LES PHYLOGÉNIES BASÉES SUR LES CARYOTYPES

Les phylogénies basées sur les remaniements du caryotype apparaissent simples au premier abord car l'état ancestral du caractère est 2n=48 tandis que l'Homme présenterait un état dérivé avec 2n=46. Les analyses plus fines posent un problème car, outre cette fusion de deux chromosomes du caryotype ancestral chez l'Homme, chaque genre possède des innovations exclusives. D'autre part l'Homme partage de façon exclusive avec le Chimpanzé trois mutations chromosomiques. Le Chimpanzé partage aussi de façon exclusive avec le Gorille deux mutations chromosomiques. Par contre l'Homme et le Gorille ne partagent pas de mutations chromosomiques de façon exclusive. Il faut donc envisager un mécanisme comparable à ce qui se passe chez certaines espèces de Cercopithèques actuels. Le caryotype y est instable et l'on connaît dans la même population des individus à 46, 47 et 48 chromosomes. Evidement certains descendants possèdent des caryotypes létaux mais cela n'affecte pas la survie de l'espèce et l'interfécondité demeure au sein du groupe. L'instabilité du caryotype est une caractéristique stable de l'espèce. On peut imaginer qu'au sein de la population ancestrale des Hominidés la situation était la même. C'est donc un événement étranger au caryotype qui provoque les spéciations ; probablement des facteurs géographiques. Avant la disparition totale de l'interfécondité entre les trois sous-espèces, des échanges génétiques sporadiques Pré-homme-Pré-Chimpanzé et Pré-chimpanzé-Pré-gorille entraînent le partage d'innovations chromosomiques par deux des espèces sans que la troisième soit concernée. Bien entendu tout ceci concerne un tout petit nombre d'individus dans un temps géologiquement court. Les hasards démographiques ont fait disparaître sans doute bon nombre des mutations chromosomiques.