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Sujets de philosophie du Bac 2018 L, ES., S, ST. Métropole

mis à jour le 18/06/2018


vignette sujet 02

Sujets 2018 des séries L, ES, S, STMG, STHR de philosophie

mots clés : philosophie, sujet, bac, 2018, L, Littéraire, économique et social, scientifique, technologique


Série L.


Sujet 1 : La culture nous rend-elle plus humain ?

Sujet 2 : Peut-on renoncer à la vérité ?

Sujet 3 :

Expliquer le texte suivant :

Souvent nous ne savons pas ce que nous souhaitons ou ce que nous craignons. Nous pouvons caresser un souhait pendant des années entières, sans nous l’avouer, sans même en prendre clairement conscience; c’est que l’intellect n’en doit rien savoir, c’est qu’une révélation nous semble dangereuse pour notre amour-propre, pour la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes ; mais quand ce souhait vient à se réaliser, notre propre joie nous apprend, non sans nous causer une certaine confusion, que nous appelions cet événement de tous nos vœux; tel est le cas de la mort d’un procheparent dont nous héritons.  Et quant à ce que nous craignons, nous ne le savons souvent pas, parceque nous n’avons pas le courage d’en prendre clairement conscience. Souvent même nous nous trompons entièrement sur le motif véritable de notre action ou de notre abstention, jusqu’àcequ’un hasard nous dévoile le mystère. Nous apprenons alors que nous nous étions mépris sur le motif véritable, que nous n’osions pas nous l’avouer, parcequ’il ne répondait nullement à la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, nous nous abstenons d’une certaine action, pour des raisons purement morales à notre avis ; mais après coup nous apprenons que la peur seule nous retenait, puisque, une fois tout danger disparu, nous commettons cette action.

SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818.


La connaissance de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Série ES.


Sujet 1 : Toute vérité est-elle définitive ?

Sujet 2 : Peut-on être insensible à l’art ?

Sujet 3:

Expliquer le texte suivant :
 
« Quand nous obéissons à une personne en raison de l'autorité morale que nous lui reconnaissons, nous suivons ses avis, non parce qu'ils nous semblent sages, mais parce qu'à l'idée que nous nous faisons de cette personne, une énergie psychique d'un certain genre est immanente1, qui fait plier notre volonté et l'incline dans le sens indiqué. Le respect est l'émotion que nous éprouvons quand nous sentons cette pression intérieure et toute spirituelle se produire en nous. Ce qui nous détermine alors, ce ne sont pas les avantages ou les inconvénients de l'attitude qui nous est prescrite ou recommandée ; c'est la façon dont nous nous représentons celui qui nous la recommande ou qui nous la prescrit. Voilà pourquoi le commandement affecte généralement des formes brèves, tranchantes, qui ne laissent pas de place à l'hésitation ; c'est que, dans la mesure où il est lui-même et agit par ses seules forces, il exclut toute idée de délibération et de calcul ; il tient son efficacité de l'intensité de l'état mental dans lequel il est donné. C'est cette intensité qui constitue ce qu'on appelle l'ascendant moral. Or, les manières d'agir auxquelles la société est assez fortement attachée pour les imposer à ses membres se trouvent, par cela même, marquées du signe distinctif qui provoque le respect. »

DURKHEIM, Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912)

1. « immanente » : intérieure

La connaissance de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
 

Série S.


Sujet 1 : Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

Sujet 2 : Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?

Sujet 3 :

Expliquer le texte suivant :

   Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l'action des circonstances extérieures sur des masses d'êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l'activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes. Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d'une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l'astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l'histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d'années à venir. Mais la différence de certitude n'est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d'après des lois connues. Nous pouvons constater ce qu'elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu'elles seront à une époque quelconque d'un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition et la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent des lois, la multitude des causes est telle qu'elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l'impossibilité d'appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l'avance, lors même que les capacités de l'intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche.

MILL, Système de logique, 1843
 
La connaissance de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Séries Technologiques sauf TMD et STHR


Sujet 1 :  L’expérience peut-elle être trompeuse ?
 
Sujet 2 : Peut-on maîtriser le développement technique ?

Sujet 3 :

Expliquez le texte suivant :

    Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut : mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un Etat, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent : et, si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient ce même pouvoir.

MONTESQUIEU, De l’Esprit des lois (1748)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement.

2. Expliquer :
a) « dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut » ;
b) « la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir » ;
c) que signifie « l’indépendance » dans le texte ?

3. Les lois sont-elles nécessaires à la liberté ?

Séries Technologiques série STHR seulement


Sujet 1, dissertation :  Qu’est-ce qui peut faire obstacle à mon bonheur ?
 
Sujet 2, composition : Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ?

Pour rédiger votre composition, vous répondrez de manière explicite, précise et développée aux questions suivantes, qui sont destinées à guider votre rédaction.

[A]
1. Comment définir un besoin ? Y en a-t-il de différentes sortes ? Donnez des exemples. Quelle différence de sens y a-t-il entre « besoin » et « désir » ?
2. Comment définir la « vérité » ? À quoi s’oppose-t-elle ?
3. À qui peut renvoyer le « nous » dans la question posée ?
4. Chercher quelque chose, qu’est-ce que cela suppose ?
5. Y a-t-il des situations dans lesquelles nous pourrions ne pas avoir besoin de chercher la vérité ? Donnez des exemples précis dans votre réponse.

