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la fonderie de Port Brillet

mis à jour le 10/04/2019


vignette

Port Brillet : un exemple de village-usine ?

mots clés : espaces productifs, mondialisation, industrie


La fonderie Pebeco à Port-Brillet (Mayenne) a fermé ses portes depuis le 12 octobre 2011.

Ouverte au début du XVIIe siècle, la fonderie qui fabriquait des inserts de cheminée , des éléments de mobilier urbain et de décoration était la plus ancienne entreprise du département !

 

Quelle démarche en classe ?
1er temps : lecture des documents

Utilisation de qgis-edugeo en salle informatique : les élèves consultent la base de données (carte IGN et photos anciennes) ils disposent ainsi des fonctions de superposition d'images et peuvent, par des zooms, détailler les différents éléments .

2e temps : production d'un croquis simple
Les élèves disposent d'une copie d'écran de la carte IGN qu'ils insèrent dans OpenOffice Impress pour produire leur croquis à partir des outils de dessin.
Leur production est enregistrée au format pdf pour évaluation.


Pourquoi des forges à Port Brillet ?

La disponibilité en ressources naturelles est une première réponse : les premières activités métallurgiques sont anciennes Des écrits mentionnent la présence de la forge dès 1452 !

Trois facteurs expliquent ce choix d'implantation : la géologie ( minerai de fer), la forêt et l'eau.



carte de cassini

Carte de Cassini Copyright IGN
 
carte d'état major
Carte d'état major Copyright IGN

La forge de Port Brillet produit alors des canons, des boulets et du fer en barre dont on tire clous et serrures.

La ligne de chemin de fer Paris Brest dessert Port Brillet dès 1853 : une virgule ferroviaire dessert l'usine qui dispose ainsi d'un moyen moderne pour diffuser ses productions.

Conséquence de cette activité : en 1874 on constitue une nouvelle commune, Port-Brillet à partir des terres des communes voisines. L'activité industrielle a conduit à la reconnaissance politique du territoire.

Armand Chappée achète la forge en 1882 : la production est alors de 100 tonnes par jour. En 1895, il crée avec son fils la société Chappée et Fils : l'entreprise se spécialise alors dans le matériel de chauffage et cuisson et fabrique en série de nouveaux produits, cuisinières, poêles, fourneaux, fonte culinaire, mobilier urbain (la fontaine Wallace simplifiée). Elle construit des radiateurs en fonte, puis des chaudières dont les premiers modèles sont présentés à l'Exposition universelle de 1900.

La période de prospérité de l'entreprise est liée à la 1e guerre mondiale : c'est le temps de l'expansion de la ville dans une logique paternaliste qui permet à la famille Chappée de multiplier les équipements (salle de cinéma, bains douches, salle des fêtes). Cf Fontaine Daniel ou le familistère Godin à Guise.

On peut retrouver des photographies aériennes anciennes sur le site de l'IGN qui permettent de retrouver les grandes phases de l'histoire de l'entreprise et de la commune depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 
Evolution du site industriel : observation à grande échelle.


Photo 1949
Photographie aérienne Campagne 1949 Copyright IGN

On repère l'étang artificiel, l'emprise de la fonderie au sud, la ligne de chemin de fer et le réseau viaire, le bourg.

 
Photo 1958

Photographie aérienne 1958 Copyright IGN

L'emprise industrielle est à peu près la même, le bourg s'est agrandi.

 
Photo 1969

Photographie aérienne 1969 Copyright IGN

La fonderie s'est doté d'un nouveau batiment ce qui témoigne d'une activité économique florissante ; le bourg gagne de nouveaux habitants et développe ses lotissements pavillonnaires.

 

photo 2001

Photographie aérienne 2001 Copyright IGN

On observe une forte consommation d'espaces par les nouveaux lotissements : de nouveaux équipements sont également visibles : déchetterie, stade de foot...

 

Le site de production

L'usine est un ensemble de bâtiments complexes : on peut observer sur le bâtiment central une forme rectangulaire et un toit à sheds...On notera que cette forme de toiture est devenue la signature symbolique de l'usine reprise par de nombreux pictogrammes encore utilisés en cartographie.
Le toit à sheds consiste à découper un toit en deux pans : un court et incliné est vitré et orienté vers le nord, l'autre est plus long, moins incliné et orienté vers le sud. L'intérêt est d'offrir un éclairage zénital indirect pour des bâtiments le plus souvent sans fenêtre.

Le paysage industriel

Les logements ouvriers sont visibles : des alignements de petite maison avec jardin et toilettes, avec en bout d'alignement la maison du chef de fonderie plus grande et qui tourne le dos aux maisons des ouvriers.

maisons ouvrières

La construction de logements ouvriers était autrefois une nécessité : la forge s'est implantée à l'écart des villes, l'absence de moyens de transport oblige donc à construire des logements près de l'usine. Pour le patron, la fourniture d'un logement est un moyen de s'assurer une main d'œuvre captive qui hésitera à quitter l'usine et son logement à loyer modéré tout autant qu'une astuce pour modérer les salaires.

Port Brillet est un parfait exemple de l'organisation d'une petite ville autour de son usine et forme un geosystème spécifique.

 

Le tournant des années soixante

La photographie de 1969 montre une usine agrandie : c'est le temps des Trente Glorieuses.
Les ouvriers disposent désormais de voitures : on assiste à l'expansion urbaine par la construction de lotissements pavillonnaires à Port Brillet comme dans les communes proches.

Les difficultés économiques commencent dans les années 80 : inflation du prix des matières premières, concurrence : l'outil de production n'est plus modernisé.
L'usine change de propriétaires à de multiples reprises : un regroupement des fonderies de l'ouest est organisé pour mieux faire face à la mondialisation de la production. Finalement les derniers propriétaires luxembourgeois décident de fermer l'usine désormais obsolète et non rentable.

Conclusion

Si à l'échelle nationale la Mayenne n'apparait pas comme un grand foyer industriel, on observe cependant à grande échelle les traces d'une activité industrielle ancienne, née des ressources locales.
La fonderie de Port Brillet a connu des périodes prospérité mais aussi des périodes difficiles : la concurrence britannique à la fin du XIXe siècle, la concurrence chinoise aujourd'hui.
Longtemps dépendante de commandes de l'état (armement) puis des collectivités locales (mobilier urbain) cette entreprise n'a pas su s'adapter à la nouvelle donne économique marquée par la mondialisation des échanges.
Une époque est révolue, il reste tout un patrimoine

 

Quelques ressources disponibles sur internet :

Le journal Ouest-France propose une rapide chronologie

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/fonderie-port-brillet-traverse-siecles-12-10-2011-13632?page=8

France Télévision propose un reportage sur les raisons de la fermeture :
http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=000325943_CAPP_FermeturedelafonderiedePortBrilletenmayenn_131020111837_F3

Un site internet permet de retrouver en images les principaux éléments du patrimoine de la commune.
http://www.laval53000.fr/dans-le-departement/port-brillet/

L'Oribus vient de rééditer un ancien numéro consacré à la fonderie

http://www.oribus.fr/hors-serie-livres/1882-2002-fondeurs-a-port-brillet.html

 
auteur(s) :

Pouzin, professeur au lycée Vadepied, Evron

information(s) pédagogique(s)

niveau : 1ère

type pédagogique : préparation pédagogique

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

Classes de première

La France : les systèmes productifs entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale.

fichier joint

information(s) technique(s) : Comment faire un croquis?
Fichier PDF

taille : 964 KO ;

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