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14-18, retrouver la guerre

mis à jour le 21/03/2007


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Stéphane Audoin-Rouzeau - Annette Becker - Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2000, 19 € - 270 pages. Disponible en poche, Folio histoire

mots clés : Grande Guerre, 1914-1918, Mémoire, historiographie


Les deux auteurs, spécialistes de la 1ère guerre mondiale et directeurs du centre de recherche de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, "retrouvent" la guerre de 1914-1918. Comment ?

D'abord, en mettant en valeur le renouveau historiographique mais aussi public de la 1ère Guerre mondiale. Ils montrent combien les commémorations de 1998 furent ambiguës : les soldats transformés en victimes de la politique suicidaire des Etats européens, les mutins de 1917 en héros, soulevés contre la barbarie du conflit et contre des généraux inconscients.

Mais quid de la violence de la Guerre ?

Pour les auteurs (qui se qualifient comme "les enfants de la déprise occidentale de la guerre" (p.19), il faut étudier ce conflit sans négliger les thèmes suivants : la violence, la croisade et le deuil.

La violence

"Toute guerre est violente. La 1ère Guerre mondiale particulièrement. Or, nier cette violence c'est mal étudier, du point de vue historique la 1ère Guerre mondiale". C'est ce que nous rappelle fort bien les auteurs tant pour les violences des tranchées (assez bien connues mais dont le rappel est fort bien synthétisé) que pour les violences que les civils ont pu subir : viols, violences, extorsion ... dans les territoires soumis aux combats ou occupés par les armées ennemies.

Toutefois, les auteurs relèvent l'hypermnésie concernant les combattants dans l'approche et l'appréhension du conflit mondial mais l'amnésie concernant les horreurs subies par les civils (déportation, camps de concentration ...).

La croisade

Dans ce second chapitre, les auteurs mettent en valeur l'aspect "civilisationnel" de cette Guerre. Pour chaque camp, faire la guerre, c'est combattre la barbarie, l'inhumain, la négation même de la civilisation. Combattre la "boche", ce n'est pas seulement s'opposer à l'armée d'un pays ennemi, mais aussi se battre au nom de la civilisation.

(p.182) "Le paradoxe central du conflit est que, dès ses débuts, et probablement plus encore aux moments de fléchissement, voire de découragement, qui apparaissent partout en 1916 (...), chacun à l'impression de faire cette guerre pour qu'un monde nouveau et radieux en procède, un monde purifié car libéré de sa tare centrale : la guerre." (la guerre étant personnifiée par l'ennemi.)

Le deuil

Avec ce dernier chapitre, les auteurs entrent dans l'intime, parfois l'indicible par le manque de sources et d'étude : le deuil consécutif à cette guerre. L'étude des monuments aux morts et des cérémonies du souvenir (dont celle du soldat inconnu) nous rappelle le bilan humain du conflit et les difficultés pour une société de panser les plaies. Le recours à l'étude du deuil dans les cercles amicaux et familiaux des soldats renforce cette douleur. "On ne s'étonnera pas, dès lors, que les deuils de guerre de 1914-1918 aient été si longs. Ceux que l'on peut saisir à travers la reconstitution minutieuse du cheminement de la douleur montrent qu'il a fallu souvent près de dix ans aux plus favorisés des endeuillés de la guerre pour arriver au bout de ce "travail de deuil" qui permet de se séparer enfin de celui - ou de ceux - que l'on a perdu" (p 258).

Pour conclure, les historiens nous rappellent combien le traité de Versailles - qui exclut d'ailleurs d'une certaine manière les soldats et civils des discussions - porte en lui le germe du second conflit mondial : "Le traité de 1919 visait à délégitimer l'ennemi, seul responsable de cette guerre-là, à délégitimer la guerre qu'avait menée l'ennemi. Mais le résultat fut la re-légitimation de la guerre aux yeux d'un ennemi se sentant pleinement justifié de renouer avec elle. Et c'est ce bellicisme qui l'a finalement emporté, dans une guerre où violence et cruauté - contre les civils en particulier - atteindrait les sommets que l'on sait." (p.268)

Page mise en ligne en avril 2001

 
auteur(s) :

Jean-François Loistron

information(s) pédagogique(s)

niveau : 3ème, 1ère, Terminale

type pédagogique :

public visé : enseignant

contexte d'usage : non précisé

référence aux programmes : 3ème - 1ère - Terminale

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