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le Goncourt des Lycéens au lycée Colbert de Torcy, Sablé (72)

mis à jour le 22/11/2011


vignette Goncourt

Les élèves se font critiques littéraires : une classe de 1ère L  participe au Goncourt des lycéens 2011 avec leur professeur de Lettres classiques, Marion Esneault et le professeur documentaliste Aurelia Guyon.

mots clés : lecture critique, lecture, prix littéraire, Goncourt


des élèves enthousiastes

Le lancement officiel a été effectué vendredi 9 septembre en présence de la FNAC et de la Presse. Les élèves sont enthousiastes, ils réalisent un carnet de lecture pour rendre compte de leur expérience. Ils ont également rédigé des critiques.


photo Goncourt
 
Le Système Victoria : un système à la fois financier et amoureux

Adeline B. :

Ce qui, personnellement, m'a beaucoup plu dans ce livre c'est le lien entre David et Victoria. Ils n'ont pas les mêmes points de vue en termes de politique et de caractère .Victoria travaille en tant que DRH et gagne plus de 300000 euros par an (!) contrairement à David qui, lui, travaille comme chef de chantier pour la tour Uranus, ce qui est très différent d'un point de vue social. Victoria garde tout au long du roman une part de mystère, elle ne se dévoile pas comme facilement, sur un coup de tête. David lui aimerait tout savoir sur elle ! Mais Victoria ne se laisse pas faire et se révèle petit à petit à David. Elle aime se faire désirer, c'est pour elle un jeu de séduction intense et elle aime partager des moments intimes avec David. De plus, Victoria rejette l'image de la femme soumise, c'est donc une femme de Pouvoir !

Dans un certain sens, Je trouve étonnant de s'envoyer des messages électroniques toute la journée pour raconter ce qu'ils ont fait de leur journée....et je reste aussi dubitative au sujet de leurs plus profonds fantasmes et, cela, sur leur lieu de travail ! Leur liaisons  est - trop ?- fusionnelle ! J'ai également trouvé que leurs fantasmes étaient un peu perturbants sans être véritablement  choquants pour autant : il faut se dire aussi que cela existe!

En fait, il y a un passage dans ce livre qui m'a particulièrement touchée : Sylvie, la femme de David, entretient  une relation « électrique » avec ses parents (pendant son adolescence) ; le père, militaire, n'arrangea pas ces relations car le père de Sylvie n'aime pas David, il le rejette et trouve toujours quelque chose à lui reprocher alors qu'il devrait être content pour sa fille ! Je trouve ce rapport familial  trop étouffant. D'ailleurs par la suite cela ne s'est pas arrangé.....Sylvie va tomber dans le coma.

 Dans cette histoire, David s'est engouffré dans  un système complexe, déroutant, insurmontable : le Système Victoria ! Il ne s'en rend pas compte au début mais vers la fin du livre il lui avoue qu'il s'est laissé prendre  dans son système, un système à la fois financier et amoureux.

à cause des parties politiques et d'un  vocabulaire parfois soutenu pour un « jeune lecteur ». Donc ce livre nécessite de faire des recherches de son côté afin de mieux comprendre le contexte du récit.
Mises à part ces difficultés ponctuelles, ce livre m'a plu et intéressée. Aux amateurs et  aux curieux à propos de  l'histoire de la Russie, je conseille vivement la lecture de ce livre.



 
Rien ne s'oppose à la nuit : une magnifique et désastreuse histoire vraie d'une famille étonnante

Léna :

Tout d'abord, l'histoire de cette famille se passe dans un petit appartement dans Paris où les parents et leurs sept enfants, dans un premier temps, s'entassent ; ils emménagent par la suite dans une maison à Versailles pour « contenir » tous les enfants. Puis, nous suivons exclusivement, ou presque, Lucile, la mère de la romancière. L'histoire commence dans les années 50 et s'arrête  à la mort de Lucile, au début des années 2000.
Dans un premier temps, le roman est d'une simplicité agréable, écrit pourtant dans un registre de langue plus ou moins soutenu. Les personnages sont nombreux mais clairement identifiables grâce aux descriptions précises et « légères ». Etant presque composé comme un recueil de souvenirs, la composition chronologique  du récit est limpide, nous donnant quasiment l'impression de vivre ce qu'elle a vécu, d'être dans sa mémoire.
L'auteur a mis un point d'honneur, elle le précise, à respecter la vérité, la vraisemblance de l'histoire est donc parfaite. Le récit fait voyager réellement dans la vie des personnages.
Ces personnages ne m'ont pas fascinée mais marquée par leur spontanéité, la plupart étant des enfants ; une certaine tendresse s'installe entre eux et le lecteur.
Le roman portant sur le thème vaste de la famille de l'auteur et, plus précisément, sur sa mère, on peut s'identifier aux personnages de l'histoire, on veut connaître la suite. Le genre, récit de vie, est bien exploité et très touchant dans cette œuvre.
Entretenant des moments de suspense, de tension, il est vrai que le récit tient parfois en haleine mais sans trop en faire, ce qui est attache le lecteur à ce récit. Celui-ci est, en effet, remarquablement bien construit au niveau du dévoilement des informations, dévoilement qui se fait extrêmement progressivement et, pourtant, de façon étonnante, dans un rythme toujours soutenu.
On peut remarquer dans cette œuvre des valeurs très attachantes, à savoir celles de la famille, de l'amour, de la solidarité, du respect de l'autre mais aussi le thème bouleversant de la perte d'un être cher.
Pour finir, le plus intéressant dans ce livre, me semble-t-il, c'est que l'auteur s'est placée autant d'un point de vue interne - lorsqu'elle parle de sa propre enfance - que d'un point de vue plus externe lorsqu'elle parle de sa famille et du temps où elle n'était pas née ; en fait, elle donne une réelle illusion  d'un point de vue omniscient, ayant recueilli tous ou presque tous les témoignages des membres de sa famille. Les registres tragique, lyrique et pathétique se retrouvent avec la fatalité du destin mortel de Lucile. Le personnage principal, les souvenirs nostalgiques composent l'ensemble du livre qui est écrit tantôt à la première personne tantôt à la troisième personne ; le pathétique se ressent avec les évènements tristes, la souffrance et la mort.
Le lecteur de Delphine de Vigan est donc plongé dans une magnifique et désastreuse histoire vraie d'une famille étonnante ; de ce fait, ce lecteur éprouve une vraie passion pour ce récit de vie, un attachement irrépressible pour chacune des personnes et pour son auteur.


