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un insecte végétal

mis à jour le 13/10/2020


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S'adapter à un nouvel espace classe tout en travaillant la question de la ressemblance.

mots clés : salle de classe, dessin, image, ressemblance, végétaux, forme


Document sans nom

Du fait de la situation sanitaire actuelle, ce début d'année a vu la mise en place d'un protocole sanitaire qui a pu prendre, ici et là,  des formes contraignantes comme par exemple la mise en oeuvre de salles dédiées à un groupe classe. Cette consigne a de fait enlevé la possibilité d’enseigner les arts plastiques dans une salle spécialisée.

Cette situation exceptionnelle invite les enseignants d’arts plastiques à s’adapter à de nouvelles contraintes.

Dans ce cadre, les professeurs qui ont très souvent TOUTES les classes, sont priés de changer de salles toutes les heures, soit entre 18 et 20 fois par semaine.

Au-delà de la préparation usuelle de la séance, il faut aussi anticiper les déplacements, d'un espace à l'autre, avec à charge du matériel et parfois même des supports, des formats, des matériaux et autres outils nécessaires pour construire une situation "normale" d’arts plastiques.

 
 

Pour assurer au mieux la bonne tenue d’une séance, les professeurs d’arts plastiques doivent par ailleurs penser en amont les formes d’évaluation, qu’elles soient à l’oral comme à l’écrit avec des documents adaptés à ces conditions inédites.

Il semble difficile de regrouper les élèves dans un espace dit de verbalisation face aux travaux accrochés. Les échanges se font aujourd'hui masqués mais aussi à distance.

L'expérience relatée ci-dessous donne quelques pistes de travail avec un usage pertinent d'un document initialement pensé pour le distanciel mais réinvesti ici pour une organisation efficiente d'une évaluation formative.

Il est sans doute plus simple d’accrocher et de valoriser des travaux d’élèves dans une salle d’arts plastiques et de présenter les œuvres de références sur un mur dédié que de les répéter dans chaque salle des groupes classe.

Dans un tel contexte, les expositions virtuelles sur un espace e-lyco deviennent des supports indispensables, propices à la continuité dite pédagogique.

Pour tous, élèves comme enseignant, familles comme chef d'établissement, il s’agit bien aujourd'hui de s’adapter au mieux à chaque situation.

Il convient aussi d'entendre que
ces difficultés sont bien repérées et attestent d’une dégradation des conditions d'enseignement des arts plastiques.

Les professeurs font au mieux pour assurer les obligations liées aux attentes des programmes, à savoir prendre en compte des espaces de travail, donner un accès priviligié aux références artistiques, proposer des activités avec du matériel propre et construire des évaluations fiables, en somme maintenir un niveau d’exigence et de qualité.

InSitu

 

En ce début d’année, je vis une situation inhabituelle puisque mon enseignement en arts plastiques se fait de classe en classe, ce qui nécessite de mon côté de nombreux déplacements, sans materiel usuel et donc une adaptation constante à chaque espace.

Le cours intitulé "un insecte végétal" est une séance se déroulant en quatrième semaine, début octobre, juste avant l'automne... avec des materiaux issus de la nature.

J'ai travaillé avec cette classe de 6ème quatre fois, ce qui est peu pour des élèves qui ne me connaissent pas, et qui n'ont pas non plus une idée précise de la structure ni de  l’organisation spécifique d'un cours d'arts plastiques.

La plupart de ces nouveaux collègiens gardent l'habitude de poser énormément de questions, ce qui est totalement normal pour ce niveau. Ils ont des habitudes du primaire et ont besoin de se rassurer mais ils ont aussi adopté la structure de la classe, installée en rang dit d'autobus, avec par conséquent moins de prise d'initiative et d’autonomie. 

Pour préparer cette activité, je m’appuie sur les compétences et connaissances acquises au cours des trois premières séances dans lesquelles la pratique permettait la compréhension de notions plastiques et une sensibilisation poetique à la forme, pour aborder par la suite, dans un EPI avec la SVT, une reflexion élargie autour de l’herbier.

Dans la continuité d'un premeir travail simple et efficace mettant en œuvre le détournement de la forme (une feuille d'arbre devient un animal), j'ai demandé aux elèves de rapporter quelques dizaines de végétaux de qualité diverse, des pétales aux belles couleurs comme des feuilles aux formes étranges.

Ce travail de recherche personnelle est présenté sur la table. Les crayons et autres supports habituels ont disparu au fond du cartable.
Rapidement, ils découvrent les "trésors rapportés" et comme un puzzle, la plupart commence par organiser les éléments en les classant par formes ou couleurs, sur leur espace de travail, la table.

 

Les apprentissages visés sont aussi choisis en fonction du contexte d’enseignement imposé.

Pour les élèves, il s’agit de comprendre que le dessin qui peut représenter et faire image n'est pas toujours qu'une question graphique.

Ils sont ici invités à s'emparer et s’approprier les formes, les couleurs, les matières, au service d'une intention : la création d’un insecte. La question de la ressemblance sera bien évidemment au cœur de cette réflexion.

La problématique porte prioritairement sur les questions suivantes :

Quels gestes pour représenter un insecte sans utiliser l'outil « crayon » ? Comment et quand apparaît la notion de dessin ? A quel moment parle-t-on d'image ?


Les compétences visées sont présentées en amont du lancement de l’activité. Il s'agit de travailler l'ensemble des compéténces lié à l'entrée expérimenter/ produire / créer et plus particulièrement choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu'ils produisent.

Est également visé
explicitement l’acquisition d’une pensée critique qui doit s’appuyer sur un vocabulaire précis : Comment distinguer ce qui est du dessin ou de l'image, de l'organisation et de la composition ? Comment définir au mieux les matériaux : rugueux, lisse, nervurés... Le format peut-il être le support ? En quoi l'éphémère et la fragilité sont-ils des constituants plastiques du faire oeuvre ?



