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L'éducation à la défense

mis à jour le 25/08/2009


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Un colloque organisé sous le patronage conjoint des Ministères de la Défense et de l'Education nationale, et animé pour l'essentiel par des intervenants émanant des deux administrations. Son caractère, son existence même, hier impossibles  et aujourd'hui appréciés par les militaires comme d'enseignants, furent maintes fois évoqués.

mots clés : éducation, défense, trinôme, citoyenneté


La réunion occupa toute une journée, et s'articula autour de trois tables rondes et un débat. Les thèmes proposés étaient respectivement : «  Que défendre aujourd'hui et demain », « La défense ça s'apprend », « Acteurs et espaces d'éducation à la défense » et « Quels enjeux pour demain ? ». Les prises de parole successives ont souvent chevauché ces axes d'étude. Le résumé présent propose, avec une certaine distance, de les reprendre suivant trois entrées : l'éducation à la défense, la Défense dans l'Education, l'Education dans la Défense.
 

I - L'éducation à la défense

 
A - Elle est urgente, il faut l'activer. Le colloque proposait de dresser un état des lieux et d'en tirer des perspectives avec détermination. En ce sens, il s'agissait de souligner l'intérêt de la défense, et de l'apprentissage de la violence par le droit, pour finalement mieux comprendre et enseigner « pourquoi mourir, pourquoi vivre ». C'est notamment la mission de la Commission  Armées - Jeunesse, rattachée au Ministère de la Défense, d'expliquer auprès de la société civile, des jeunes, des associations, les fondements de cette défense. Cette Commission veut donc être un lieu de réflexion sur le long terme, tout en réagissant aux actualités.

B - Or l'actualité exige de rappeler que les valeurs de l'Armée et de l'Education sont celles de la République, de la Nation, et pour beaucoup d'intervenants, synonymes de Droits de l'Homme et du Citoyen. L'esprit des aînés qui ont combattu doit être transmis et défendu. Il constitue un aspect de l'action éducative fixé par la loi, et nourrit une formation civique dans une ampleur à la fois nationale et européenne.

C - Comment transmettre ces valeurs ? C'était bien l'objet du débat associant ceux qui se disent prêts à mourir et ceux qui enseignent pourquoi. Hier, c'était simple avec l'acceptation de la mobilisation patriotique devant une agression. Aujourd'hui, la guerre a fui la France. La question se pose aussi pour les ONG qui se proposaient dans les années 1960-1970 d'apporter un minimum de droits de l'Homme, à l'époque conçus comme neutres et universels, et qui réalisent actuellement que le Monde est peuplé de civilisations étrangères, voire hostiles, à ces valeurs. Plus généralement, les jeunes sont de plus en plus impliqués dans tous les aspects de la vie sociale, mais les personnels d'encadrement se demandent comment les aider à se former, à devenir des citoyens actifs et réfléchis, à développer leur sens des responsabilités personnelles dans le cadre d'intérêts partagés. Comment aussi lier la démocratie libérale et la solidarité réciproque dans un contrat accepté, surtout pas imposé ?

 

II - La Défense dans l'Education

 
A - Une mission assignée à l'Ecole. Ce qui est à défendre doit être repensé suivant les époques, tant dans le contenu que dans la mise en forme, donc l'enseignement. Aujourd'hui, il faut rappeler qu'il existe la loi d'octobre 1997 qui modifie  - sans devoir l'affaiblir - la relation entre l'Armée et les Français, entre la Défense et l'Education. Après une époque d'osmose, à la fin du XIX ° siècle, entre « les hussards noirs de la République » et l'esprit patriotique, était venu un temps de discordes. Dans le contexte nouveau de rapprochement, la loi porte dorénavant obligation d'enseigner la défense, et dans le cadre des programmes officiels. Peu de monde sait que cette mission, légalement fixée à l'Ecole, est tout à fait insolite.

B - Mais cet enseignement s'inscrit dans un environnement difficile à deux échelles. L'identité nationale se vit en des termes nouveaux. A l'heure des nouvelles technologies, notamment  de l'information, qui brouillent  la hiérarchie des valeurs, les appartenances, et donc l'attachement au territoire. A l'heure des dangers croissants du monde qui mêlent terrorisme émotionnel, nouvelles menaces, et sur un fond d'influence hégémonique des Etats-Unis. Et à l'heure d'une Europe qui s'annonce, avec des à-coups et des contrecoups, et qui doit elle-même repenser ses deux modèles d'intégration, fusionnel ou communautariste, aujourd'hui en crise.

A une autre échelle, ce sont les obstacles dressés par les adolescents, qu'il faut sensibiliser et respecter à la fois. Des obstacles qui tiennent à l'Histoire enseignée souvent en terme de guerres, à un monde diversifié, à une planète parcourue de flux et qui colle mal à la notion de territoire, à des valeurs peu partagées, aux résistances à l'autorité, aux réflexes identitaires.

