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le Goncourt des Lycéens 2011 au lycée Jules Verne (Nantes, 44)

mis à jour le 16/09/2011


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Les élèves de première L participent au Goncourt des Lycéens 2011 avec Béatrice Clergeau , leur professeur de Lettres et avec le concours de Claire Daguenet, professeur documentaliste.

mots clés : lecture critique, lecture, prix littéraire, Goncourt


le lancement du Goncourt des lycéens




Mardi 6 septembre 2011 : publication de la sélection. Jeudi 8 : remise des livres aux élèves. Il ne me reste qu'une heure mercredi pour annoncer la participation de la classe au prix. Je pars d'un questionnement sur le mot rentrée pour raviver des connaissances de seconde sur la rentrée littéraire et les prix (objet d'étude Lire,Ecrire,Publier), et notamment sur le prix Goncourt. Que savent-ils de ce prix ? Quel genre récompense-t-il ? Pourquoi ? Puis mes questions se précisent :    Quels avantages présenterait un jury composé de lycéens ? Y verriez-vous des inconvénients ? Cette dernière question n'ayant donné lieu qu'à peu de réponses...j'annonce l'inscription de la classe au Goncourt des lycéens! et laisse les élèves échanger entre eux et partager leurs réactions. Après avoir répondu à leurs questions, je distribue la liste de la sélection pour qu'à partir des titres, les élèves commencent à imaginer leurs lectures
Le lendemain, les 28 élèves de 1ère L sont réunis au C.D.I.. La présentation de chacun des 15 romans leur est faite par Patricia Bittmann, de la F.N.A.C., puis le journaliste qui nous accompagnera se présente et donne déjà quelques conseils pour la rédaction des critiques. Le lancement est  officialisé par la présence de la presse locale : quelques photos et quelques interview, puis les élèves font leur choix que le professeur-documentaliste enregistre.
De retour dans la classe, je propose 2 écritures d'invention  : Retracer leurs premières impressions ou bien imaginer ce que ressent son voisin alors qu'il tient le livre de son choix entre ses mains...
 
 

écritures d'invention

 

Premières impressions



Le jeudi 8 septembre au C.D.I. du lycée, j'angoisse devant la montagne de livres posés sur une table qui semble tanguer sous un poids colossal. Dois-je vraiment lire quinze livres en si peu de temps ? Nous n'avons que deux mois pour lire tous ces romans, composés de centaine de chapitres, de milliers de pages et d'un nombre incalculable de mots. Comment vais-je faire ? J'écoute attentivement la présentation de chaque roman, un par un, ils défilent devant nos yeux, on nous parle de l'auteur, l'intrigue et j'essaye en vain de repérer celui qui m'intéressera le plus. Alors que je me croyais submergée, noyée par la tâche à accomplir, un livre me tire vers la surface, l'auteur, Delphine de Vigan, m'est familier, l'intrigue me paraît intéressante. Je suis désormais rassurée. On nous demande de nous lever pour découvrir les livres qui vont partager et rythmer nos vies pendant près de deux mois. Je me précipite vers la table pour récupérer un exemplaire de « Rien ne s'oppose à la nuit », à mon plus grand bonheur, je réussis à attraper le tout dernier exemplaire que je m'empresse d'aller emprunter. J'emporte mon nouveau roman, le sourire aux lèvres, optimiste à l'idée de commencer cette nouvelle aventure littéraire.
Charlotte