[B]
1. En tenant compte de la distinction entre besoin et désir, expliquez en quoi le besoin de chercher la vérité peut s’opposer au désir de ne pas savoir.
2. Recherche-t-on la vérité pour elle-même ou comme un moyen en vue d’autre chose ?
3. Certaines vérités peuvent-elles être particulières alors que d’autres sont universelles ? Aurions-nous davantage besoin des unes que des autres ?
4. Dans quelle mesure la recherche de la vérité pourrait-elle être nuisible ?
5. Dans quelle mesure le besoin de chercher la vérité est-il un moteur de progrès ?

[C]
Donnez, à présent, les différentes réponses possibles à la question : « Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? ». Justifiez chacune d’elles dans un paragraphe développé et argumenté.

[D]
En tenant compte des éléments précédents et à l’aide de vos connaissances et de votre expérience, vous proposerez et justifierez de manière précise et développée la réponse qui vous paraît la plus pertinente à la question posée par le sujet. Vous ferez apparaître les raisons de votre choix ainsi que ce qu’il implique.

Sujet 3, explication de texte :

Expliquez le texte suivant :

   Dès qu’un contrat enferme quelque inégalité(1), vous soupçonnez aussitôt que ce contrat viole le droit. Vous vendez ; j’achète ; personne ne croira que le prix, fixé après débat et d’un commun accord, soit juste dans tous les cas ; si le vendeur est ivre tandis que l’acheteur est maître de son jugement, si l’un des deux est très riche et l’autre très pauvre, si le vendeur est en concurrence avec d’autres vendeurs tandis que l’acheteur est seul à vouloir acheter, si le vendeur ignore la nature de ce qu’il vend, livre rare ou tableau de maître, tandis que l’acheteur la connaît, dans tous les cas de ce genre, je dirai que le prix payé est un prix d’occasion (2) . Pourquoi? Parce qu’il n’y avait pas égalité entre les parties.
Qu’est-ce qu’un prix juste ? C’est un prix de marché public. Et pourquoi ? Parce que, dans le marché public, par la discussion publique des prix, l’acheteur et le vendeur se trouvent bientôt également instruits sur ce qu’ils veulent vendre ou acheter. Un marché, c’est un lieu de libre discussion.
Un tout petit enfant, qui connaît mal l’utilité relative des choses, et qui ne règle le prix que sur son désir présent, un tout petit enfant sera l’égal de l’acheteur le plus avisé, si seulement plusieurs marchands offrent publiquement à plusieurs acheteurs la chose que le petit enfant désire. Je n’en demande pas plus. Le droit règne là où le petit enfant, qui tient son sou(3) dans sa main et regarde avidement les objets étalés, se trouve l’égal de la plus rusée ménagère.
On voit bien ici comment l’état de droit s’opposera au libre jeu de la force. Si nous laissons agir les puissances, l’enfant sera certainement trompé ; même si on ne lui prend pas son sou par la force brutale, on lui fera croire sans peine qu’il faut échanger un vieux sou contre un centime neuf. »

ALAIN, Propos sur les pouvoirs (18 octobre 1907)

(1) « enferme quelque inégalité » : dissimule une forme d’inégalité.
(2) « d’occasion » : de circonstance.
(3) On appelait autrefois « sou » une pièce de monnaie d’une valeur de cinq centimes. Pour expliquer ce texte, vous répondrez de manière explicite, précise et développée aux questions suivantes, qui sont destinées à guider votre rédaction.

[A]
1. Qu’est-ce qui définit un « contrat » ? Dans le texte, de quelle sorte de contrat est-il question ?
2. Comment Alain caractérise-t-il, dans ce texte, « l’inégalité » contenue dans un contrat ? Pour ce faire, il expose des situations diverses : lesquelles ? Que permettent-elles de montrer ?
3. Alain définit le « prix juste » comme « un prix de marché public » : qu’est-ce dans ce texte qu’un « marché public » et pourquoi définit-il le « juste prix » ?
4. Pourquoi Alain choisit-il l’exemple de l’enfant ? De quoi l’enfant est-il ici le symbole ?
5. Qu’est-ce que « l’état de droit » ? En quoi s’oppose-t-il au « libre jeu de la force » ?

[B]

1. Expliquez la phrase : « Le droit règne là où le petit enfant, qui tient son sou dans sa main et regarde avidement les objets étalés, se trouve l’égal de la plus rusée ménagère. »
2. En vous aidant des éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte ainsi que les étapes de son argumentation.

[C]
1. Pourquoi, selon Alain, « la discussion publique » garantit-elle la justice des échanges ?
2. À la lumière de vos connaissances, de votre expérience et de vos lectures, et en tenant compte du texte d’Alain, cherchez à déterminer les conditions d’émergence d’un marché équitable. Quelles sont, selon vous, les moyens dont nous disposons pour garantir son établissement et le préserver ? 
 

information(s) pédagogique(s)

niveau : Terminale

type pédagogique : sujet d'examen

public visé : enseignant, élève

contexte d'usage : non précisé

référence aux programmes : philosophie, bac, sujets, 2018

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