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radio Nameless, quand chacun progresse...

web radio de la classe de 1ère Bac pro Commerce du LPO des Bourdonnières de Nantes

vignette webradio nameless

Sur le portail e-lyco du Lycée Polyvalent des Bourdonnières de Nantes, la web radio de la classe de Première Baccalauréat Professionnel Commerce affiche dans son blog sept émissions. Encadrés par Xavier Couilleau, PLP Lettres-Histoire, et Jacques Rouzineau, PLP Lettres-Anglais, les élèves assurent l’élaboration et  l’enregistrement de leur « Radio Nameless ». Rencontres avec ces néo-journalistes.


A. ENTRE PROMESSES ET STRESS

 

Dans le cadre du Plan d’Actions Educatives de la région Pays de La Loire, Mr Couilleau propose aux élèves de Première Bac Pro Commerce de créer une Web radio au sein du lycée. Cette activité radiophonique n’est pas une découverte pour lui puisqu’il a déjà participé, il y a quelques années, à un stage de formation radiophonique avec le CLEMI. Son projet repose sur une émission hebdomadaire, conçue durant deux heures banalisées par semaine et enregistrée dans un studio au lycée. Elle est diffusée à la fois dans l’établissement par des haut-parleurs et mise en libre écoute sur le site e-lyco. Elle attire déjà une centaine d’auditeurs.
 
Le lancement de la radio est conditionné par l’achat du matériel : une table de mixage, un ampli casque, deux à quatre micros unidirectionnels, les pieds micros et des anti-pop. Mr Couilleau forme les élèves à la technique ainsi qu'au logiciel Audacity utilisé pour le montage. La plupart des élèves sont enthousiastes pour ce projet qui leur permettrait de travailler autrement, d’aller à la rencontre des gens et de concevoir « quelque chose de bien ». Perçues comme un espace d’échanges, les deux heures radio sont alors pleines de promesses et les discussions y sont vives, comme pour choisir le nom de la radio :      
« Namless Radio, c’est parce qu’on ne savait pas quoi choisir..., enfin, plutôt parce qu’on avait déjà plein de propositions ».
 
La web radio commence en octobre 2014. Les élèves se lancent rapidement dans le choix de sujets qui leur plaisent. Mais il y a peu d’organisation en ce début d’année : élaboration superficielle et canevas de l’émission mal défini ; les questions des interviews sont fermées et l’enregistrement de billets peu ou mal préparé. Les élèves néophytes ont donc élaboré ces premières émissions à tâtons. Mais, peu à peu, une organisation s’impose : la classe se répartit en deux groupes dirigés par un rédacteur en chef et dans lesquels des binômes se constituent. Cette répartition bipartite laisse aux élèves quinze jours pour concevoir leur émission puisqu’une rotation s’établit entre les deux groupes : l’équipe 1 enregistre au studio pendant que celle du groupe 2 élabore et rédige en classe.
 
Les élèves choisissent leurs sujets et en discutent par rapport à une organisation plus générale comme l’illustre le sommaire du 1er décembre. Des rubriques récurrentes deviennent structurantes : « Que sont-ils devenus ? », « Le coup de gueule de Manon », « Le plat de la semaine »…Ces réalisations éclectiques s’ancrent dans les préoccupations liées au lycée (échange d’une classe avec l’opéra de Nantes, Portes ouvertes de l’établissement…), sociales (« Jeunes et addictions », « La mode »…), voire sociétales (émission spéciale consacrée aux attentats de janvier 2015).
La construction de l’information, objet d’étude des classes de Seconde Bac Pro, est réactivée, réinvestie : l'enseignement du français fait sens. Chacun se sent responsable de ses documents, depuis la recherche et l’identification des sources jusqu’au choix et l’utilisation de l’information (que dire, comment le dire, comment respecter les propos d’un intervenant…). Une émission est d’ailleurs consacrée au métier de journaliste.  

 

B. DIRE, ECRIRE, LIRE

Il paraît tout d’abord facile aux élèves de « bien parler dans le micro ». Ces futurs commerciaux sont à l’aise à l’oral, pensent maîtriser ses codes et imaginent pouvoir, sans préparation, discourir sur des sujets qu’ils ont choisis et qui leur plaisent. Les premières émissions radio leur démontrent le contraire : hésitations, répétitions, bégaiement, « blanc », manque de rythme et de profondeur…
 
