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rencontres Goncourt 2008 à Nantes

mis à jour le 23/10/2008


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Le 16 octobre 2008, des jeunes des lycées Joachim du Bellay (Angers), Gabriel Touchard (Le Mans) et La Colinière (Nantes) ont rencontré des écrivains goncourables au cinéma le Gaumont de Nantes, à l'initiative de la FNAC, partenaire de l'opération. Voici quelles furent les questions posées par les jeunes du Lycée Touchard et les réponses apportées par les auteurs...

mots clés : Goncourt, prix littéraire, jury littéraire, lecture critique, lecture


Patrice Pluyette


D'où vient le titre du livre ?

J'avais fait un dessin, avant le roman, qui portait ce titre : la traversée du Mozambique par temps calme. Ensuite j'ai voulu écrire un livre qui s'appellerait comme ça, d'où l'idée du roman d'aventure. D'ailleurs beaucoup de romans d'aventure (Jules Verne, Edgar Poe) ont nourri le livre car, seule, l'imagination n'y aurait pas suffi. Il y a donc un hommage et des références au roman d'aventure mais ce livre est « décalé ». Ecrire, c'est sérieux mais c'est aussi fou. Ensuite, la limite, c'est l'intelligbilité du roman, il faut un équilibre.

Pourquoi les héros partent-ils à la recherche d'un trésor ?

C'est un clin d'oeil, un hommage à Jamin, parti à la recherche de Païpiti. Ca a été un déclic. De plus, la recherche du trésor permet beaucoup de métaphores

Pourquoi la quête tourne-t-elle en rond ?

C'est le reflet de l'ironie et de l'absurdité de la vie. Les personnages sont des petits rigolos qui courent partout, en vain. La morale c'est de dire : revenons aux choses simples, regardons les arbres pousser !

Pourquoi le roman est-il si intemporel ?

Cela permet de laisser de la liberté au lecteur. Cela offre de l'universalité. Le livre pose aussi la question : qu'est-ce qu'une histoire, qu'est-ce que la littérature, qu'est-ce que raconter une histoire ?
 

Valentine Goby


L'auteur présente son roman dans ces termes :
Le corps est au centre du roman. Il y a le corps des individus (Marie, Lucie, Henri), le corps social aussi. Les personnages nous parlent  de ce corps qui nous est donné à la naissance et qu'on ne choisit pas, du corps rêvé, enfin du corps réel, du corps adulte.

Quel est le lien entre votre roman et le film « Une affaire de femme » de Claude Chabrol (qui raconte la vie de Marie, « faiseuse d'ange »,  guillotinée pendant l'Occupation) ?

Le seul point commun réside dans le fait divers de cette femme avorteuse qui finit guillontinée. Sinon le roman se veut avant tout un livre sur la liberté d'être soi. D'ailleurs je n'ai pas vu le film avant que mon livre ne soit publié.

Pourquoi avoir fait le choix d'un récit sur 24 heures ?

Cela donne une intensité et une grande tension à l'histoire mais cette journée n'empêche pas les retours en arrière dans l'enfance des personnages. C'est donc une fausse unité de temps.

Les douleurs psychiques et physiques des personnages sont-elles liées ?

Oui, ces deux douleurs ne sont que l'expression d'une souffrance liée à la mère pour les trois personnages : pour Lucie, la relation trop fusionnelle de la mère étouffe sa fille (Lucie « avorte » de sa mère en quelque sorte). Pour Henri et Marie, c'est l'absence d'amour de la mère, la non-reconnaissance maternelle qui sont à l'origine d'une grande souffrance.

Chaque personnage du roman tue : comment jugez-vous vos personnages ?

 Je ne peux pas écrire sur des personnages que je n'aime pas. J'ai beaucoup de tendresse pour mes personnages . Ils sont comme des « frères ».

Ce livre est-il un plaidoyer contre la peine de mort ?

Non, pas plus qu'il n'est un plaidoyer pour ou contre l'avortement. Je n'évalue pas des actes, je parle d'êtres humains.

Peut-on qualifier le livre de féministe ?

Et non ! C'est avant tout un livre humaniste, un livre de combat pour la liberté d'être soi.

Quel rapport entretenez-vous avec votre propre corps ?

 Je pense qu'on écrit sur des choses qui nous mangent le ventre. Je n'aurais pu écrire ce livre si je n'avais pas eu ma fille.

Salim Bachi


Mahomet est-il un sujet dangereux ?

Oui, mais on ne m'a pas déconseillé d'écrire. Je voulais écrire un livre sur un Islam apaisé d'où l'idée de revenir aux origines. Je souhaite rétablir l'image de Mahomet, montrer les multiples facettes de ce personnage que les différents narrateurs ne peuvent appréhender en entier. Je voulais aussi prendre mon temps contrairement à mon précédent livre « Tuez-les tous » rédigé en trois semaines.

Sur quels documents vous êtes-vous basé pour écrire ?

J'ai lu des biographies de Mahomet, le Coran ainsi que des chroniques rédigées par ses contemporains.

Faut-il croire ce que vous écrivez sur Mahomet ?

Un roman  est réussi quand on croit à l'histoire mais le lecteur doit préserver une dose d'esprit critique qui lui permette de s'amuser avec le livre.

Les différents points de vue ont-ils aidé l'écriture du roman ?

Oui, j'ai beaucoup aimé écrire chaque voix, surtout celle d'Aïcha, la dernière épouse. Avec la première épouse,c'est un Mahomet prophétique et mystique qui apparaît. Elle meurt avant qu'il ne devienne un homme politique ainsi qu'un mari polygame.
Adopter différents points de vue permet aussi de ne pas ennuyer le lecteur.