 
 
Limonov, un héros ou un être particulièrement odieux ?

Adeline F. :
 
Ce livre est particulièrement difficile à comprendre au début mais le vocabulaire utilisé n'est pas complexe, il est riche et varié. En revanche, , il y a beaucoup d'interventions de personnages secondaires qui interviennent tout au long de l'histoire avec des noms très compliqués à prononcer , comme Soljenitsyne ( page 240 ) , ou comme Khodorkovski ( page 466 ) . D'autre part, il ya une autre histoire en parallèle, car si Carrère raconte principalement la vie de Limonov, par moments, il rajoute des éléments de sa vie personnelle à lui. Certes, Le réalisme de ce livre est choquant, car certaines scènes ne paraissent pas réelles, notamment, à la page 166-167, lors d'une scène de sexe entre Limonov et un homme au parc, «  Chris crache sur sa bite et la lui met. Bien qu'elle soit plus grosse que la bougie, son entraînement lui sert ; ça ne lui fait pas trop mal. Quand Chris jouit, ils s'abattent tous les deux dans le sable et s'endorment ainsi ». Mais de cette manière Carrère retranscrit les paroles de Limonov telles qu'elles sortent de la bouche de celui-ci. En fait, Édouard est un personnage fascinant car on ne sait pas quel jugement porter sur lui. Il peut être un être effroyable, odieux, et, par moments, on s'identifie à lui lors de sa douleur, sa tristesse ;  c'est pour cela que nous ne savons pas comment vraiment cerner ce personnage, c'est au lecteur de choisir si il l'apprécie ou au contraire s'il le déteste.
Pour ma part j'ai tranché, Limonov est un homme qui malgré toutes ses erreurs est fascinant, j'ai appris à le découvrir, à suivre son parcours semé d'embûches, je l'ai trouvé attachant et sa vie m'a touchée. Le thème de l'union soviétique est à la hauteur du personnage, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un pays complètement perdu, sans aucune liberté et baigné dans une atmosphère qui semble odieuse. Mais c'est justement grâce à cela que l'histoire est passionnante et touchante. Ce livre présente une grande valeur morale, car il fait réfléchir le lecteur sur sa vie, son regard face à l'Union soviétique qui évolue au cours de la lecture. La couverture du livre est à la hauteur du livre, «  pauvre » comme l'URSS, vide comme le personnage et neutre pour le point de vue du lecteur face à Limonov. Héros? Antihéros ? Je dirais plutôt que c'est un héros qui a subi des choses abominables.

Limonov : un dur à cuir avec un style rock

Julie :
 
   Limonov est un livre réaliste qui retrace la vie d'Edouard Savenko, en neuf parties réparties sur environ cinq cents pages. « Limonov », nom qui n'est autre que son pseudonyme, est une personne aventureuse, militant russe qui a la particularité d'avoir vécu la chute de l'URSS ; il  est né d'un officier du KGB, il grandit dans une cité de Kharkov et rêve de devenir bandit mais choisit de devenir poète dans l'underground moscovite. Il part, plus tard, à New York en compagnie de sa femme et côtoie, au départ, le milieu de la jet-set mais finit clochard avec le rêve d'une grande révolution anarchiste. Ensuite dans les années 80 il part à Paris, participe à des salons littéraires parisiens et connaît un début de succès littéraire avec Le poète russe préfère les grands nègres. Enfin il finit par décider de retourner en Russie et d'y rester pour militer contre la nouvelle Russie.
Certains passages du récit peuvent nous paraître crus mais E. Carrère ne fait que rapporter mot pour mot les paroles dites par Limonov lui-même : il est comme cela, c'est un dur à cuir avec un style rock ; il est décrit comme étant une personne physiquement impressionnante qui prend soin de son corps. Soit on l'aime soit on ne l'aime pas car il est mégalomane et cynique mais, en revanche, on peut être respectueux face à son courage et à sa parole - ce qui est mon cas.
 Dans le livre on ne manque pas de voyager, d'apprendre ou bien de comprendre un peu plus  de choses sur l'histoire de la Russie. Cependant, il est possible d'avoir des difficultés pour comprendre le début du livre, à entrer dans l'histoire
Rien ne s'oppose à la nuit : un chef d'œuvre à dévorer, sans modération !

