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faire de l’élève un sujet lecteur

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La "lecture littéraire" s'appuie sur la théorie de la réception qui prône une rencontre entre le livre et le lecteur réel : il s'agit d'un mouvement d'implication (lecture subjective) et de distanciation (lecture objective) de la part des sujets lecteurs. Les  diverses  démarches  d’analyse  critique  et le  vocabulaire  technique  ne  constituent  pas  des  objets  d’ étude  en  eux-mêmes  ;  ils  sont  au  service  de  la   compréhension et de la réflexion sur le sens.

Questionnements
 
  • Comment faire de l’élève un sujet lecteur ?
  • Comment remplacer la dissection d’un texte par un spécialiste par la réception, la compréhension et l’interprétation d’un texte par le lecteur qu’est d’abord l’élève ?
  • Comment amener les élèves à devenir des lecteurs de plus en plus compétents ?
  • Quelles pratiques de lecture, d’écriture et d’oral mettre en place ?
  • Comment créer du collectif et de la collaboration dans une séance de lecture analytique ?
  • Comment partir de la réception première et des impressions spontanées des élèves pour aller vers une lecture plus experte, plus distanciée ?



Références



Principes

Privilégier une première approche sensible

  • Concevoir que les connaissances ne sont pas un préalable à la lecture et à l’interprétation, mais qu’elles se construisent progressivement.
  • Repenser les pratiques de classe pour faire des élèves des sujets lecteurs, favoriser la posture de lecteur qui va découvrir et s’enrichir en lisant.
  • Donner le plaisir de goûter au texte.
  • Veiller à susciter/ provoquer/ favoriser la compréhension première du texte par les élèves.
  • Proposer des questions simples qui permettent une rencontre authentique avec le texte.
  • Éviter de demander aux élèves leurs impressions de lecture, pour passer ensuite à des questions arbitraires. Exploiter la phase de réception pour nourrir l’analyse ou le questionnement du texte.
  • Amener les élèves à poser une représentation mentale du texte que l’on pourra ensuite retravailler, même et surtout si elle est erronée : 1-parce que c’est la confrontation des différentes représentations, qui, faisant débat, rendront légitime le recours à une observation plus outillée du texte.  2- parce que c’est seulement à cette condition que le professeur comprendra ce qui fait obstacle pour l’élève. 
  • Établir une transition entre l’approche sensible et personnelle et une lecture approfondie, stabilisée, qui doit se faire à travers l’échange.


Bien choisir les textes

  • Proposer des textes qui résistent, qui surprennent, qui font réagir et qui permettent des rencontres des élèves avec la littérature.
  • Faire dialoguer les textes entre eux grâce à un corpus pour permettre de mieux comprendre les textes, les références, tisser des liens.


Concevoir la classe comme une communauté de lecteurs

  • Mettre en tension la lecture silencieuse et personnelle et la lecture partagée au sein d’une communauté de lecteurs qu’est la classe.
  • Concevoir la classe comme une communauté de lecteurs qui construit progressivement des compétences de lecteur.
  • Optimiser la situation d’être plusieurs à lire le même texte : favoriser les échanges, partages, au sein de la classe, alimenter des lectures plurielles, pour présenter non pas une vérité sur le texte, mais plusieurs ; s’appuyer sur d’autres éclairages qui donnent envie de rentrer dans ce texte, d’en débattre. Elaborer des hypothèses de sens qui sont confrontées, entre elles puis au texte lui-même et à son contexte de production. Approche très différente d’une marche vers la vérité, Conduite par l’autorité interprétative qu’est le professeur.


Ménager le passage de l'approche subjective à une analyse plus objective et  favoriser la métacognition

  • Inciter les élèves à justifier leur interprétation en recourant à des indices précis qu’ils observent dans les textes.
  • Permettre des retours réflexifs sur les démarches suivies, la métacognition.



Exemples d'activités ou de consignes favorisant un engagement subjectif du lecteur dans le texte.