Intervenir à la radio ne va pas de soi et nécessite un travail en amont, notamment un travail de recherches et d’écriture. Ainsi, Helder, passionné de moto, en a fait son sujet. Il a d’abord collecté des informations. Utiliser Internet, lire des articles puis choisir de manière critique les renseignements à garder constituent la première étape de l’activité radiographique. Il faut ensuite préparer l’article. Helder l’a intitulé KTM Freerider, a synthétisé ses informations et les a organisées dans plusieurs paragraphes logiques. Enfin, dernière étape avant l’enregistrement, la préparation orale, « sinon, on voit que je lis et ça s’entend à la radio ». L’élève dit donc son texte à voix basse, pour lui, en y mettant du rythme et des intonations. « Au studio, c’est plus rassurant : même si on bégaie ou qu'on se trompe, on peut couper ou recommencer. C’est plus facile qu’en classe ou devant les adultes ». En trois ou quatre heures, cet élève a travaillé en autonomie, à son rythme, épaulé par un professeur et des camarades de classe. Il a donc élaboré une chronique construite et informée, réfléchissant sur une progression et une articulation ; autant de compétences fondamentales pour formaliser un propos personnel.
 
 
L’échange est le leitmotiv de l’activité radiophonique. En effet, les élèves travaillent en binômes la plupart du temps pour rédiger leur rubrique. Ainsi, Ismaël et Fabien, chroniqueurs du « Plat du jour » mettent en scène un dialogue humoristique et informatif qu’ils ont rédigé ensemble. « On préfère d’abord écrire pour être prêt pour la radio ». Ecriture collaborative, mise en voix, cet échange est fructueux et stimulant pour Fabien. Timide, il se dit en confiance avec Ismaël et affirme qu’au fil du temps, il s’améliore, tant dans l’écriture que dans la lecture. La coopération, c’est aussi le travail de la rédactrice en chef du groupe. Chloé assume cette tâche pour le groupe 1. « Mon rôle, c’est d’organiser l’émission. Je planifie les chroniques sur le conducteur et je les valide quand elles ont été enregistrées. Je réalise aussi le filage ». Elle rédige ainsi le texte qui va animer l’émission, ce fil logique qui va lier et lancer toutes les chroniques. « Ce n’est pas difficile à faire, j’ai une trame et j’écris mes commentaires progressivement en prévoyant les coupes qui seront faîtes au montage ». Un rituel de travail s’est donc instauré pendant ces heures radio où chacun a trouvé sa place, son rythme et son plaisir. 

 
Les interviews demeurent un des moments forts d’une émission de radio. C’est un exercice que Kévin apprécie. « Au début, je pensais que c’était facile de poser des questions, mais je vois bien que je me suis amélioré parce que maintenant, je rédige mes questions avant, comme avec Marie-Laure » (Mme Augry, médiatrice des rédactions de France 3 interviewée le 19 février sur le métier de journaliste). Depuis ses questions fermées des premières émissions jusqu'à la tenue d’un véritable entretien, les progrès de Kévin sont remarquables. La pratique concrète, le direct, notamment lors des Portes Ouvertes lui « ont mis la pression » et l’on conduit à s’interroger sur le contenu d’une bonne interview et sur les manières d’y parvenir. « Quand on a une personne bavarde à questionner, c’est facile de rebondir. Sinon, je fais une phrase affirmative dans ma tête et la reformule en interrogation pour l’interviewé ». Comme Chloé, il a acquis des automatismes et assure qu’il apprend davantage depuis qu’il travaille dans l’atelier radio.
 
 

C. S’ENRICHIR

Plaisir et motivation sont les moteurs de cette activité radiophonique qui offrent de nombreuses situations d’apprentissage, à l’écrit comme à l’oral. L’envie de bien faire, de bien dire créent des besoins et des questionnements auxquels les élèves répondent par eux-mêmes ou avec l’aide des enseignants. Ils tentent, inventent, rédigent, lisent, se trompent, recommencent. En somme, ils apprennent de manière indépendante en organisant le contenu et l’enregistrement de leur émission, même si, à ce stade de l’année, Mr Couilleau finalise l’essentiel du montage. 
 
Lieu d’échange au sein de la classe et au dehors, relais des événements du lycée, la web radio émancipe ces élèves de Première et pourait devenir pour certains un tremplin vers une expérience professionnelle, tels Chloé et Kévin, qui vont suivre durant une semaine des journalistes dans les studios parisiens. Francetvinfo a réalisé un reportage sur leur séjour à Paris. Nul doute que cette formation sera au sommaire d’une émission de Radio Nameless.

 

 Capacités visées par le programme de la classe de Première Baccalauréat Professionnel : 

- Exprimer à l’oral ses convictions, son engagement, son désaccord.
- Prendre en compte le point de vue de l’autre, le reformuler objectivement.
- Traiter et analyser l’information : repérage, sélection, reformulation, hiérarchisation, analyse de valeur.

 
 

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