Pourquoi avoir choisi le sujet de l'Islam ?

Le sujet n'est pas l'Islam mais Mahomet.

A qui s'adresse le livre ?

Il veut s'adresser à tous : musulmans et non musulmans, croyants et athées, sans distinction aucune.

Votre vision de Mahomet a-t-elle changé avec ce roman ?

J'espère que votre regard sur Mahomet a changé. En ce qui me concerne, ma vision de Mahomet avait changé avant l'écriture de ce livre. Par ailleurs, mon objectif n'est pas de prendre parti. En revanche, j'ai appris des choses sur Mahomet, sur la complexité du personnage. Ensuite, par le biais de la fiction, j'ai souhaité transmettre cela, y compris ce qui n'est pas dit entre l'homme légendaire et l'homme réel.

Quelles ont été les réactions à la sortie du livre ?

Je dirais que le débat n'a pas encore commencé.
 

Catherine Cusset


« Ecrire, c'est aussi ne pas parler... » Marguerite Duras, citée par Catherine Cusset

A 23 ans, Catherine Cusset part, comme lectrice, aux Etats-Unis sans savoir parler un mot d'anglais. Depuis, elle y est restée, s'est mariée avec un Américain. Elle revient chaque année passer les vacances d'été en Bretagne. En ce moment, à l'occasion de la parution d' « Un brillant avenir », elle est revenue vivre à Paris.
L'histoire d'Elena est basée sur des faits réels entendus aux Etats-Unis.  L'auteur a d'abord écrit en anglais avant d'écrire (et non de traduire) en français.

Quel effet recherchez-vous en alternant les points de vue et les époques ?

Il y a deux histoires dans ce roman : la vie d'Elena dans la Roumanie communiste, sa rencontre avec Jacob, l'exil en Israël puis aux Etats-Unis. Et puis il y a Marie, la belle-fille, qui met en péril le « brillant avenir » qu'Elena avait construit pour son fils unique. Il était essentiel d'alterner ces deux histoires, de les entrelacer pour mettre en évidence le rapport entre le passé et le présent, les relations complexes entre Elena et Marie.

Pourquoi avoir choisi une Française pour le personnage de Marie ?

Marie est représentative des Français, de l'image que l'on se fait des Français à l'étranger. Elle croit tout savoir.

Le sujet de l'immigration vous touche-t-il ?

Les Etats-Unis sont un pays d'immigration et, bien que je  ne me sente pas une immigrée, j' ai voulu comprendre  la rupture que représente le départ. En même temps, il me semble que l'on ne peut rompre totalement avec son passé. Ceux qui partent sont tôt ou tard rattrapés par leur passé.

Pourquoi Elena pleure-t-elle à la fin du roman ?

J'ai longtemps hésité sur la fin à donner au livre. J'ai pensé terminer l'histoire en 1975 avec l'arrivée aux Etats-Unis. Finalement, les dernières pages se déroulent le jour anniversaire de la mort de Jacob. Elena attend un coup de téléphone de son fils, qui ne vient pas. Finalement, c'est Marie qui appelle Elena pour l'inviter à dîner. Les pleurs sont le signe qu'Elena lâche enfin prise alors qu'elle a toujours voulu tout contrôler. C'est le signe de l'apaisement.

Karin Tuil


De quoi partez-vous pour écrire ?

Ecrire est difficile. On est seul. On a une vision idéalisée de l'écrivain.

L'écriture est-elle un moyen de dominer votre vie ?

Non, quand on écrit on ne domine rien, on ne maîtrise rien. Ecrire, c'est gratter les plaies. Je suis plus audacieuse dans l'écriture que dans la vie réelle.

Le livre est-il une dénonciation du machisme des éditeurs ?

Globalement non mais c'est quand même dur d'être une femme en littérature car on a tendance à vous cantonner dans un rôle, un genre.

Quelle a été la réaction de votre entourage à la sortie du livre ?

Mes parents ont très bien réagi. Ils m'ont toujours encouragé dans la lecture et l'écriture. Enfant, je n'avais pas le droit de regarder énormément la télévision, par contre je n'ai jamais eu aucune censure par rapport aux livres que je lisais. J'ai donc compris très tôt le pouvoir transgressif de l'écriture. Mon père est une sorte de Woody Allen, très drôle dans la vie. Il a beaucoup ri en lisant le livre.

Votre éditeur ressemble-t-il à celui du livre ?

Non, il est mince, jeune et beau ! J'ai plutôt pensé à Jack Nicholson en écrivant ce personnage.


Pourquoi avoir choisi le prénom d'Adam ?

Adam est le fils rêvé que le père n'a jamais eu. Il y a là une part autobiographique : dans ma famille, originaire d'Afrique du Nord, le garçon est survalorisé. Quand je suis née, mon père n'est même pas venue me voir à la clinique...
 
auteur(s) :

Anne Foucault

information(s) pédagogique(s)

niveau : Lycée tous niveaux, Lycée professionnel tous niveaux

type pédagogique :

public visé : enseignant, élève

contexte d'usage : sortie pédagogique

référence aux programmes :

ressource(s) principale(s)

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Chaque année, des classes de lycéens participent au Goncourt des Lycéens en relation avec les magasins FNAC de proximité (Angers, La Roche S/Yon, Le Mans, Nantes).
lecture, jury littéraire, lecture critique, prix littéraire
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