Amélie :

Une enquête poignante qui nous plonge au cœur de souvenirs familiaux les plus lumineux comme les plus sombres. Un hommage tout aussi passionnant qu'émouvant qui fait ressortir la sensibilité de chacun...
Tout d'abord, la lecture de ce livre est favorisée par sa première page de couverture particulièrement accrocheuse. Il y est représenté une photographie du portrait de Lucile, lors d'un repas de famille. Cette photographie en noir et blanc donne une image précise de Lucile, avec son demi-sourire triste et son regard, égaré, serte, mais léger. C'est une image très significative sur sa personnalité, tout comme son titre : « Rien ne s'oppose à la nuit », phrase tiré de la chanson « Osez Joséphine » d'Alain Baschung. Une phrase très poignante faisant référence à l'impossibilité d'empêcher une personne de sombrer. Non seulement la première de couverture est attirante, mais en plus c'est un livre accessible à tous. Il se lit et se comprend aisément grâce à ses paragraphes « aérés », en outre, Delphine nous a simplifié la lecture en respectant la chronologie de son analepse et par le dévoilement progressif des informations qu'elle nous impose à un rythme soutenu.
Ensuite, j'ai beaucoup aimé la structure choisie par la romancière. L'alternance des chapitres sur la vie de sa mère et les passages dans lesquels elle nous fait part de son ressenti. Elle s'interroge souvent sur les conséquences de ses révélations : « Ai-je le droit d'écrire que Georges a été un père nocif, destructeur et humiliant, qu'il a hissé ses enfants aux nues, les a encouragés, encensés, adulés et, dans le même temps, les a anéantis? Ai-je le droit de dire que son exigence à l'égard de ses fils n'avait d'égal que son intolérance, et qu'il entretenait avec certaines de ses filles des relations au minimum ambiguës? » Toutefois, elle ajoutera : « La peur suffit-elle à se taire? ». On remarquera aussi que pour Delphine de Vigan ce n'est pas un simple roman, elle s'en sert en quelque sorte pour « réparer » ses faiblesses, se soulager : « L'écriture me met à nu, détruit une à une mes barrières de protection, refait en silence mon propre périmètre de sécurité. ».
De plus, elle cite quelques auteurs dont elle fait allusion dans son récit, ces arguments d'autorité sont présents tout au long du roman.
Non seulement, se sentiment d'être mis dans la confidence nous rapproche du narrateur homodiégétique, mais encore, les personnages fascinants nous sensibilisent. Le récit en lui même contient de nombreuses tensions émotionnelles où l'on peut facilement s'identifier car, même si nous n'avons pas tous connu ces nombreux drames, nous avons au moins déjà ressenti le sentiment de perdre une personne qui nous est chère. Cela nous touche au plus profond de nous et les cent dernières pages ne peuvent que nous émouvoir. Nous nous identifions rapidement à Delphine et nous remémorons des drames familiaux auxquels nous sommes encore particulièrement sensibles.

Ce livre comporte aussi un fort caractère moral, une solidarité établie entre Delphine de Vigan et sa sœur, Manon. Relation qu'elle n'entretient pas avec sa mère qu'elle n'appellera que rarement « maman » et pour laquelle elle utilisera majoritairement la troisième personne.
Enfin et surtout, il est important d'être attiré par le thème d'un livre pour l'apprécier. Celui-ci intègre l'ambigüité de l'amour parental, la mort de proches mais aussi la maladie mentale. Un roman à tiroirs qui ne peut qu'attirer par son genre de récit de vie. Un chef d'œuvre à dévorer, sans modération !
 
auteur(s) :

béatrice clergeau

information(s) pédagogique(s)

niveau : 1ère

type pédagogique :

public visé : non précisé

contexte d'usage :

référence aux programmes :

ressource(s) principale(s)

GDL08.gif participer au Goncourt des Lycéens 20/11/2017
Chaque année, des classes de lycéens participent au Goncourt des Lycéens en relation avec les magasins FNAC de proximité (Angers, La Roche S/Yon, Le Mans, Nantes).
lecture, jury littéraire, lecture critique, prix littéraire
GDL08.gif participer au Goncourt des Lycéens 16/09/2021
Chaque année, des classes de lycéens participent au Goncourt des Lycéens en relation avec les magasins FNAC de proximité.
lecture, jury littéraire, lecture critique, prix littéraire

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