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le concept d'espèce

mis à jour le 15/03/2013


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L'objectif de ce travail est de montrer que le concept d'espèce est un concept qui s'est modifié au cours de l'histoire de la biologie. Il ne s'agit pas ici de faire l'histoire de ce concept (de l'Antiquité à nos jours) ce qui n'aurait aucun sens et inviterait - à tort - les élèves à une vision progressiste de ce concept.

mots clés : histoire des sciences, espèce, Linné, Darwin, buffon


Introduction

Les archives choisies seront  sur une courte période : celle du 18ème siècle et la première moitié du 19ème. Ainsi, les élèves pourront prendre conscience des différentes définitions du terme espèce (typologique, nominaliste ou biologique) en fonction du cadre intellectuel dans lequel il a été formulé (fixisme, transformisme, évolutionnisme). Ils prendront conscience également des ruptures, des changements de pensées chez les différents auteurs proposés. Il n'y a pas de progrès, pas de précurseurs, pas d'Eurêka...
Toujours replacer les conceptions dans leur contexte intellectuel, l'épistémologie étant le trait d'union entre le questionnement scientifique propre à notre discipline et le contexte historique qui relève du domaine de l'histoire et qui exige son propre questionnement.
 

A l'aide du corpus documentaire (textes et séquences vidéo), montrez qu'il y a plusieurs définitions possibles de l'espèce en fonction du contexte dans lequel on se place. Vous présenterez votre réponse sous forme d'un schéma de synthèse.

 

Documents de référence

Textes :

Le fichier des textes est disponible en bas de page (il peut y avoir des problèmes d'affichage avec certains navigateurs).

 

Réponses attendues

Remarque :

La réponse commande un schéma de synthèse qui devra présenter la pluralité des définitions. Les élèves pourront ainsi distinguer plusieurs cadres intellectuels : fixisme, transformisme, évolutionnisme. Plusieurs définitions de l'espèce : typologique ou biologique. S'y ajoute les nominalistes qui prônent seulement l'existence d'individus dans la nature et estiment que l'espèce est une abstraction. Ces termes pourront être donnés au cours de leur réflexion et devront apparaître sur leur schéma.

Linné

Concept typologique de l'espèce et le point de départ de toute réflexivité sur la notion d'espèce reste le récit biblique de la Genèse. Sa définition d'espèce évolue dans le cadre intellectuel du fixisme à savoir que les espèces sont issues d'une création divine et sont immuables. Son fixisme reflète une conception biblique de la création.

Buffon

On prend conscience qu'au sein d'une espèce, il peut y avoir une multitude de formes vivantes (cas particuliers avec les chiens avec une multitude de formes, de variétés qui peuvent néanmoins se croiser et engendrer des bâtards qui peuvent également se reproduire et donner une descendance féconde). On définie l'espèce par l'idée qu'appartiendront à la même espèce des individus qui se croisent qui produisent une descendance féconde. Le concept bouge, ce n'est plus simplement l'unité d'une forme, l'unité d'un type qui dure depuis la Création mais c'est quelque chose de dynamique qui est susceptible de prendre une grande diversité d'aspects. Buffon inclut dans la définition de l'espèce une dimension généalogique, une dimension temporelle. Idée qu'une espèce est une lignée. Entre les lignées : il y a des barrières infranchissables. C'est le concept biologique de l'espèce. Un point très important dans sa définition de l'espèce est que celle-ci ne se limite pas à une collection d'individus dans la nature actuelle mais qu'elle tient compte de la perpétuation de cette collection au cours du temps. Ainsi, Buffon introduit le temps dans sa conception du vivant. Ce sont les mécanismes de la génération qui permettent cette perpétuation qui correspond en une transmission du moule intérieur de génération en génération. Cependant, sa conception s'inscrit dans un cadre fixiste dont Buffon ne s'affranchira pas.

Cuvier et Saint-Hilaire

La conception de Cuvier sur l'espèce répond à une définition biologique - il rejoint donc celle formulée par Buffon - mais sa définition pose problème pour l'espèce fossile et Cuvier est obligé d'adopter une définition typologique pour l'espèce fossile. La définition biologique de l'espèce qu'il donne se heurte également à sa théorie du catastrophisme qui se comprend dans le cadre intellectuel du fixisme. La pensée de Saint-Hilaire s'inscrit dans le courant transformisme qui stipule que les espèces ont pu subir des changements au cours du temps. Sa réflexion est influencée par ses travaux sur la comparaison des embryons et des fœtus.

Lamarck

Idée de transformation des espèces. Les habitudes des animaux, leur mode de vie, produisent des transformations (exemple du cou de Girafe). Les habitudes des animaux produisent leurs caractères, leur anatomie. Ce qui caractérise une espèce ce n'est pas une forme créée à l'origine mais le résultat de différentes influences. Idée qu'au fil du temps, les corps se transforment.