Nous sommes en cours de Français. Notre professeur, nous demande la définition d'un roman, que nous écrivons dans notre cahier. Bizarrement, elle commence à parler du prix Goncourt, puis du prix Goncourt des lycéens dans les détails, s'éloignant ainsi du sujet de départ. C'est alors que celle-ci nous annonce notre participation au prix Goncourt des lycéens. Médusés, nous quittons la salle en imaginant les heures de lecture qui nous attendent...
Le lendemain, nous avons rendez-vous au C.D.l., où une dame, responsable du marketing à la Fnac, (si mes souvenirs sont bons) accompagnée d'un journaliste, nous présente les 15 livres que nous devrons lire dans les 2 prochains mois. Tout en écoutant, je regarde les piles de livres s'étendant sur la table devant moi. Un livre me semble écraser tous les autres, et, en m'attardant dessus, je découvre que sa pile, pourtant de la même taille que sa voisine, n'est composée que de 5 livres. Sa voisine est quand a elle composé de 8 ouvrages... Je m'imagine alors la taille d'une pile de 15 livres comme celui-ci, et je me dis, qu'heureusement ils ne sont pas tous comme celui-ci.
Lorsqu'on nous demande de nous lever afin d'aller choisir un livre, et bien que je compte prendre "Limonov". Le livre d'Emmanuel Carrère, je suis irrésistiblement attiré par ce monstrueux livre.
J'avais précédemment fait l'erreur de compter le nombre de livres à lire par semaine, et ce chiffre était ...deux... Bien sûr il aurait fallu avoir le nombre de pages, et pas le nombre de livres pour avoir un calcul précis. Mais ce résultat me satisfaisait, car j'avais peur d'être effrayé par le nombre de pages à lire en une semaine. lci en prenant un petit livre, je pouvais le finir dans les temps. Je m'approche donc tranquillement de ce livre qui me nargue, en me disant qu'au final je serai obligé de le lire. ll me semble même l'entendre dire : «  tu me liras plus tôt que tu ne le penses ». J'arrive enfin devant lui, et je me mets à sourire... Son titre est écrit en lettres bleues: "Limonov". Toujours avec le sourire, je prends le livre, et je me range dans la file.
Adrien

Le jeudi huit septembre 2011, le départ du prix Goncourt était donné. Quinze livres à lire avant le quatre novembre. Une certaine appréhension était perceptible dans la classe de première littéraire, faisant partie de la cinquantaine de lycées sélectionnés. Des romans aux titres parfois mystérieux -expliqués par la suite- nous laissant imaginer des histoires originales, différentes de celles que nous connaissions, avec les thèmes récurrents de la filiation et de l'Histoire.
L'appréhension laisse alors place à l'excitation. Certains romans promettent en effet de nous faire voyager dans l'espace, en Russie, avec « Limonov », dans le temps, avec « Jayne Mansfield, 1967 », ou encore même dans les souvenirs les plus intimes, avec « Rien ne s'oppose à la nuit ». Dès la fin de la présentation de chaque ouvrage, chaque élève semble avoir sa préférence vis à vis de tel ou tel roman. L'inquiétude de ne pas pouvoir tout lire est présente, mais disparaît rapidement. Désormais, seul le plaisir de moments de lecture riches et variés nous importe, seule la découverte d'auteurs -dont les noms ne nous disaient pas forcément quelque chose- nous semble enrichissante. Le Prix Goncourt des Lycéens était lancé, et nous n'avions plus qu'à nous abreuver de littérature comme les autres classes ayant, comme nous, la chance de participer.
Léna

Il était 11h30. Nous sortions du CDl pour nous rendre en salle de classe.
Pendant cette heure et demie, je réalisais que j'allais devoir m'accrocher pour lire autant de romans en si peu de temps. D'un autre côté, le résultat en vaut la peine. Les romans présentés n'ont pas l'air trop mal. J'ai hésité entre deux ouvrages pour commencer ce cycle de lecture de deux mois. Finalement, j'ai opté pour "Du domaine des murmures" de Carole Martinez. Une chose m'inquiète, je vais devoir le lire pour lundi et même si je lis de manière générale assez vite, j'espère pouvoir le finir à temps.
J'ai quand même hâte d'avoir fini la lecture de tous ces romans pour pouvoir
débattre et défendre mon avis sur certains.
Adèle

De retour dans la classe, j'observe mon voisin qui regarde son livre...



Elle s'avance. Elle cherche une place vide des yeux. Ses mains serrent le livre qu'elle à choisi. Elle s'assoit à mes côtés et pose le livre sur la table. Une tâche blanc sur un océan gris. La consigne de notre professeur est très claire, lire le livre. Mais elle reste là sur sa chaise, le dos droit les pieds joints. Elle fixe le livre avec des yeux pleins d'adoration. Elle a sur le visage le sourire béat d'une
fille secrètement amoureuse... Je me demande si elle ne tombe pas sous le charme de ce pavé de papier. Quand soudain sa main gauche se soulève lentement et va caresser la première de couverture. Le bout de ses doigts retrace le titre du livre:" Limonov". Puis elle ouvre le livre et tourne
religieusement les pages. Lorsque la première phrase, de la première page, du premier chapitre apparaît devant ses yeux, sa main droite encore inactive se met à suivre la ligne accompagnant ainsi ses lèvres qui, dans un murmure, lisent son premier livre.
Manon

