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confinement : l'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogations

mis à jour le 11/05/2020


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prolongement possible de l'objet d'étude, "l'homme face aux avancées scientifiques et techniques : enthousiasmes et interrogations", littérature d'anticipation et actualité : inquiétude ou remède ?

mots clés : avancées scientifiques, récit d'anticipation, actualité, nouvelle


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Projet de lecture :
Lire une nouvelle contemporaine
Problématique : En quoi le confinement peut-il devenir une source d'inspiration pour la littérature d'anticipation actuelle ?
Travail de recherche préliminaire : Rechercher des éléments biographiques sur Jules Verne et sur H.G.Wells.


Séance 1 : L'écrivain de roman d'anticipation peut-il prévoir le futur ?

Document 1 : Selon le journaliste, le grand public pensait-il que les écrivains de Science Fiction étaient crédibles jusqu'à présent? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur les exemples donnés par Christopher Priest.

Document 2 : Dites pourquoi, selon Christopher Priest, les écrivains ne sont pas des « devins ».

Document 1 et 2
: Montrez en quoi, en utilisant pourtant les mêmes exemples littéraires (Jules Verne et H. G. Wells), les deux textes s'opposent.

Compétences d'écriture :
Pensez-vous comme C. Priest que les écrivains de Science Fiction ne prévoient le futur que « sur un coup de chance » ? Vous donnerez votre avis argumenté sur cette question. Votre texte fera une quinzaine de ligne.

Pour vous aider dans votre rédaction, voici quelques critères de réussite :
  • Je formule mon opinion en une ou deux phrase(s)
  • Je formule un argument accompagné de son exemple
  • J’utilise des connecteurs logiques
Dossier culture de l'hebdomadaire L'Obs n°2892 du 9 au 15 avril 2020



Document 1 :
Il y a quelques semaines encore, on ne les prenait pas au sérieux. Depuis toujours, les écrivains de science-fiction étaient considérés comme des doux dingues, et leur père à tous, Jules Verne, devait avoir perdu la boule lorsqu'il imaginait qu'on irait un jour se balader sur la Lune. N'a-t-on pas souri lorsque H. G. Wells publia, en 1898, la « Guerre des mondes », où des hordes de Martiens attaquaient le Royaume-Uni ? Au fil du temps, la SF a connu, auprès du grand public, et des producteurs en quête de sujets ébouriffants , un succès grandissant. (…)
Didier Jacob (journaliste),  L'Obs n°2892 du 9 au 15 avril 2020

Document 2 :

On juge parfois les auteurs de fiction spéculative et de littérature de l'imagination à l'aune de la capacité qu'on leur prête à prévoir le futur. Jules Verne a été le seul à prédire avec exactitude qu'envoyer des hommes sur la Lune impliquerait de construire une fusée composée de plusieurs étages détachables les uns des autres. Et l'on admire H.G Wells pour la manière dont il a su prédire le rôle des blindés, des armes nucléaires et des bombardements aériens dans la guerre moderne. Les exemples ne manquent pas.
(…) Les romanciers créent de la fiction, de la littérature. Nous avons recours à des métaphores mais nous ne possédons pas de boule de cristal. Nous ne pensons pas que les prédictions que nous faisons se révéleront nécessairement justes, et nous n'espérons d'ailleurs pas secrètement que ce sera le cas (…) Si nous autres romanciers réussissons à inventer un futur qui finit par devenir réalité, cela relève du coup de chance - et nous nous garderons bien de rappeler à quiconque l'existence des centaines de métaphores que nous avons créées et qui n'ont abouti à rien (…).
Christopher Priest (écrivain), L'Obs n°2892 du 9 au 15 avril 2020
 
 

Séance 2 : lecture d'une œuvre intégrale contemporaine, Homo confinus de Bernard Werber.


Bernard Werber, écrivain français, a écrit cette nouvelle en avril 2020, inspiré par la période de confinement.
 
1°- Expliquez pourquoi, selon vous, ce texte est un texte de Science-Fiction.
2°- Relevez dans le texte de Bernard Werber les mots ou expressions qui montrent qu’il s’agit d’un texte de Science-Fiction. Expliquez votre relevé.
3°- Par groupe de 3 (via Itslearning, par exemple), échangez entre vous à propos de votre lecture du texte de Werber. Quel a été votre ressenti ? Cette nouvelle vous a-t-elle inquiété ou, au contraire, rassuré ? Expliquez pourquoi.
4°- À partir de vos échanges, complétez le tableau suivant :


Compétences d'écriture :
En vous appuyant sur la précédente activité, vous écrivez une lettre à Bernard Werber pour lui faire part de votre ressenti en tant que lecteur. Vous expliquez en quoi sa nouvelle vous a inquiété ou rassuré. Vous utilisez des arguments et des exemples. Votre texte fera une vingtaine de lignes et respectera les codes de la lettre.

