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une approche historique et philosophique du concept d'espèce

mis à jour le 14/02/2014


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Il s'agit d'aborder le concept d'espèce en classe de terminale S de façon bidisciplinaire : SVT et philosophie. La séance (AP, TD ou cours) peut ouvrir des perceptives sur le propre de l'Homme ou la place de l'Homme dans le vivant.

mots clés : espèce, concept, AP


Cette séance, réalisée durant un TP, permet d'introduire les thèmes 1-A-3 (De la diversification des êtres vivants à l'évolution de la biodiversité) et 1-A-4 (Un regard sur l'évolution de l'Homme).

Approche historique du concept

Diaporama introduisant la séance

Approche philosophique du concept

Bilan de la séquence et remarques

 

Approche historique du concept d'espèce


Nous sommes partis du corpus documentaires proposé par Angélique Cottenceau Ledu, professeur de SVT (Lycée Jean Moulin) pour réaliser une frise chronologique présentant différentes définitions d'espèce (de John Ray à Ernst Mayr)

Par groupes de trois, les élèves relèvent les principes et les limites de chaque définition. (documents sur des espèces jumelles ou des  dimorphismes sexuels)

Puis sous forme d'un débat, ils doivent expliquer la disparition du principe de ressemblance dans la définition de Ernst Mayr. (illustration par la ressource sur le Pizzly)

J'ai également utilisé une définition de Guillaume LECOINTRE (professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle)

  « une espèce peut être considérée comme une population d'individus suffisamment isolés génétiquement des autres populations ... une espèce supplémentaire est définie si un nouvel ensemble s'individualise »



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Diaporama introduisant la séance

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Approche philosophique du concept d'espèce

 

Nous sommes partis d'une citation de Guillaume LECOINTRE (professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle)

« dans la nature il n'y a pas d'espèces : il n'apparait que des barrières de reproduction. Les espèces, c'est nous qui les créons à partir d'un modèle théorique »

 

Ceci permet de rebondir sur la classification d'Aristote qui classe les êtres vivants selon leur degré de complexité en plaçant l'Homme en premier. Pour Aristote, l'Homme est un animal parfait. Il est le modèle d'intelligibilité de toute le zoologie aristotélicienne.

On aborde alors de nombreux problèmes touchant la classification, la place de l'homme dans le vivant ou le fixisme.

Dans "L'Histoire des animaux", Aristote commence par étudier les parties et les fonctions communes à tous les animaux, puis il décrit les parties des animaux sanguins (en commençant pas l'Homme) et les parties des animaux non sanguins (éloignés de l'Homme). On peut traduire cette distinction comme vertébrés et invertébrés, ce qui est contraire à la phylogénie actuelle et noter l'utilisation de l'Homme comme "référence".

Dans les "Parties des animaux", Aristote critique la thèse d'Anaxagote, qui pensait que l'Homme est le plus responsable des animaux parce qu'il a des mains. Pour Aristote, "il est plus logique de penser que c'est parce qu'il est le plus raisonnable qu'il a des mains". Cela permet de comprendre le finalisme aristotélicien.

Pour Aristote, seul l'Homme a un visage qui est le reflet de son intelligence (dont supériorité face aux animaux?).

Puis le débat a porté sur : l'appartenance à l'espèce humaine suffit-elle à définir l'être humain ? L'utilisation d'outils permet-elle de distinguer l'Homme des autres animaux, du chimpanzé notamment ? etc.

Certains ont pensé au rire comme particularité humaine. A ceci nous avons opposé un extrait d'un article du Dr Marina Davila-Ross et all, publié dans American Psychological Association, et repris dans Sciences Humaines (n°227 - juin 2011) et Sciences et Avenir de mars 2010.

Il y a aussi le cas des bonobos du zoo de San Diego se faisant des farces : une fois le mâle dominant descendu dans la fosse, un jeune, resté un haut, remontait la chaine puis regardait le mâle en riant. Les chimpanzés auraient donc le sens de l'humour...



Histoires des animaux est le plus long traité qui nous soit parvenu sous le nom d'Aristote. Il renferme de très nombreuses observations sur près de 560 espèces animales. Il est souvent considéré comme un recueil de faits bruts ayant une fonction purement documentaire.
 

Bilan de la séquence et remarques

 

Les élèves, un peu réticents au départ, ont apprécié cette séance. Elle leur a permis de relier deux matières pouvant sembler décalées et d'approcher la complémentarité entre les programmes de SVT et de philosophie bien que les approches soient différentes. Par contre, ce ne peut être qu'une introduction au programme, sa durée (1.5 heures) ne permettant pas d'approfondir le concept d'espèce.

Point très positif : le travail en bidisciplinarité même si, en amont, cela demande du temps.

En fin de séance, j'ai posé la question suivante à mes élèves : Un fossile peut-il être considéré comment une espèce ?

Bizarrement, ils n'ont aucun doute sur le fait qu'un Tyrannosaure rex ait formé une espèce (merci le cinéma). En revanche, cela s'avère bien plus difficile avec un fossile de bivalve ou d'oursin.

Merci à Chantal DAURES, professeur de philosophie au lycée Albert Camus, pour sa relecture et sa contribution (parties en italique) à cette ressource.

 
auteur(s) :

Nicolas Aubry, Professeur de SVT- Lycée Albert Camus - Nantes

contributeur(s) :

Chantal Daures, Professeur de philosophie - Lycée Albert Camus - Nantes

information(s) pédagogique(s)

niveau : Terminale S

type pédagogique : démarche pédagogique

public visé : non précisé, enseignant

contexte d'usage :

référence aux programmes : thème 1-A-3 : De la diversification des êtres vivants à l'évolution de la biodiversité
thème 1-A-4 : Un regard sur l'évolution de l'Homme

fichier joint

information(s) technique(s) : frise chronologique

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