De faible ampleur, le séisme enregistré hier entre Doix et Vix est le second en
quelques mois. Sa magnitude est de 3,8 degrés sur l'échelle de Richter.
En Vendée, deux précédents sont encore dans les mémoires bien qu'ils n'aient occasionné aucun dégât. Pas
de quoi paniquer.
Le plus récent date du 30 septembre 2002. D'une magnitude de 5,4 degrés sur l'échelle de Richter, son
épicentre était situé au nord-est de Lorient. L'onde avait été ressentie jusqu'en Vendée, 200 km plus
loin.
Moins important, le séisme du 8 juin 2001 avait été mieux ressenti en Vendée : son épicentre
était situé près de Pouzauges et il était d'une magnitude de 4,9. Du 8 au 11 juin ces secousses avaient
eu lieu entre Pouzauges et La Roche sur Yon. De simples répliques d'une magnitude de 2,1 à 4,9.
Une dizaine de séismes
Depuis 1991, une dizaine de séismes apparaissent sur les relevés : le 27 janvier 1991 (magnitude 2,8) ;
le 4 mars 1992 (magnitude 2,5) ; le 29 mars 1994 (magnitude 2,6) ; le 8 mars 1995
le 12 janvier 1997 (magnitude 4,5) ; le 11 juillet 1998 (magnitude 3,3) ; le 4 décembre 1998
(magnitude 2,3) ; le 16 décembre 1998 (magnitude 2,7) ; le 15 février 2000 (magnitude 2,4) ;
le 8 juin 2001 (magnitude 5).
Il faut remonter en 1799 pour un séisme majeur, il avait provoqué de gros dégâts en baie de Bourgneuf,
en Vendée comme en Loire-Atlantique dans les secteurs de Bouin, Barbâtre, Machecoul et Noirmoutier.
Le massif armoricain est traversé par un ensemble de grandes failles nord ouest-sud est. Elles se sont
formées pendant l'ère primaire, il y a 350 millions d'années. Lentement, la région se déforme,
produisant de temps à autre des séismes sur les grandes failles. Deux d'entre elles traversent
la baie de Bourgneuf : l'une sur Pornic, Bourgneuf, Machecoul et l'autre sur lîle de Noirmoutier
entre l'herbaudière et la passage du Gois.
Hier, à 5h49 des secousses telluriques ont été enregistrées à 13 km au sud de
Fontenay-le-Comte.
Saint-Michel-en-l'Herm - La station sismique du collège Les Colliberts mise en fonction en
octobre 2002 représentant le pôle sud de la surveillance quadrillant les pays de la Loire a enregistré
différentes données sur ce mini séisme qui a affecté le sud du département, sans dégâts matériels aux
dernières nouvelles, a été pour la première fois en alerte.
La station de l'établissement qui se compose d'un sismomètre (appareil enregistrant les vibrations du sol),
d'une carte de numérisation et d'un compteur GPS, le tout relié à un pôle informatique qui en analyse les
éléments, à savoir :
- Localisation : 13 km au sud-ouest de Fontenay-le-Comte,
- Latitude : 46 degrés 40 nord,
- Longitude : 0,81 degrés ouest,
- La magnitude enregistrée de 3,8 sur l'échelle de Richter représente une secousse de faible
importance mais qui a néammoins été ressentie par nombre de vendéens.
La station a localisé l'épicentre du séisme entre les commune de Vix et de Doix dans la zone du marais
d'Ecoué.
L'ensemble des données a été ensuite transmis au centre de contrôle régional basé au laboratoire de
planétologie à Nantes.
L'équipe de professeurs de ce programme "sismo" Mes. Dubois et Poyvre et Melle Puyroux se
rendra en avril prochain, diligentée par le rectorat de Nantes à l'université de Nice dans le cadre
d'un séminaire scientifique concernant les tremblements de terre.
Les murs de ma maison ont tremblé
Bernard Picaut, buraliste à La Roche-sur-Yon.
"Je me lève à 6 heures et j'étais encore au lit, dans un demi-sommeil, ça m'a réveillé. J'ai
ressenti le même effet que lorsqu'un avion dépasse le mur du son.
Cela a duré l'instant d'une secousse, quelques secondes, les murs de ma maison, à Belleville-sur-Vie,
ont tremblé. J'ai d'abord pensé à une explosion. Puis j'ai oublié et je n'y ai repensé qu'en ouvrant
le magasin, à sept heures, losqu'un client m'a parlé du tremblement de terre."
Le lit a vraiment tremblé
Lucie, coiffeuse à Fontenay-le-Comte.
Les conversations allaient bon train hier au salon de coiffure Leriche, rue Clemenceau. Toutes les
clientes ne parlaient que de ça.
"Le lit a vraiment tremblé" dit Lucie, coiffeuse au salon. "Le bruit sourd
m'a réveillé, comme un gros roulement de tambours, puis plus rien et encore une petite secousse
accompagnée d'un bruit sourd. Comme un avion qui passe le mur du son. Un moment j'ai cru que c'était un
camion qui enfonçait une maison."
Sur le marché les gens commentent
Cécile Bernier, maraîchère.
On ne parlait que de ça ce matin sur le marché de Saint-Hilaire-des-Loges. Plusieurs ont pensé à
l'explosion de leur chaudière. La boulangère a imaginé l'explosion du four puis à la guerre.
Son mari, debout depuis longtemps, a senti les murs trembler, et il est sorti croyant que la toiture
s'effondrait. D'autres ont pensé à un avion, mais les fenêtres bougeaient et "ça roulait quand
même". Le maraîcher, habitant à St Hilare La Pallud a cru que des avions passaient le mur du son.
J'ai été réveillé mais je n'ai pas eu peur
Bernard Murat, 60 ans, Nesmy.
"La secousse m'a réveillé. Il devait être 5h45 car j'ai regardé l'heure. J'ai allumé la lumière
et j'ai vu l'abat-jour de la lampe vibrer durant quelques secondes. Le bruit ressemblait à un grondement
de tonnerre. Rien de bien méchant cependant ... je me suis juste dit qu'il s'agissait d'un
tremblement de terre. Franchement, je n'ai pas eu peur. Ce n'est quand même pas le premier séisme
survenant en Vendée. Celui datant de juin 2001 était beaucoup plus impressionnant ..."