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la construction de la République au XIXe

mis à jour le 30/04/2010


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Séance de travaux dirigés pour l'étude du thème "La construction de la République" en 1ère STG

mots clés : République parlementaire, nation, radicalisme, socialisme, nationalisme


Cette séquence est présentée en première place dans les programmes, mais il a été décidé de l'aborder après avoir étudié le cadre économique et social de l'âge industriel.

La mise en place de la démocratie est un long cheminement, tout au long du XIX e, les Républicains affirment leurs positions et finissent par triompher. L'œuvre de la République et ses principes se sont diffusés au moyen de l'école. Malgré les crises, les périodes où la République est remise en cause, le régime républicain fondé sur les valeurs des droits de l'Homme rassemble les Français.

Problématique


Quelles sont les moments fondateurs et les valeurs essentielles de la République en France ?
 

les symboles de la nation à partir de deux images


Après avoir défini la nation, l'étude a porté sur les symboles de la République.

Le site de « L'histoire par l'image » offre de nombreux documents iconographiques qui permettent de compléter ceux des manuels. La gravure choisie pour la séance célèbre le premier 14 juillet à Paris

L'utilisation du TNI a permis de focaliser le regard des élèves sur les différents symboles républicains.

Ces derniers ont été bien identifiés, les élèves les ont étudiés au collège et s'en souviennent bien : Marianne, drapeau tricolore, légion d'honneur et la Bastille. En revanche le navire à gauche et la mention « Retour des absents » a nécessité une explication. Cette allusion à l'amnistie des Communards a été rapidement évoquée.

La gravure parisienne a permis de complexifier l'analyse (14 juillet 1790 au lieu de 14 juillet 1789, mais cela est difficile à faire passer, même si la Fête de la Fédération a été évoquée en 2nde, elle a laissé peu de traces dans la mémoire des élèves), de préciser les décisions qui mettent en place ces symboles et les fêtes républicaines.

L'analyse a été complétée par celle du tableau d'Alfred Roll "le 14 juillet 1880"  reproduit dans le manuel (Nathan technique) qui montre l'aspect fête populaire. Le parallèle avec la gravure a permis de retrouver les symboles identifiés précédemment (une esquisse est visible sur le site « L'histoire par l'image »)

la notion de République parlementaire


Pour cet aspect de la séquence, une suggestion faite lors du stage de mise en place des  programmes de STG a servi de point de départ. Elle a été reprise et adaptée. Les élèves travaillaient en binôme et la correction a été réalisée au TNI.

Les partis politiques dans la République

Les partis politiques se structurent à partir du début du XX ème siècle, une fois le régime républicain bien ancré.

Consigne :
À partir des quatre textes ci-dessous, compléter le tableau pour dégager les principales caractéristiques des familles politiques ou des partis politiques
(le manuel constituait l'apport nécessaire pour le vocabulaire et les notions abordées par les textes)


 Courants politiques Socialistes Radicaux Libéraux Nationalistes
 Nom du parti et date de création Avril 1905 Juin 1901 Pas de parti constitué   
 
 Nom des chefs de file des partis    
 Position dans le domaine économique et social    
 Position dans le domaine politique    
 

Le corpus documentaire


carte postale de la Belle époque montrant la salle du Congrès à Versailles

La carte postale ci-dessus (intégrée au corpus sur la Belle époque) a été projetée au  pour rappeler le cadre des institutions républicaines et leur fonctionnement. Elle complétait l'étude de l'organigramme.
 

L'opportunisme selon Gambetta (courant libéral, républicains modérés)

« Il faut se garder de vouloir tout tenter à la fois. [La France] ne demande pas que toutes ces questions posées soient résolues: elle demande qu'on prenne une question, qu'on s'y attelle, qu'on l'étudie, qu'on la formule en pro- jet de loi et qu'on la résolve enfin dans la législation. Quand une question sera résolue, la suivante se posera et, par les mêmes procédés d'examen, de volonté, de ténacité, on résoudra la seconde; puis on passera à la troisième. Le succès du régime républicain, ce qui a amené l'adhésion, tous les jours grandissante, de ces masses rurales, de ces petits propriétaires, de ces bourgeois, de ces ouvriers sans lesquels vous ne pouvez ni vivre, ni gouverner ( ... ), c'est que, depuis dix ans, l'ordre a régné non seulement dans la rue, mais dans les esprits. »

Léon Gambetta, discours au Neubourg (Eure), le 4 septembre 1881.


