LA PHYLOGENIE DES PRIMATES EST SOUVENT TEINTÉE D'ANTHROPOCENTRISME
La plupart des condensés de phylogénies publiés
dans les revues de vulgarisation scientifique et les manuels scolaires ne montrent
que les innovations qui caractérisent le "rameau humain" (sic).
L'idée est que l'Homme représente plus qu'un Primate parmi les
autres. S'il faut reconnaître qu'il est le seul à avoir les moyens
de tenter une phylogénie de l'ensemble des êtres vivants, cela
n'enlève rien aux autres espèces en ce qui concerne les différentes
adaptations à des milieux et des régimes alimentaires différents.
Nous nous sommes donc attaché à montrer que chacun des rameaux
présente des innovations qui peuvent nous sembler mineures mais qui interdisent
de considérer qu'il existe une orthogenèse chez les Primates.
Par exemple, nous sommes à l'évidence des Catarrhiniens mais nos
ancêtres n'avaient pas des molaires avec deux crêtes et un sillon.
Nous ne pouvons donc descendre des Cercopithécidés.
Cette idée d'orthogenèse empoisonne facilement le débat
lorsque l'on parle de l'origine de l'Homme car il est assez difficile d'admettre
que notre présence sur Terre n'est qu'une présence parmi d'autres
et que nos caractéristiques doivent beaucoup, sinon tout, aux hasards
des mutations, de la génétique des populations, et de la sélection
naturelle. Cette perpective trouvera évidement son prolongement en cours
de philosophie avec des méthodes tout à fait différentes
mais il important que la biologie et la paléontologie apportent des éléments
au débats.