Homo Confinus, Bernard Werber, avril 2020

Ils avaient dit que cela allait durer trois semaines.
C’était il y a trois ans.
Et puis tout le monde avait fini par s’habituer à vivre confiné chez soi.
En fait l’être humain s’adapte à tout.
On était passé de l’homo sapiens à l’homo confinus.
L’homme préhistorique était sorti de la caverne pour se répandre sur toute la planète, puis se retrouver confiné dans son salon où il avait trouvé toutes solutions à sa survie : le divan, la télévision, la télécommande, l’ordinateur, le smartphone, les conserves, les surgelés, le micro-onde. Le renouvellement était assuré par une distribution éffectuée par drones.
Cependant le virus s’avérait de moins en moins « une simple grippe », et de plus en plus un « truc compliqué » incompréhensible qui n’arrêtait pas d’évoluer.
Et le nombre de morts continuait d’augmenter.
Il y avait en outre des émeutes dans certains quartiers car les pauvres attaquaient les épiceries et les pharmacies.
Il fallait en venir à des mesures encore plus drastiques.
Alors le gouvernement décida de passer au stade suivant et ce fut le plan qu’il nomma le C.R.S. pour « CONFINEMENT REPUBLICAIN SECURISE ».
Trois mots qui en soi étaient plutôt rassurants mais qui signifiaient l’installation d’une vie souterraine.
Au début ce ne furent que les lignes de métro qui furent réquisitionnées. On les nettoya, les désinfecta puis on installa des habitations dans les couloirs.
Ce qu’on nommait habitation était en fait une sorte de petite maison de plastique de forme ronde qui comprenait deux chambres, un salon avec télévision, une cuisine, une salle de bains.
Les médecins pensaient que l’absence de lumière du jour allait déprimer les gens mais ce ne fut point le cas car on installa des fausses fenêtres écran vidéo qui projetaient en permanence des visions de ciel, de montagnes, de jardins, de forêts.
Quant aux entrées et sorties du métro elles furent scellées afin que plus personne ne tente de remonter à la surface.
Ainsi trois ans après le début de la crise toute l’humanité se mit à vivre sous terre ce que certains appelaient le « TAUPE NIVEAU ».
Enfin les gouvernants pouvaient tout contrôler, enfin on parvint grâce à la vie sous terre au 100% de confinement auquel on n’était jamais arrivé jusque-là.
Cependant 8 milliards d’humains installés dans des lignes de métro de grande mégapole, c’était difficile à gèrer. Il fallut donc une stratégie mondiale. Les habitations, désormais nommées « loges », étaient espacées par des couloirs qui les reliaient.
Les stations de métro servaient de places publiques où se trouvaient les sources de nourriture et de médicaments.
Là encore l’adaptation se fit plus facilement que ne le pensaient les politiciens. Les gens s’habituaient à voir par leur fenêtre virtuelle des plages de cocotiers qui suffisaient à les combler.
Ainsi peu à peu s’harmonisait l’installation d’une nouvelle humanité sous terre, une humanité à son « taupe niveau ».
Quand ce stade fut enfin bien intégré, alors seulement les effets du virus commencèrent à décroître. Comme si le monstre avait enfin obtenu ce qu’il souhaitait : qu’on se cache.
La nouvelle humanité étonnamment ne vivait pas trop mal sa nouvelle place sous terre. Des foreuses à large diamètre permirent de créer de nouvelles galeries en dehors de celles du métro.
Cela permit d’établir des loges plus spacieuses.
Quant à la vie en surface, eh bien l’homme s’étant absenté, la faune et la flore sauvages reprirent naturellement leurs droits.
On pouvait les apercevoir grâce aux nombreux périscopes.
Il y avait des chevaux qui galopaient librement, des hordes de chiens se comportant comme des hordes de loups, des loups, des ours, des chats sauvages, des lynx. Les pigeons, qui étaient jadis les oiseaux les plus répandus, étaient concurrencés par des milliers d’espèces inconnues aux formes et aux chants surprenants. Les jardins s’étaient transformés en forêts aux végétaux beaucoup plus diversifiés. Les océans, voyant leur niveau d’acidité baisser, avaient permis l’apparition de plus d’espèces de poissons. Les barrières de corail s’étaient reformées. La température avait baissé, permettant la réapparition de la calotte polaire. Les ours blancs survivants avaient pu se reproduire.
L’humanité avait enfin muté, mais ce n’était pas du tout de la manière dont les scientifiques s’y attendaient. Elle n’était pas plus heureuse, ou plus malheureuse, elle avait découvert avec la crise, que sa vraie place n’était pas au-dessus mais en dessous de l’épiderme de sa planète.
 
auteur(s) :

Alexia Leblanc, enseignante, LP Simone Veil, Angers

information(s) pédagogique(s)

niveau : bac pro

type pédagogique : démarche pédagogique, scénario, séquence

public visé : enseignant

contexte d'usage : travail à distance, travail autonome

référence aux programmes : 1ère Bac Pro

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