La terre a tremblé hier en Vendée
Le tremblement de terre, de niveau 3,8 sur l'échelle
de Richter, qui a fait vibrer le sol vendéen, hier matin, a été enregistré par des collégiens de
Saint-Michel-en-l'Herm. Le collège des Colliberts est le siège d'une station sismique, dépendant du
laboratoire de planétologie de Nantes.
Depuis la rentrée 2002, le collège des Colliberts de Saint-Michel-en-l'Herm est le
siège d'une station sismique, faisant partie d'un dispositif régional d'observation des mouvements du
sous-sol. C'est aussi la seule du genre installée dans un établissement scolaire vendéen. Elle assure la
surveillance de la région sud de ce dispositif, les autres stations étant implantées dans des lycées de la
Sarthe et de la Loire-Atlantique. Un projet qui a aussi un fort aspect pédagogique : il s'agit non
seulement de sensibiliser les élèves aux risques majeurs, mais aussi de les amener à une approche
novatrice des sciences expérimentales et des nouvelles technologies.
Hier matin, donc, la station composée d'un sismomètre, appareil enregistrant les
vibrations du sol, d'une carte de numérisation et d'un capteur GPS, le tout relié à un pôle informatique,
a enregistré à 5h49, très exactement, le séisme qui a réveillé une partie de la Vendée.
les jeunes "sismologues" du collège des Colliberts ont localisé l'épicentre
à 13 km au sud-ouest de Fontenay-le-Comte, quelque part du côté de Doix, dans la zone du marais
d'Ecoué par 46°40 degrés nord et 0,81 degré ouest. Les données ont été transmises au centre de contrôle
régional basé au laboratoire de planétologie de Nantes.
Depuis octobre 2002
L'implantation de cette station est l'aboutissement de démarches entreprises par Marie-Dominique Puiroux, professeur de sciences de la vie et de la Terre (SVT) dans l'établissement. Elle a été inaugurée en octobre 2002 dans le cadre de la semaine de la Science. Un projet conduit en collaboration avec la faculté des Sciences de Nantes et qui associe deux autres professeurs de l'établissement, MM Dubois et Poyvre. Ces derniers se rendront d'ailleurs avec Marie-Dominique Puiroux à Nice, en avril, pour assister, sous l'égide du rectorat de Nantes, à un séminaire scientifique sur les tremblements de terre.
La terre tremble assez souvent en Poitou et Vendée, troisième zone à risques de
l'Hexagone avec les régions Rhône-Alpes et Pyrénées. Le dernier séisme ayant un épicentre en Vendée
remonte au 14 mars 2002, voila à peine un an. Il était sensiblement de la même importance que celui
d'hier.
Quelques repères :
le 25 janvier 1799, un tremblement de terre secoue Saint-Gilles-Croix-de-Vie et
Bouin. Dégâts : des pans de maison et des murs de jardin s'écroulent sous la colère du sous-sol.
Le 4 janvier 1908, l'île-d'Yeu est touchée, provoquant un mouvement de panique chez les habitants qui
évacuent précipitamment leurs maisons. Le 9 janvier 1930, la terre tremble sur l'île de Noirmoutier.
Des cheminées tombent dans le quartier de l'Herbaudière. Des meubles sont déplacés.
le 28 septembre 1935 et le 20 septembre 1958, nouvelles secousses. Le 7 septembre
1972, le tremblement de terre d'Oléron (400 cheminées abattues), le plus important de ces dernières
décennies (5,6 sur l'échelle de Richter) est ressenti jusqu'en Vendée. En octobre 1980, en septembre
1983, en octobre 1995, le sous-sol vendéen est pris encore de tremblements. Le 15 mai 1996, une secousse
d'amplitude 3,1 sur l'échelle de Richter est ressentie dans le Pays Yonnais. L'épicentre est proche de
La Chaize-le-Vicomte. Le 12 janvier 1997, la Vendée est secouée par un nouveau séisme de magnitude 4,2
dont l'épicentre se trouve à Sainte-Hermine. Le 8 juin 2001, la terre tremble fortement (5,1 sur
l'échelle de Richter), avec épicentre dans la région de Chantonnay. Pas de dégâts. Le 14 mars 2002, un
séisme de magnitude 3,7 est ressenti dans le sud Vendée jusqu'à La Roche-sur-Yon. L'épicentre est
localisé au sud de Sainte-Hermine. Le 30 septembre 2002, la Vendée bouge encore. Mais l'épicentre de ce
tremblement de terre de magnitude 5,5 se situe en Bretagne au nord-est de Lorient.