Le socialisme et la République

« Le mouvement socialiste est sorti tout à la fois de la République, que vous avez fondée, et du régime économique qui se développe dans ce pays depuis un demi-siècle. Vous avez fait la République, et c'est votre honneur; vous l'avez faite inattaquable, indestructible, mais par là vous avez institué entre l'ordre politique et l'ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction. Dans l'ordre politique la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé; dans l'ordre économique la nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies. ( ... ) Oui, par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois ( ... ); mais au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique, il est dans l'ordre économique réduit à une sorte de servage. Oui, au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier ( ... ). Et c'est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c'est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, ( ... ) c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. »

Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, 21 novembre 1893.

Le radicalisme de Clemenceau


« Les républicains conservateurs demandent à la République son minimum ; nous, son maximum. Nous, les républicains radicaux, nous voulons la République pour ses conséquences ; les grandes et fécondes réformes sociales qu'elle entraîne ( ... ). Le but que nous proposons, c'est l'accomplissement de la grande révolution de 1789, inaugurée par la bourgeoisie française et abandonnée par elle avant son achèvement ( ... ). Quelle plus sage mesure d'ordre et de justice que la réforme de l'impôt, qu'une équitable répartition de ses charges? (...) Quelle plus grande mesure d'ordre, de justice et de liberté que la séparation des Eglises et de l'Etat ? ( ... ) ? Comment mieux rapprocher les classes sociales que par l'instruction générale qui réunira les hommes de notre race dans un commun sentiment de patriotique solidarité ? Quels conflits pourront surgir quand le prêtre restera dans l'Église, le magistrat dans le prétoire, l'instituteur dans l'école? »

Georges Clemenceau, Programme pour les élections de 1876.



Un programme de combat contre la République


« Français de naissance et de cœur, de raison et de volonté, je remplirai tous les devoirs d'un patriote conscient. Je m'engage à combattre tout régime républicain. La République en France est le règne de l'étranger. L'esprit républicain désorganise la défense nationale et favorise des influences religieuses directement hostiles au catholicisme traditionnel. Il faut rendre à la France un régime qui soit français.
Notre unique avenir est la Monarchie telle que la personnifie Mgr le duc d'Orléans, l'héritier des quarante rois qui, en mille ans, firent la France. Seule, la Monarchie assure le salut public, répondant de l'ordre, prévient les maux publics que l'antisémitisme et le nationalisme dénoncent. Organe nécessaire de tout intérêt national, la Monarchie relève l'autorité, les libertés, la prospérité et l'honneur. Je m'associe à l'œuvre de la restauration monarchique. Je m'engage à la servir par tous les moyens. »

Déclaration signée par les adhérents à la Ligue d'Action française, fondée en 1899.

 

Le bilan


Les élèves n'ont pas été rebutés par les textes, même si celui de Jaurès a été le plus difficile à comprendre (le thème sur la diffusion du modèle industriel avait pourtant été étudié auparavant), ils n'ont pas saisi la nuance entre salariés et citoyens. Une fois cela établi, compléter le tableau n'a pas posé de difficultés.

Naturellement, certains élèves ont voulu établir le lien entre la situation sous la IIIe République et celle d'aujourd'hui pour identifier les héritages. Un prolongement (bien qu'en-dehors du programme) a été fait pour relier ce qui avait été étudié en cours aux familles politiques actuelles.
 
auteur(s) :

Claudie Ferchaud

information(s) pédagogique(s)

niveau : 1ère STG

type pédagogique : démarche pédagogique

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes : I - La France en République République (8 - 10 heures)
(A) Moments et actes fondateurs (1880 -1946)

La République, forme française de la démocratie libérale, est le produit d'une construction. Elle est fondée sur trois piliers, ce que l'on montre en s'arrêtant sur quelques moments décisifs :
- les années 1880-1914 font triompher une conscience nationale unitaire qui passe par l'acquisition de références collectives (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, symboles, mémoire). Elles élargissent les modes d'accès à la nationalité (1889, droit du sol). La colonisation est alors justifiée au nom d'une mission civilisatrice
- la construction de la démocratie est réalisée par des lois qui établissent les grandes libertés et favorisent la fondation de partis, de syndicats, d'associations (1880-1914)

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