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l'expérience des œuvres

mis à jour le 07/02/2017


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de la parole de l'enseignant à celle des élèvesretour au TraAM



Retour au TraAM

mots clés : œuvre, exposition, e-lyco, numérique


 

LE PROJET


Projet
 


Chaque année deux classes de troisième, dont une troisième segpa (soit environ 45 élèves) vont découvrir les œuvres du festival Scopitone. Les années précédentes, je rédigeais un article sur e-Lyco auquel je joignais un travail de réflexion à partir de celui-ci.

Cette année, il m'a semblé plus intéressant de demander aux élèves de réaliser eux-mêmes un article qui permettrait d'allier perception et analyse (travail réflexif) des œuvres vues, en essayant de décrire au mieux ce qu'ils avaient découvert (comme s'ils s'adressaient à quelqu'un qui ne connaîtrait ni le festival, ni les espaces d'exposition, ni les œuvres). Je souhaitais passer de la parole de l'enseignant à celle de l'élève.

En petits groupes de 4 élèves, en utilisant les espaces d'écriture collaborative (pad) d'e-lyco, ils devaient publier un article sur l'une des œuvres découvertes à Scopitone. Chaque Pad était donc dédié à une œuvre et un groupe d'élèves. Pour lancer le travail de réflexion, nous avons initié l'entrée dans la tâche avec quelques questions simples. Des ressources complémentaires, aides méthodologiques (pour la rédaction d'article) liens vers des articles de blog étaient aussi mises à disposition des élèves sur e-lyco.

Les projets de l'année précédente sont accessibles en cliquant sur les images ci-contre


Scopitone 2015/2016
Et après Scopitone ?
 

 

DÉROULEMENT

 

 

MISE EN PLACE

En début de travail :

  • Créer un contexte commun en l’occurrence ici, la visite du festival Scopitone.
  • Vérification de tous les accès e-lyco (chaque élève doit m'envoyer un mail sur e-lyco en utilisant ses propres identifiants).
  • Une heure en salle multimédia pour initier le travail qui s'étendra sur dix jours.

En fin de travail :

  • La correction de l'orthographe est réalisée entre pairs de groupe à groupe (le groupe A parcourt le pad du groupe B et essaye d'identifier et de corriger les éventuelles fautes d'orthographe ou coquilles et vice-versa).
  • Un élève par groupe est choisi pour effectuer la mise en ligne en salle multimédia.
  • Deux élèves sélectionnent les photos prises par leurs camarades lors de la sortie.

Modération :

  • Trois enseignants interviennent ponctuellement, pour orienter le travail, faire préciser une description, pour demander de corriger un mot ou simplement pour encourager les élèves.
  • Les élèves savent qu'il s'agit d'un espace institutionnel public (d'où l'intérêt de la publication en ligne). Une modération se met ainsi en place de manière spontanée (auto-régulation) entre les élèves sous le regard discret et bienveillant des enseignants.
 

 

UNE EXPÉRIENCE DE TRAVAIL ...

 

« Nous arrivons dans une salle sombre et assez grande plutôt rectangulaire avec des projecteurs au dessus notre tête qui éclairent des œuvres sur trois tables rondes. il y a posées dessus des œuvres (des statues représentant deux lapins et une théière). Les lapins ne sont pas l’œuvre en elle-même. Ce qui fait l’œuvre est, le changement entre ce qu'on voit, nous avec nos yeux et ce que l'on voit à travers un smartphone ou un appareil photo. Par exemple, quand nous regardons une des trois tables avec les lapins, il y a un rond blanc sur le support des lapins. Nous le voyons bien blanc alors que quand nous prenons un smartphone le rond blanc est « strié » (mot du professeur) de signal rose comme des lignes. ».

 

Les compétences à l'écrit des élèves sont très diverses, ne serait-ce que par l'hétérogénéité qui existe entre les deux classes (une classe de troisième segpa) et au sein d'une même classe. Les groupes d'élèves rassemblent des élèves des deux classes mais quelques élèves de segpa redoutent les moqueries liées à l'inexactitude de leur orthographe. Pour les rassurer, ils sont soutenus par leur enseignante : «tout le monde fait des fautes, l'essentiel c'est de pouvoir ensuite, ensemble, les corriger ». Ce discours rassurant permet de les mettre en confiance.

Pour autant, chaque élève est capable au niveau individuel, d'exprimer un ressenti sensible devant les œuvres vues.  Commentaire d'un élève : « Je n'ai pas trouvé cette œuvre géniale car c'était très répétitif et une ou deux œuvres suffisait pour nous faire comprendre le concept. ».

Le lancement du travail se fait en salle multimédia, il permet de mobiliser les élèves autour de la tâche. La configuration n'est pas idéale puisque les élèves y sont généralement deux par poste. Cela veut dire que le nom d'un élève sur deux n’apparaît pas. Nous avons trouvé une solution pour faire apparaître le travail des deux élèves.
 