Elle scruta la couverture de son livre avec un regard curieux, avide. Ses yeux perçants laissaient couler devant moi un torrent intarissable de pensées, des ombres d'interrogations, qui m'étaient facilement concevable. Elle cherchait la moindre petite chose pouvant discrètement lui donner un indice sur son contenu. Sa stature mobile telle une colonne de marbre n'indiquait aucune progression dans sa chasse silencieuse, mais elle persistait malgré tout à fixer ce mur muet et expressif à la fois, regorgeant de pages trempées de mots, de mots qu'elle ne pouvait attendre de découvrir, s'engouffrer dans ces caractères d'encre noire, et, pour finir,  tomber dans cette rêverie chimère, jusqu'au retour immaculé des feuilles écoulées.
 Elle s'avoua vaincue et ouvrit délicatement son livre, feuilleta ses pages virevoltantes, d'où se dégageait une odeur de  fraîcheur renfermée, propre et vierge. Elle interrompit leur danse au hasard, lut quelques bribes de phrases, puis d'autres encore.
Ses sourcils se détendirent au fur et à mesure tandis que son visage restait impassible, dénué d'émotions, m'empêchant alors d'élucider ses éventuelles appréciations. Était-elle désappointée de ce prologue aléatoire? Ou au contraire était-elle assouvie de son choix? Elle semblait partagée, jusqu'à l'esquisse d'un sourire traversant son visage. Elle ferma l'ouvrage d'un coup sec et arbitraire, afin de réserver sa lecture pour plus tard, dans un endroit paisible lui appartenant.
Puis, ce fut à son tour de m'observer.
Valentine


Elle reste immobile. Les yeux fixés sur lui. « Des vies d'oiseaux », un titre poétique. Pourtant ses traits sont tirés. A quoi peut-elle bien penser ? Elle le manie avec précaution, absorbée par la lecture de la quatrième de couverture.
Un mince sourire apparaît sur son visage, ca y est, ce sera lui, l'histoire lui plaît.
Après un regard furtif sur la couverture, son sourire s'estompe pour laisser place à un regard songeur. La couverture colorée ne lui plaît pas. Ses yeux dans le vague trahissent ses pensées, ses doutes. Est-ce un roman pour moi ?
Convient-il à mes goûts ? Elle se décide à le feuilleter, examine la taille des caractères et débute la lecture de la première page. Son visage s'illumine et lui
fait oublier sa déception de la couverture. Elle le referme délicatement puis s'avance avec entrain pour enregistrer le livre qui va partager ses prochains
mois.
Clémentine

Je suis exaltée par la découverte des différents romans qui vont rythmer ma vie pendant ces deux mois. Malgré le silence imposé par le professeur, il me tarde d'impatience de connaître les impressions de ma voisine, je tourne ma tête dans sa direction. Celle-ci regarde son livre et lâche un soupir : elle semble contente, ou bien serait-ce de la lassitude ? Avec ses doigts fins elle feuillette, tourne et retourne le livre non sans délicatesse. Le livre a pour titre "les souvenirs" serait-elle, elle même plongée dans les siens ? Ses doigts s'arrêtent sur une page. Elle lit, puis ses yeux mélancoliques se remplissent de larmes. Que dois-je faire ? Intervenir et prendre le risque de ne pas trouver les mots ou pire, que cela me retombe dessus ? Je suis indécise. Soudain, la sonnerie de la fin des cours retentit je tourne furtivement la tête et range mes affaires l'air de rien. Ma voisine quand à elle se lève brusquement attrape son sac et disparait. Les souvenirs resteront entre elle et son livre c'est mieux ainsi.
Louise
 
De retour dans la classe après cette première rencontre pour le lancement du Goncourt des lycéens au CDl, j'observe mon voisin entrain de regarder son livre: Stéphane Audeguy, "Rom@". Ses sourcils se froncent, il ne peut s'empêcher de mâcher le bouchon de son stylo. Il ne parait pas très enthousiaste à l'idée de devoir le lire. Il l'ouvre et parcourt les pages en pensant peut-être trouver quelque chose qui l'intéresse, il s'arrête sur l'une d'entre elles et lit quelques lignes pour finalement revenir a la première page. Il lève la tête et me regarde en soupirant, donnant l'impression que cette lecture ne l'enchante pas énormément. Tandis qu'il baisse les yeux, la sonnerie retentit. Il vérifie à quelle page il est rendu pour remettre sa lecture à plus tard et ferme son bouquin d'un geste brusque.
Pauline

 

 le calendrier du Goncourt des lycéens


Lundi et mercredi : 2 séances cette première semaine au C.D.I. Les élèves se sont mis par groupes pour travailler sur un des 4 sujets suivants : revue de presse de la sélection, recherches sur les auteurs, recherches sur le prix, analyse des 1ères et 4èmes de couverture (quels choix éditoriaux font-ils apparaître?). Deux objectifs : réaliser un panneau au CDI pour faire connaître le prix et le travail de la classe de 1ère L d'une part, et s'entraîner à l'oral d'autre part, en présentant sa recherche au reste de la classe.

