, les classes de seconde ont visité l'exposition « En guerres Nantes-Saint Nazaire » au Château des Ducs et ont passé une demi- journée aux archives départementales pour dépouiller les registres de conscrits de Bouaye.



Au sein de chaque classe, une première séance dans le courant du mois de septembre, avait pour objectif de faire le point sur les connaissances des élèves.


Rappel : les attendus du programme de troisième (BO spécial n° 6 du 28 août 2008)

La Première guerre mondiale : vers une guerre totale  (1914-1918)
Connaissances

La Première Guerre mondiale bouleverse les États et les sociétés :
- elle est caractérisée par une violence de masse,
- avec la révolution russe, elle engendre une vague de révolutions en Europe,
- elle se conclut par des traités qui dessinent une une nouvelle carte de l'Europe source de tensions.
Démarches

Après la présentation succincte des trois grandes phases de la guerre, on étudie deux exemples de la violence de masse :
- La guerre des tranchées (Verdun),
- le génocide des Arméniens.
L'étude s'appuie sur la présentation de personnages et
d'événements significatifs.
Capacités
Connaître et utiliser les repères suivants
- La Première Guerre mondiale : 1914 -1918, la bataille de Verdun : 1916 ; l'armistice : 11 novembre 1918 ; Clémenceau
- La révolution russe : 1917 ; Lénine
- La carte de l'Europe au lendemain des traités

Décrire et expliquer la guerre des tranchées et le génocide des Arméniens comme des manifestations de la violence de masse


Réactiver la mémoire des élèves: les modalités

En donnant une consigne simple, inspirée du titre du livre de George Pérec « Je me souviens », les élèves devaient par groupe de deux ou trois rédiger un texte sur la première guerre mondiale dans un temps limité (une demi-heure). Cet exercice s'est déroulé avant la visite de l'exposition « En guerres »

Qu'écrivent les élèves ?

À partir des treize textes produits (certains très élaborés, d'autres très succincts) par une classe de trente-et-un élèves, on peut constater que le déroulement du conflit est connu dans ses grandes lignes.
 
  • L'attentat de Sarajevo est évoqué par cinq groupes dont deux qui le datent correctement. Le jeu des alliances est également connu par huit groupes.

  • La guerre de mouvement est citée huit fois, la guerre de position neuf fois. Un groupe a précisément daté les grandes phases de la guerre, un autre se souvenait de l'alternance guerre de mouvement/guerre de position et de la reprise de la guerre de mouvement sans préciser les dates.

  • La bataille de Verdun est évoquée dix fois mais si l'évènement est connu, il n'est daté qu'une seule fois correctement dans sa durée ; six groupes l'ont placé en 1916, deux groupes se sont trompés dans l'attribution de l'année et deux autres se sont contentés de citer l'évènement sans donner la date. Deux groupes ont attribué la victoire au « maréchal » Pétain, un autre groupe, en se trompant de date, a associé le général Pétain à la bataille de Verdun. Un autre groupe, s'il n'avait pas l'année en tête, avait retenu qu'une majorité de soldats français était passé par ce champ de bataille.

  • Le génocide arménien n'est retenu que par deux groupes, alors que les révolutions russes apparaissent quatre fois.

  • Sept groupes parlent de l'armistice du 11 novembre, parmi eux, trois groupes sont capables d'indiquer le lieu de la signature. Le traité de Versailles apparaît dans quatre textes, trois parlent de diktat et des conditions humiliantes infligées à l'Allemagne.
  • Si la mémoire opère bien pour les grands évènements, elle semble plus difficile à réactiver en ce qui concerne les autres aspects du conflit.

  • On peut être surpris par le fait que certains élèves peuvent parler de la bataille de la Marne soit en citant l'évènement soit en faisant une brève allusion aux taxis parisiens, le groupe le plus précis sur le sujet avait retenu que cet évènement avait « sauvé Paris », mais l'année 1914 n'y était pas associée. De la même façon, trois groupes indiquent qu'à l'issue de la guerre, la France récupère l'Alsace-Lorraine. Le général Foch apparaît seulement dans le texte le plus complet.

  • Les munitionnettes ou la place des femmes à l'arrière sont bien intégrées (six évocations), les élèves parlent à cinq reprises des armes nouvelles et notamment de l'utilisation des gaz.

  • Le terme de brutalisation est employé une fois, la violence de masse apparaît dans quatre textes, l'expression est le plus souvent associée à la bataille de Verdun. Deux groupes ont parlé de guerre totale, la censure et la propagande ont été  citées deux fois. La description des conditions de vie au front est parfois évoquée, en revanche le terme Poilu n'apparaît qu'une fois.

  • Trois textes sont très imprécis et n'associent pas de dates aux évènements comme l'attentat de Sarajevo, le génocide des Arméniens ou la bataille de Verdun. En revanche, l'un de ces groupes a été capable de mentionner la création de la SDN à la fin de la guerre.
 

Qu'en retire le professeur ?


L'échantillon retenu ici (une classe) n'est sans doute pas significatif  mais l'exercice a été riche d'enseignements :
  • ne pas hésiter à solliciter la mémoire des élèves en début de séquence. Même si l'on entend « mais c'est loin, ça », il suffit qu'un élève se lance à l'oral et les souvenirs affluent. Cette mémoire réactivée peut constituer l'accroche de la séquence lorsque le thème a été étudié au collège.

  • réactiver la mémoire en passant par l'écrit : dans l'expérience décrite, le temps consacré à cela était relativement long, mais on peut faire écrire collectivement les élèves au tableau sous forme de carte mentale pour réactiver la mémoire en début de séance, ce qui permet aussi de renforcer la mémorisation.

Arrivant de classes de troisième de différents collèges, les élèves de seconde ont les connaissances nécessaires  pour entamer un travail d'enquête sur un aspect particulier de la Grande guerre : la vie d'une commune pendant cette période.
 
auteur(s) :

L'équipe des professeurs d'Histoire-Géographie du lycée Alcide d'Orbigny (Bouaye)

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