Première citation de Lamarck : comme son maître Buffon, il est d'abord convaincu que seules les espèces existent dans la nature et que les classes, les ordres et les genres sont des catégories artificielles.

Ensuite, ses idées se modifient (à la suite de son entrée au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. Il estime désormais que dans la nature il n'existe que des individus et donc pas d'espèces. Il adhère ainsi au nominalisme qui prône que l'espèce est une abstraction et qu'il n'existe en réalité dans la nature que des individus. Cf. second extrait de Lamarck.

Depuis 1800, Lamarck pense que les espèces varient sous l'influence des circonstances et du temps. Cf. 4ème extrait. C'est le courant transformisme.

A partir de 1816, Lamarck revient à sa conception première que l'espèce est naturelle et que les classes, les ordres, les familles et les genres sont des divisions arbitraires. La définition qu'il donne est typologique essentiellement morphologique. Cf. dernier extrait.

Darwin

Descendance avec modification dont le mécanisme est la sélection naturelle. Idée de la divergence à partir d'un même ancêtre. Darwin introduit l'idée d'une parenté entre les espèces. Il montre peu d'intérêt pour une définition formelle de l'espèce.

On termine sur Ernst Mayr (1904-2005) - évolutionniste américain - et le concept d'espèce comme une population. Concept moderne de population, unité à la fois génétique et écologique de base (Cf. ppt). Hervé Le Guyader (INRA - faut-il abandonner le concept d'espèce) et Guillaume Lecointre avec le modèle théorique de l'espèce que la communauté scientifique admet aujourd'hui (déjà abordé dans une séance précédente).

Diaporama de synthèse

 
 

Travaux d'élèves

 
 

Aides aux élèves en difficultés

- à la démarche de résolution : les élèves doivent saisir que Linné donne une définition typologique de l'espèce et que le point de départ de sa réflexion reste le récit biblique de la Genèse. Le cadre intellectuel dans lequel il donne cette définition est le fixisme qui prône la création divine des espèces et leur immuabilité.
Buffon donne une définition biologique de l'espèce dans laquelle il y inclut la dimension généalogique, la dimension temporelle. Il ne s'affranchit pas du cadre fixiste.
Cuvier, à l'instar de Buffon, propose une définition biologique. Cependant, le cadre fixiste dans lequel il propose une théorie catastrophiste empêche l'application de cette définition aux espèces fossiles pour lesquelles il est contraint de proposer une définition typologique.
Saint-Hilaire s'inscrit dans un courant transformisme : les espèces subissent des changements au cours du temps.
Lamarck proposera également cette thèse mais adhèrera dans un premier temps à la conception biologique de l'espèce dans un cadre fixiste comme son maître Buffon. Il adhèrera au nominalisme puis reviendra à une définition typologique de l'espèce.
Darwin introduira l'idée de parenté entre les espèces. Il évolue dans un cadre évolutionniste (descendance avec modification). Il insiste sur la nécessité des variations des entités concernées, le rôle de la sélection naturelle, l'importance du milieu, qui est la cause de la variation et intervient également dans la sélection et le rôle de l'hérédité qui permet la transmission des variations sélectionnées. Pour autant, il ne donne pas une définition formelle du terme espèce.
- fiche méthodologique sur la réalisation d'un schéma bilan.
 

Compétences travaillées en référence au socle commun de compétences

C1 Maîtrise de la langue française : écrire correctement et lisiblement un texte spontanément.
C3 Culture scientifique : recenser, extraire et organiser des informations à partir d'un corpus de documents afin de prendre conscience qu'il y a plusieurs définitions possibles de l'espèce en fonction du contexte dans lequel on se place ; savoir réaliser un schéma bilan.
C5 Culture humaniste : savoir situer des œuvres dans leur contexte historique et culturel.
C7 Autonomie et initiative : être autonome dans son travail, savoir s'organiser et travailler en équipe.
 

Remarque

Sur une séance de deux heures, les élèves, au sein de leur groupe, se sont partagés - sans que j'intervienne - les divers documents puis ont ensuite entamé (au bout d'une heure de travail individuel) une discussion entre eux - chacun expliquant aux autres ce qu'il a compris du document en relation avec la question posée -. Ils m'ont sollicité pour répondre à des questions d'ordre historique et/ou scientifique. Leur discussion a permis l'élaboration de leur schéma bilan.
 
auteur(s) :

Angélique Cottenceau Ledu, professeur de SVT - Lycée Jean Moulin (Angers)

éditeur(s) :

Olivier Paillat

information(s) pédagogique(s)

niveau : Terminale S

type pédagogique : démarche pédagogique

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes : De la diversification des êtres vivants à l'évolution de la biodiversité

documents complémentaires

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