 La consigne pour la semaine prochaine : donner un avis argumenté sur le/les roman lu(s). Les critiques seront lues en présence du journaliste, qui pourra apporter un autre regard. Le travail de l'argumentation se poursuivra avec  la rédaction d'une lettre de candidature pour participer aux délibérations nationales à Rennes. Seules 14 classes seront sélectionnées, et beaucoup d'élèves sont très motivés pour y participer.

le Goncourt des lycéens et l'E.A.F. 


Préserver/susciter le plaisir de lire, valoriser la Première L souvent perçue assez négativement : à ces préoccupations s'ajoute celle de la bonne préparation des élèves aux épreuves de français et littérature.
Les 15 romans s'inscrivent parfaitement dans le nouvel objet d'étude "Le personnage de roman du XVIIème à nos jours". Deux séquences seront menées jusqu'en novembre, parallèlement au Goncourt des lycéens : un corpus d'extraits de romans du XIXème et du  XXème puis l'étude de Moderato Cantabile de M. Duras . Ainsi, le traitement du personnage aura été analysé dans son évolution : de la construction à la "déconstruction" du héros au milieu du XXème, jusqu'à un aperçu de la littérature du début du XXIème siècle,  sa diversité, la plasticité d'un genre à travers des romans qui empruntent à l'histoire personnelle ou collective.
La première séance s'est construite à partir de l'observation des élèves : certains livres portent la dénomination roman, d'autres pas...Qu'est-ce qu'un roman ? A quelles conditions peut-on identifier le genre ? Les élèves ont également interrogé la notion de personnage romanesque à partir du parti-pris biographique d'Emmanuel Carrère (Limonov) ou de Simon Libérati (Jayne Mansfield 1967), et la dimension autobiographique des récits de  Delphine de Vigan ou d'Ali Magoudi.

Chacun des travaux d'écriture proposés à l'E.A.F. pourra être mené à partir des romans lus : non seulement l'écriture d'invention par laquelle j'ai commencé, mais également le commentaire à partir d'un extrait long d'une oeuvre ainsi que la dissertation avec l'obligation d'illustrer sa réflexion à partir de la sélection. Assez rapidement, je compte travailler sur la lecture à voix haute (souvent si décevante le jour de l'oral) en demandant au début de chaque séance à un élève de préparer l'oralisation d'un extrait qu'il a aimé.

En accompagnement personnalisé, les révisions méthodologiques, comme la révision des registres littéraires, prennent appui sur des extraits : lyrisme et fantastique dans Rom@ par exemple qui permettent de revenir sur la lecture personnelle des élèves.

le Goncourt des lycéens et les réécritures 


Cet objet d'étude du cours de littérature permet d'interroger la création romanesque : lire la dernière page de Rom@ comme l'abandon par un père de ses jumeaux nouveaux-nés, ou le lire comme la réécriture de la fondation de Rome donne un autre sens à l'excipit.
Sans doute les élèves mettront-ils à profit cette réflexion quand ils prépareront leurs questions aux écrivains qu'ils vont rencontrer.
 
auteur(s) :

béatrice clergeau

information(s) pédagogique(s)

niveau : 1ère L

type pédagogique : démarche pédagogique

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe, espace documentaire

référence aux programmes :

ressource(s) principale(s)

GDL08.gif participer au Goncourt des Lycéens 20/11/2017
Chaque année, des classes de lycéens participent au Goncourt des Lycéens en relation avec les magasins FNAC de proximité (Angers, La Roche S/Yon, Le Mans, Nantes).
lecture, jury littéraire, lecture critique, prix littéraire
GDL08.gif participer au Goncourt des Lycéens 16/09/2021
Chaque année, des classes de lycéens participent au Goncourt des Lycéens en relation avec les magasins FNAC de proximité.
lecture, jury littéraire, lecture critique, prix littéraire

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