Le RU-486 : une molécule contragestive

1 - Vue générale de la molécule :
La molécule de RU-486 (affichage en fil de fer), représentée avec les couleurs standards : carbone = gris, oxygène = rouge, hydrogène = blanc, azote = bleu, a été développée en 1982 par l'équipe du Dr Étienne-Émile Baulieu travaillant pour le laboratoire pharmaceutique français Roussel-Uclaf. Le nom de la molécule découle du nom du laboratoire suivi du n° de recherche (Roussel-Uclaf 38486). Elle est aussi connue sous le nom de Mifépristone ou Myfégine.
En octobre 1982, face aux pressions très élevées des groupes anti-avortement, le laboratoire décide d'abandonner sa fabrication. Le gouvernement français de l'époque, soutenu par les groupes féministes et les spécialistes de la santé en reproduction, oblige le laboratoire à poursuivre sa production. Certains pays comme les USA ou la Chine commercialisent leur propre clone.

2 - Caractéristiques :
Cette molécule appartient à la famille des stéroïdes qui montrent trois cycles à 6 côtés et un cycle à 5 côtés. Elle est donc voisine des hormones stéroïdes produites par l'organisme comme certaines hormones surrénaliennes, certaines hormones placentaires, les hormones sexuelles masculines (testostérone) et féminines (oestrogènes, progestérone).
Sa formule chimique brute est C29H35NO2.
La comparaison entre la molécule de RU-486 et la molécule de progestérone montre bien cette similitude de structure.

3 - Mode d'action :
Les effets du RU-486 sur l'utérus ont été mis en évidence par des études expérimentales réalisées chez les mammifères.
D'autres études réalisées chez la femme ont révélé l'effet contragestif de cette molécule de synthèse.
Au niveau moléculaire, la molécule de RU-486 s'accroche à la progestérone et remplace cette hormone naturelle au niveau des récepteurs à progestérone des cellules cibles pour lesquels elle a 5 fois plus d'affinité. Comme elle n'a pas les propriétés de l'hormone naturelle, il s'ensuit une nécrose des cellules de l'endomètre responsable du détachement de l'œuf. On la qualifie pour cette raison d'anti-progestérone car elle bloque l'action naturelle de la progestérone dont elle est un antagoniste.

4 - Utilisation :
Sa principale utilisation consiste à provoquer un avortement chimique : utilisée seulement en milieu hospitalier, les médecins réalisent ce type d'avortement avant la 5e semaine de grossesse (après cette date la quantité de progestérone est trop importante dans l'organisme ce qui diminue fortement l'efficacité du RU-486) à l'aide de trois comprimés de 200 mg de Myfégine et, quarante huit heures plus tard, d'une injection intra-musculaire de prostaglandines qui augmente les contractions utérines. Utilisé seul, le RU-486 provoque un fort saignement qui conduit dans 75% des cas à l'expulsion de l'œuf.
Il est également utilisé pour traiter certains cancers (des ovaires, des glandes surrénales, ...), mais aussi des endométrioses.

5 - Efficacité :
Plusieurs statistiques montrent que plus de 600 000 femmes en Europe ont utilisé l'avortement par le RU-486 et que ceux-ci ont été efficaces dans plus de 92% des grossesses de moins de 49 jours.
En cas d'échec, il est dangereux pour le fœtus de poursuivre la grossesse et les médecins pratiquent alors un avortement chirurgical.

6 - Bilan :


Bibliographie

Script et développement de
Christian DUQUÉ
Prof de SVT
Lycée De Lattre de Tassigny
La Roche sur Yon

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