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histoire de Vichy et de la résistance - Mise au point scientifique

mis à jour le 11/03/2019


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une séquence de troisième en histoire sur le chapitre « La France, défaite et occupée. Régime de Vichy, collaboration, Résistance ».  La défaite de juin 1940 permet au régime de Vichy de renverser la République et de s’engager dans la collaboration avec l’Allemagne. En France et outre-mer, depuis l’appel du 18  juin 1940 du général de Gaulle, la Résistance s’organise pour défendre les valeurs de la République. 

mots clés : régime de Vichy, politique de collaboration, occupation, résistance, réseaux de résistance, deuxième guerre mondiale, France


Mise au point scientifique

Aujourd’hui encore, l’histoire du régime de Vichy et de la Résistance suscite des débats douloureux dans la société française. Histoire, mémoire collective et mémoire individuelle entrent parfois en conflit. L’analyse de l’historiographie fait état de ces controverses.

Dans les années d’après-guerre, la Résistance a encore du mal à se faire entendre au nom de la « réconciliation nationale » voulue par De Gaulle. D’après l’historien H. Rousso, le mythe résistancialiste gaullien s’installe tardivement. Il est entretenu pour présenter les Français comme très majoritairement hostiles à Vichy et unanimement opposés à l’occupant domine. Ce sont ces quelques années où la France résistante célèbre ses « héros », de Jean Moulin panthéonisé en 1964 à « l’armée des ombres » de Jean-Pierre Melville en 1969. Pour les gaullistes comme pour les communistes, le résistant s’incarne dans le portrait idyllique d’un civil devenu soldat par défaut : un homme plutôt jeune, courageux ou encore soucieux de son devoir.

Les années 1970 marquent un tournant, le « mythe résistancialiste » est révisé. Le cinéma (Marcel Orphuls, Le chagrin et la pitié, sortie française en 1971) et l’historien américain Robert Paxton (La France de Vichy, 1972) mettent l’accent sur la collaboration d’Etat du régime de Vichy y compris sa participation au génocide des Juifs et des Tziganes.

Dans les années 1980 et 1990, Les procès d’anciens collaborateurs montrent l’image d’une France divisée en trois ensembles : un nombre égal de résistants héroïques et d’ardents collaborateurs de part et d’autre d’une majorité attentiste. Un basculement s’opère dans l’opinion publique : le résistant « héros » laisse sa place à la « victime » des camps : le déporté Juif étant davantage mis en avant au cours de cette période. 

   

Bibliographie - Sitographie

Plus récemment, cette vision dichotomique et réductrice est nuancée.

Ainsi, au-delà de la reprise du titre du cinéaste Marcel Orphuls, Pierre Laborie (Le chagrin et le venin, 2011) s’attache à montrer ce contexte de 1940 avec le choc de la défaite et de l’Occupation ou encore le non-consentement d’une majorité de la population à une politique de collaboration que Pétain sait de plus en plus critiquée par l’opinion française lorsqu’il évoque ce « vent mauvais ». Il évoque la « culture du double » faite de pensée double et de vivre double ; c’est-à-dire une dissociation entre sphère publique et sphère privée.

De même, chez Philippe Burrin (La France à l’heure allemande, 1997), on retrouvait déjà cette volonté d’insister sur la complexité des comportements face à la collaboration. Il distingue trois types de comportement : l’accommodement, l’adaptation plus ou moins forcée à des choix opportunistes et la volonté politique de collaborer (connivence).

Au-delà de ces interprétations, les historiens s’accordent aujourd’hui pour montrer non seulement l’importance des stratégies individuelles mais aussi l’évolution des comportements, parfois chez un même individu, de 1940 à 1944 ; ils observent des ruptures en 1941 (avec les premières pénuries, mesures de rationnement…), en 1942 (rafles, mise en place de la relève…), en 1942-1943 (réquisitions systématiques de travailleurs avec le STO, invasion de la zone libre) qui peuvent ainsi conduire un individu, attentiste jusque-là, à avoir des sympathies vers la Résistance.

Au portrait unanimiste des lendemains de guerre, les historiens comme Olivier Wieviorka opposent aujourd’hui une vision plus complexe de la Résistance en montrant la diversité sociologique des résistants (femmes, hommes, personnes âgées, jeunes, religion, classes sociales, cultures politiques – non plus seulement des gaullistes et communistes) ou encore la diversité des formes d’engagement dans la Résistance (réseaux – non plus seulement les réseaux unifiés au CNR mais également les réseaux anglais comme le réseau Buckmaster en Sarthe, mouvements, actes isolés – non plus seulement des réseaux armés ou organisations paramilitaires). Nous sommes ainsi passés de l’histoire de la Résistance à l’histoire des Résistances. La Résistance devenant également un projet politique à partir de 1942-1943 : restaurer la démocratie et la République.

 

1- Ouvrages généraux

- Beaupré Nicolas (sous la direction de Joël Cornette), Les grandes guerres 1914-1945, Belin, 2014.
- Wieviorka Olivier, Histoire de la Résistance 1940-1945, Perrin, 2013.

 2- Ouvrage didactique

- Douzou L. et Lecoq T. (sous la direction), Enseigner la Résistance, Editions Réseau Canopé, 2016.

3- Revues spécialisées

- Aglan Alya, La France défaite 1940-1945, La Documentation photographique, novembre / décembre 2017.

4- Sites Internet

- http://www.fondationresistance.org
- http://www.lescheminsdelamemoire.net

 
auteur(s) :

équipe Gard

éditeur(s) :

fabienne joly, membre de l'espace pédagogique

information(s) pédagogique(s)

niveau : tous niveaux, 3ème, Lycée tous niveaux

type pédagogique : connaissances, compétences, démarche pédagogique, scénario, séquence

public visé : non précisé, enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

Thème 1 - L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) »
Chapitre 4 - « La France, défaite et occupée. Régime de Vichy, collaboration, Résistance » 

ressource(s) principale(s)

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