 

Je dessine avec des végétaux

                            • A l'aide des végétaux ramenés en classe, vous réaliserez l'insecte de votre choix : guêpe, mouche, papillon, coccinelle, scarabée ...
                           • Le support comme le format maximum est votre table
                           • A l'issu de la production, il sera pris une photographie de votre travail...

Vous n'utilisez que les végétaux ramenés pour créer votre insecte


 Référence principale : Raku Inoue

     
 

lien dossierTélécharger la fiche évaluation formative, bilan individuel

L’évaluation de la leçon « je dessine avec des végétaux » est pensée en plusieurs temps. Elle s’appuie ainsi sur le document intitulé évaluation formative, bilan individuel. A ce moment là de l'année, à la veille des congés d'automne, ce document doit permettre à l’élève de se situer, de faire le point sur ce qu’il a compris des enjeux artistiques, culturels, conceptuels, formels et techniques portés depuis quelques semaines en arts plastiques.

La séance est rythmée par un enchaînement de moments intenses et complexes d'activité : l'incitation orale est débattue puis projetée, la pratique s'oragnise sur les tables, la prise photographique des productions suscite un regard critique, le rangement et nettoyage des tables occupent les mains, puis la verbalisation, à distance, avec comme appui la projection des images d’insectes des élèves.
 


Le support d'évaluation est présenté, explicité. La première consigne est simple puisqu’il demandé de ne renseigner que la deuxième colonne. Ils répondent ainsi à 4 questions qui « posent » des mots sur ce qu'ils viennent de faire. Ces questions préparatoires à l'oral « encadrent » ce moment où le "verbe" peut surgir. L'écrit invite au recul et fixe les pensées et sensations que les élèves ne manquent pas de vivre pendant la pratique.

Ce document prévu pour une fin de séquence s'articule comme un plan de travail, avec quatre colonnes. Il s'agit de laisser une trace écrite à l'élève quant au processus d'évaluation formatif. Pour la première colonne, il s'agira de donner deux références artistiques qui seront vidéo-projetées en fin de séance, après la phase de pratique.

En groupe classe on évoque les mots clés possibles sur chacune des références proposées sur le support. Je demande qu'ils commencent par la seconde colonne, «  je présente ». Dans celle-ci, j'ai remis de manière très succincte la demande et l'incitation suivie par quelques questions autour de leurs choix plastiques ; «  Comment as-tu procédé pour réaliser ton insecte ? », «  As-tu réutilisé des connaissances acquises lors des séances précédentes? Lesquelles ? » , «  Que retiens-tu de cette nouvelle production ? ».

Cette partie est la clef de l'ensemble, amenant l'élève à prendre conscience des enjeux et notions. Les questions écrites alternent avec l'oral  afin que chaque élève s'approprie le travail en cours. Lors de cette séance, une élève a fait la remarque qu'il fallait respecter une certaine symétrie pour donner l'impression que ce soit un insecte.  Un autre a totalement identifié la question du « faire image » par un travail d'assemblage, de superposition. Son voisin s'est étonné de devoir « enlever/détruire le travail » lorsque cela a été pris en photo. Un autre a bien identifié que le support était différent ( c'est la table !).
 


Le vocabulaire spécifique est proposé dans la colonne 3 et les élèves sont invités à compléter les éventuelles informations.

Les élèves peuvent enfin s'auto-évaluer sur la fiche, après visualisation et échange autour des références artistiques. Ce bilan leur permet de saisir au mieux ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ont découvert et retenu, et de savoir ce qu'ils doivent encore travailler.

 

Autres références possibles :

Sur la symbolique de l'insecte :

Georges de La Tour, Le Vielleur, dit aussi Le Vielleur à la mouche. 17e siècle, Musée d'Art de Nantes.
Sous la vielle à gauche, une tache noire apparaît. Il s'agit d'une mouche, imperceptible au premier coup d’œil. La présence de l'insecte est symbolique, comme souvent à l'époque. Elle évoque à la fois l'instrument, dont la corde principale s'appelle la mouche, et la condition sociale du personnage.

Sur le végétal comme materiau :
Jean Dubuffet
, jardin nacré,  ailes de papillon, 1955. Musée des arts décoratifs, Paris

Sur l'assemblage image :
Tony Cragg, Palette, 1985.

Sur la représentation-présentation de l'insecte :

Damien Hirst, I feel love. 1994 -1995.  

Sur la ressemblance :
Bernard PRAS, Scarabé. 2020


Prolongements envisagés dans la dimension spiralaire de l’enseignement des arts plastiques :

•   
5eme : Un travail sur la lumière (dessiner un arbre en noir et blanc avec le découpage - Paul Klee, William Kentridge)

•   
4eme : Un travail de présentation de végétaux (dessin d’après modèle en lien avec des collages – Installation - Land art - Wolfgang Laib, Giuseppe Penone)

•   
3eme : Un travail sur le paysage /  frottage (dessin d’après des empreintes, la réalité présentée et non pas uniquement représentée – Max Ernst, Jean Dubuffet)

 
auteur(s) :

Nadège Godard et Fanny Leroy

information(s) pédagogique(s)

niveau : Cycle 3, Collèges tous niveaux, 6ème

type pédagogique : analyse de pratique, activité de recherche, activité de découverte

public visé : chef d'établissement, enseignant, parent

contexte d'usage : AP, EPI, classe

référence aux programmes : Les catégories d'images : la différence entre images à caractères artistiques et scientifiques. La transformation d'images existantes dans une visée poétique.
La materialité

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