C - Comment faire ? Le représentant de l'UNESCO, une organisation par nature au sein et au-dessus des nations, a proposé un Manuel de base composé de fiches touchant au Droit, aux droits de l'Homme, à l'honnêteté historique, et avec une finalité regardant vers le long terme. Plus immédiatement, il y a le contenu des programmes au Collège et au Lycée, et en particulier l'enseignement de l'Education Civique Juridique et Sociale. Les outils pédagogiques, les manuels de Troisième qui proposent les Institutions mais aussi les mises en situation et la mémoire, et les savoirs, tout cela constitue une base pour concilier les apports nécessaires à la compréhension et organiser des débats dans une éthique de responsabilité. Avec un souci éducatif éloigné de l'Instruction de la III° République, et en assumant les tensions et les valeurs nouvelles dans un enseignement dégagé du formalisme des seules institutions. A cet égard, il fut plusieurs fois question de revoir les pratiques et la formation des enseignants, pour aller vers une culture partagée, pour appliquer une méthodologie du dialogue innovante, et vaincre autant les réticences devant les convergences transversales que celles tenant aux obligations horaires.

 

III - L'éducation dans la Défense

 
A - Les convergences, elles existent déjà, notamment entre l'Armée et l'Education nationale. A chacun son rôle, son action pédagogique. Mais, d'abord les militaires ne sont plus les seuls acteurs de la défense ; il fut rappelé que la réponse globale remonte à l'Ordonnance de 1959. Ensuite, et au delà des partenariats, il y a les opérations concrètes intérieures et extérieures, la défense du droit international, une veille nécessaire que l'Education se doit d'expliquer auprès de l'opinion et des élèves ; surtout en ces temps de fin des certitudes, où plus rien n'est évident, à commencer par les valeurs. Et les nombreux militaires de rappeler que les locaux de l'Armée étaient disponibles pour rencontrer, découvrir, former, et que cette institution constituait toujours, voire davantage aujourd'hui, un pilier de l'intégration.

B - Là se tient l'objet, et surtout l'attente pour les jeunes, de la Journée d'Appel, dite « JAPD ». Prévue par la loi de 1997, elle s'inscrit dans un parcours menant du recensement et de l'enseignement à l'enrôlement volontaire ou à la réserve opérationnelle et citoyenne. Il s'agit d'éviter une distanciation entre l'Armée dorénavant professionnelle et la société, donc une marginalisation de l'esprit de défense. Concrètement, la Journée joue un rôle dans le repérage de l'illettrisme, elle contribue à la formation professionnelle via un service militaire. Et pourtant, les appels au renouvellement de la « JAPD » ont été nombreux.

C - Elle pourrait peut-être s'enrichir de ce qui a été présenté comme des ouvertures de cours. Introduire des expériences vécues, en les mesurant, à l'image de la force employée par l'Armée française pour conjurer la violence. Un officier raconta un assaut à Sarajevo, et toute l'animalité maîtrisée par une éthique qu'il fallut employer pour s'emparer d'un nid de tireurs adverses. Là fut évoqué le travail d'éducation sur soi. Et la nécessaire réflexion sur la mort acceptée des soldats rappela aux enseignants qu'il leur incombait une formation des esprits en amont. De la même façon, un officier de la Marine brossa quatre moments de sa vie de militaire, chacun s'accompagnant d'une leçon personnelle : être guidé par la liberté, faire des choix humains, obéir aux normes des Relations internationales, accorder une confiance aux peuples. Sans caricature, ni a priori, réfléchir, donc éduquer la conscience.

Il faut faire passer le message : l'Armée combat, et défend la paix, l'un et l'autre dans un projet propre à la France. Dans cet esprit, le Ministre de la Défense mit l'accent sur trois points. L'Armée tient à rester aux yeux de tous une des composantes de la formation initiale et continue, un lieu ouvert de promotion sociale, surtout à l'heure de la professionnalisation et d'une technicité croissante. L'Institution militaire doit se faire connaître de la société civile, car elle seule légitime les actions entreprises, et cette société civile y trouve une manifestation de cohésion. Le Pacte républicain suppose et exige un citoyen libre, responsable donc éduqué, une constante fondamentale de la pensée politique française depuis 1789.
 
auteur(s) :

Jean-Claude Védrines, professeur d'histoire-géographie au lycée De Lattre de Tassigny à La Roche-sur-Yon

information(s) pédagogique(s)

niveau : Collèges tous niveaux, Lycée tous niveaux

type pédagogique : activité de recherche

public visé : enseignant, chef d'établissement, inspecteur

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

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éducation à la Défense - Rectorat de l'Académie de Nantes