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pour un travail collectif permanent

inventer des leçons

Dans la pratique usuelle de l'enseignement, les éléments d'une leçon se construisent bien souvent dans le plus grand désordre : une idée peut surgir au détour d'une lecture, d'un propos échangé, d'une visite d'exposition, d'une collection de matériaux récupérés, d'un travail d'élève, d'une leçon ratée, d'un emprunt... Même si tous les détails du dispositif proposé aux élèves sont pensés en amont, en fonction des intentions pédagogiques, une rédaction systématique des préparations et déroulements de toutes les leçons est illusoire, faute de temps suffisant. Par contre, une excellente verbalisation ou un échange professionnel révèlent qu'une leçon est particulièrement innovante, singulière ou efficace, et cela invite à la publier. Le surcroît de travail est accepté car le plaisir de l'invention est dynamisant.

publier des leçons pour les partager

Car il y a indéniablement une importante difficulté à transposer par écrit avec quelques images un cours d'arts plastiques, situation fondée sur des concepts, des œuvres, des impressions sensorielles, des événements, des engagements du corps. Transmettre des leçons implique nécessairement réduction et schématisation. 

Publiées, les leçons acquièrent une certaine autonomie. Chaque utilisateur doit nécessairement les reformuler et les adapter à ses besoins réels, il doit travailler ce matériau. Et souvent jusqu'au point d'en faire surgir de nouvelles propositions. Mais parfois, le temps manque pour ce travail d'appropriation : la complexité n'est pas entièrement perçue et la leçon devient recette. Le risque d'une compréhension erronée des leçons empruntées existe, elles peuvent être réduites à de simples activités dénuées de tout enjeu d'enseignement. Pour réduire l'implicite, source d'interprétations multiples, les leçons les plus complexes devraient être présentées et commentées de manière plus détaillée.

renforcer la réflexion didactique

Nous devrions pouvoir gagner en clarté en indiquant plus précisément ce que sont nos intentions, en rédigeant une présentation détaillée. C'est en effet bien souvent le dispositif qui est communiqué - parfois même de façon incomplète. Les informations fournies ne permettent pas toujours d'entrer dans le cheminement intellectuel qui a fondé la leçon ou qui peut l'éclairer a posteriori. Des contresens peuvent surgir. La publication en ligne s'adresse à un public diversifié constitué de professeurs chevronnés, de débutants, d'étudiants, de professeurs des écoles, de parents, de responsables divers et même d'élèves. Pour chacun, le degré de complicité avec la didactique des arts plastiques est très différent. Il est donc souhaitable de proposer des pages plus diversifiées aussi bien sur le fond que sur la forme.

Pour les plus experts, nous voudrions renforcer la place de la didactique et publier des leçons et des séquences rédigées d'une manière plus dense, plus analytique et circonstanciée (certaines le sont déjà, bien entendu) en complément de ce qui est fait usuellement. Un approfondissement, c'est ce vers quoi nous voudrions tendre, c'est pour cela qu'il nous arrive de plus en plus souvent d'encourager les auteurs à développer leur présentation. 

InSitu : un outil de réflexion dynamique

Aujourd'hui, nous n'encourons plus le risque de la modélisation, en raison de la diversité de notre travail d'édition en ligne, de sa polyphonie (plus de 100 auteurs*). Tout ce qui est diffusé est bien entendu cautionné par l'inspection, mais il convient de comprendre et accepter le statut particulier de ce mode de publication dynamique. Avec InSitu, nous pouvons à tout moment réactualiser un document : il est donc permis de tâtonner, voire de se tromper ! Ainsi, le document incomplet ou qui s'avère trop implicite ou lacunaire peut-il être éclairé, reformulé. Il est déjà arrivé que des pages diffusées aient été momentanément retirées du site dans l'attente de contre-expériences et de développements, ou reformulées et complétées. Sur InSitu rien n'est définitif. Cette souplesse donne le droit à l'erreur, à l'hésitation, à l'expérimentation. Il s'agit donc ici de communiquer un travail, une recherche, une expérience, pas de décréter quelque vérité ou promouvoir quelque modèle.

Les pages d'InSitu sont des témoignages : il est permis et c'est toujours encouragé de les critiquer, de les transformer, de s'en jouer !

Utiliser une leçon publiée par InSitu ne garantit pas la réussite devant des élèves : enseigner est un métier, notre talent et notre professionnalité en sont les seuls garants.


Patrick Ducler et Nathalie Demarcq, novembre 2004 Jean-Pierre Marquet, avril 2014

* « Mais il n'y a pas que l'accès au savoir qui reçoive un nouvel élan, c'est sa nature même qui est appelée à changer, grâce à la mise en réseau. La valeur de l'information partagée est d'autant plus importante que le nombre de sources est élevé. Plus il y a d'acteurs, plus la valeur ajoutée de chacun a d'impact et plus le résultat est pertinent. Les voies de l'immatériel apparaissent ainsi comme de véritables démultiplicateurs de l'intelligence collective » in Philip Wade et Didier Falcand, Cyberplanète, Notre vie en temps virtuel, Collection Mutations n° 176, Paris, Edition Autrement, 1998 page 21

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