Texte 1 : Emmanuel Hocquard, Élégies

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Proposition 1

1ère étape :

  • Poser aux élèves la question : « Que pourriez-vous proposer pour aider à la lecture de ce texte ?
  • Laisser le choix ouvert (possibilités : illustrations, hyperliens, oralisation, mise en page, mode d’emploi, annotations sur le texte lui-même…
  • Chaque groupe réalise l’entrée choisie et doit opérer un retour réflexif sur la démarche qu’il a adoptée : qu’est-ce que cette stratégie apporte ? qu’est-ce qu’on perd du texte à la mettre en place ?
  • Compétences procédurales, métacognition, stratégies de lecture : au regard du texte, stratégies plus opératoires que d’autres. (Domaine 2 du socle)

2ème étape :

  • Oraliser le poème en associant une illustration sonore ou visuelle / produire un hyper média (activité numérique) / réaliser une exposition visuelle de ce poème pour rendre compte des différents tableaux, des différents temps du poème (portrait d’hommes, nature morte…)


Proposition 2

  • Approche sensible sur le geste de l’écriture : découper ce texte en reprenant une strophe ou un mot et le déformer graphiquement ; possibilité de découper des extraits du texte, les coller, et dessiner, écrire à la main par-dessus, de façon automatique (impressions, associations d’idées…) à partir des questions suivantes : Qui a disparu ? Qu’est-ce qui a disparu ?  Qu’est-ce qui vous affecte le plus dans cette disparition ?
  • Finir par une mise en voix / mise en espace pour exprimer les émotions qui ont émergées.

 

Texte 2 : Emmanuel Adely, Sommes

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Proposition 1

  • En quoi est-ce un texte littéraire ?
  • Relevez ce qui est de l’ordre de l’être / de l’avoir.
  • Mise en voix : situation de chœur, en faisant varier le volume pour mettre en évidence la liste des objets, les marques / retour dans la construction du texte comme des refrains / associations (Antoine Emaz)
     

Proposition 2

  • Illustrer le texte (type collage surréaliste à partir du découpage de catalogues).
  • Ateliers d’écriture : écrire son auto-portrait en s’inspirant du texte (un autoportrait réaliste et un autoportrait fantasmé) ; imaginer la rencontre entre personnages imaginés par les différents groupes.
  • Travail sur l’aspect satirique du texte en expliquant le lien avec une autre œuvre (chanson de Stromae, "Carmen", "l’amour est enfant de la consommation" ou celle de Boris Vian "Complainte du progrès" ; Debout Payé, Gauz)


Proposition 3

  • Que penseriez-vous de telles personnes si vous les rencontriez ?
  • Quelle conversation engageriez-vous ?
  • Quel est le personnage qui vous semble le plus fictif ?
  • Écriture d’invention : Quelle conversation ces trois personnages pourraient-ils avoir ?
  • Réponse illustrative pour des élèves allophones dans le cadre de la mise en place d’une différenciation.


Proposition 4

  • A quoi correspondent F1 H1, P1 ? (Bataille navale, mot derrière les lettres…)

 

Texte 3 : Sylvie Germain, La pleurante des rues de Prague

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  • Objectif : placer les élèves en situation d’investigation, d’enquête.
  • Question : Qui est pour vous la géante ?
  • 1-Phase individuelle à l’écrit.
  • 2-Phase en groupe : proposer une représentation de la géante qui rende compte de votre interprétation (image, scénette, lecture expressive mise en espace, dialogue, écrit d’invention…). Vous justifierez vos choix en vous appuyant sur le texte.
  • 3-A l’issue des présentations : débat sur les différentes propositions retenues.

 

Texte 4 : Joël Pommerat, Cendrillon

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  • Le personnage dit : "Je peux encore parler mais uniquement avec des gestes".
  • Comment se faire entendre sans mots ? Activité : Trouver une solution.
  • Le personnage dit également que « les mots sont très utiles mais qu’ils peuvent être aussi très dangereux ». Qu’est-ce qu’un mot dangereux, un mot utile ?
  • Mettez en voix le texte. Question à répondre à la fin du travail : faut-il un ou deux lecteurs ?
  • Écriture à la troisième personne pour montrer l’ambiguïté du 5e paragraphe.


 

 

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