Les élèves abordent le travail en décrivant, de manière très sommaire ce qu'ils ont vu : «Nous sommes dans une salle, il y a des œuvres sur des tables.».  Le mot « œuvre » dissimule souvent la réalité de ce qu'ils décrivent. Une demande systématique de précisions leur permet de trouver des mots précis. Exemple de commentaire de l'enseignant sur le travail réalisé : « Le début de ta description est très intéressante. Est-ce que tu peux détailler plus ? Par exemple :-" Nous sommes dans une salle...". Décris-nous cette salle. -"des œuvres sur des tables". Précise-nous quels sont ces œuvres (objets?) sur les tables.».

Les descriptions deviennent alors plus explicites et précises. Ils associent leur perception des œuvres à des « images ». Une description d'une ligne en début de travail, occupe rapidement un paragraphe entier.

Extrait de pad 1

Extrait de pad 2

Extrait de pad 3

 

 

... POUR UNE EXPÉRIENCE ARTISTIQUE




« Ulule est moins impressionnante que d'autres œuvres vues à Scopitone, mais son avantage est d'être interactive. On peut participer sans risquer de casser quelque chose, contrairement à d'autres œuvres que l'on doit regarder avec les yeux. »

« Le thème "numérique" de Scopitone se retrouve dans cette œuvre par la présence d'ordinateurs, de capteurs et d'autres objets technologiques. Cependant, je trouve que ce n'est pas la première chose que l'on voit quand on regarde Ulule on remarque plutôt son design qui est mis en avant car lorsqu'on interagit pas avec l'objet, le numérique n'est pas visible. »

 

« Les artistes sont géniaux car ils ont récupéré des matériaux (tissu, vis, scratchs pour cacher les vis etc.) et ont fabriqué Uluce en 3 mois. Ils ont beaucoup réfléchi. Bravo ! »

 

 

Uluce par Wendy, Thibault et Erwan

Rate Shadow par Mélane, Célia, Mathilde et Hémerick

Rate Shadow par Elise, Kimberley, Louis et Lélio

Uluce par Gaël, Salimata, Anaïs, Juliette et Aimée

 

BILAN

 

INTERÊT DE LA DÉMARCHE


  • Prise de distance : le passage par l'écrit permet à l'élève de poser sa pensée et donc de prendre du recul.  La distance par rapport aux pairs et le fait d'accéder au travail au temps qui convient à l'élève (temps de travail asynchrones) favorisent la réflexion. Une question peut rester en suspens plusieurs jours et autoriser le temps de la réflexion. Également, cela peut permettre de développer des compétences méta-cognitives parce que l'élève voit les processus mis en place par les autres.
  • Moments de travail déconnectés de l'agitation d'une classe, l'élève peut mieux se concentrer sur ce qu'il énonce.
  • Regards croisés de 3 enseignants et de 45 élèves : la relation à l'élève passe essentiellement par l'écrit, l'enseignant les perçoit différemment.
  • La prise de distance et l'aspect asynchrone nous a semblé favoriser un approfondissement du travail avec les élèves sans « prendre sur les heures de cours ». Il s'agit véritablement d'un temps augmenté par rapport au temps passé en classe.
 

COMPÉTENCES TRAVAILLÉES


Pour s'acquitter d'une telle tâche, les élèves, en fonction de leur approche de la tache, ont dû faire appel à des compétences diverses :

  • Savoir mettre sa pensée à l'écrit (expression écrite) ;
  • savoir retrouver les œuvres et leurs auteurs en faisant des recherches sur internet ;
  • aller chercher des informations sur internet mais également sur divers types de documents ;
  • savoir communiquer et échanger avec les autres élèves (co-production) prendre conscience que l'on s'exprime en public à destination d'une communauté de lecteurs ;
  • prendre en compte le propos de l'autre. Il faut bien tenir compte ce que dit l'autre pour intervenir à la suite ou intervenir dans le texte de l'autre. Il y a donc une certaine forme de complémentarité. De plus, chaque propos d'élèves est apprécié, évalué par ses pairs
  • savoir faire le tri entre des images pour les sélectionner en vue d'une publication ;
  • ...
 

FREINS ET POINTS À AMÉLIORER


  • Un certain nombre d'élèves intervient relativement peu et se laisse porter par le groupe. Pour autant il serait intéressant de connaître le pourcentage de ces élèves qui sans réellement intervenir vont lire et parcourir les pages rédigées par leurs pairs. Peut-être faut-il réfléchir à des systèmes de rappels ou à des tâches paliers à valider par tous ;un nombre très restreint lutte contre des problèmes de connexion à la maison et les possibilités de temps libre devant un ordinateur pendant le temps scolaire est, en réalité, très limité ;
  • les aides méthodologiques (par exemple : comment rédiger un article) doivent être plus réfléchies. Il doit il y avoir une véritable réflexion pour leur apporter ces aides, peut-être sous forme de micro-tâches additionnelles qui les aideront à réaliser le travail demandé ;
  • l'expérience reste à renouveler afin d'améliorer l'organisation de la tâche et de familiariser les élèves à la réalisation de ce type de production en ligne.

 
auteur(s) :

Thierry Hoppe

information(s) pédagogique(s)

niveau : tous niveaux, Collèges tous niveaux

type pédagogique : leçon, scénario, séquence

public visé : non précisé

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

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