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Fontaine-Daniel

mis à jour le 18/02/2008


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A 5 km au sud ouest de la ville de Mayenne se trouve un charmant petit village niché dans la verdure du bois de Salair à l'écart des grands axes de circulation.

mots clés : Mayenne, Fontaine Daniel, filature, village ouvrier


Or ce village a quelque chose d'unique : c'est un village ouvrier né de l'activité textile dont l'organisation et l'architecture sont remarquables.
Pourquoi découvre t-on des immeubles collectifs en pleine campagne ?
Géolocalisation

 
 

A l'origine, on trouve une abbaye cistercienne fondée en 1205 par Juhel II seigneur de Mayenne, vendue comme bien national en 1796 et rachetée en seconde main par un industriel Pierre Horem pour en faire une filature en 1806. Celui ci voit tout l'avantage du lieu : la force motrice de l'eau (le Fauconnier) et les vastes locaux de l'abbaye aptes à recevoir la 1e filature mécanique du département.

Associé à Thomas Armfled, manufacturier anglais, l'entreprise développe son activité : 560 ouvriers en 1810 et 760 en 1812.
A la mort de Pierre Horem (1828) sa femme Sophie Armfled (fille de Thomas) dirige seule l'entreprise. En 1830, Martin Denis épouse Elisabeth Louise Armfled et accède à la direction de l'entreprise familiale. Celle-ci est développée ensuite par son fils Gustave Denis (1833-1925) et ses descendants.
 
 
La famille Denis qui continue de diriger encore aujourd'hui la société Toile de Mayenne (spécialisée dans les tissus d'ameublement haut de gamme) a organisé autour de l'usine toute la vie du village.
Pour préserver un noyau stable d'ouvriers, Martin Denis fait construire des logements ouvriers dès 1832 autour de la place du village. Dans ces immeubles à trois niveaux, chaque famille dispose d'une ou deux pièces et partage une salle commune chauffée avec son voisin.
Les ouvriers étaient logés quasi gratuitement, ne payaient ni l'eau ni l'électricité.
Une ferme fournissait la population en produit frais. Chaque famille disposait aussi de jardins ouvriers.
Le village est doté de tous les équipements : commerces, salle des fêtes, terrain de sport.
Une troupe de théâtre, une société sportive, une bibliothèque offraient aux ouvriers des activités après le temps de travail.
Pour des ouvriers textiles dont les salaires étaient particulièrement faibles, vivre à Fontaine Daniel apparaissait donc comme un rare privilège !
 
 
Gustave Denis fait construire une école en 1862 et une boulangerie.
Cette œuvre est poursuivie par Georges et Paul Denis, fils de Gustave qui font construire des immeubles à coursive entre 1895 et 1900.
Il n'y a pas de nom de rue à Fontaine Daniel : chaque construction est identifiée par des noms d'animaux ou de végétaux.
En 1925, les premières maisons individuelles sont proposées aux ouvriers.
Cette stratégie est poursuivie jusqu'en 1975 par la construction de pavillons plus grands avec garage.
 
Le promeneur aujourd'hui découvre donc un village dont l'architecture particulière dégage un charme certain.
Cette organisation architecturale de ce village est surtout le témoignage des théories sociales du XIX e siècle. La famille Denis puisse dans l'anthroposophie sa volonté de fournir un cadre harmonieux à ses ouvriers.
La chapelle construite en granit au bord de l'étang en 1938 sur les plans de Paul Denis témoigne par son style très sobre et rigoureux de la philosophie politique de cette famille.
 

information(s) pédagogique(s)

niveau : tous niveaux

type pédagogique : non précisé

public visé : non précisé

contexte d'usage : non précisé

référence aux programmes :

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histoire-géographie-citoyenneté - Rectorat de l'Académie de Nantes