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réaliser un montage audio pour améliorer la lecture à voix haute

mis à jour le 13/05/2019


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À l’aide d’un logiciel de traitement audio gratuit (Audacity), les élèves produisent un fichier son contenant un texte oralisé (discours, extrait de théâtre, poème, fable) afin d’améliorer la qualité de leur lecture. Les productions pourront être ensuite diffusées : en baladodiffusion sur l’ENT, sur la radio de l’établissement…

mots clés : oral, lecture


Contexte

On déplore souvent au moment de l’épreuve orale de français des difficultés lors de la lecture du texte (quels que soient le genre et l’époque du texte). Ces difficultés sont le plus souvent dues à :
- un manque d’entraînement à la lecture à voix haute, tout au long de l’année
- un manque d’implication de la part du candidat (qui ne voit souvent pas l’intérêt de cette étape)
- un certain empressement du candidat, qui souhaite rapidement en arriver à l’explication proprement dite.

Objectifs

- Travailler la mise en voix d’une fable de La Fontaine
- Se familiariser avec Audacity : enregistrement audio, ajout de bruitage et/ou fond sonore.
- Approfondir la connaissance de l’œuvre intégrale.

Références aux programmes

Rendre les élèves « capables de développer une réflexion personnelle sur les œuvres et les textes », ce qu’ils font en adoptant un ton en adéquation avec le sens du texte.Tous les objets d’étude font mention de la nécessité de travailler « la lecture expressive » en portant, pour les textes en vers, une attention particulière à « la restitution des valeurs rythmiques et sonores du vers »

Déroulement

Étape 1 : choix du texte
Par groupes de deux (ou seuls), les élèves choisissent le texte qu’ils mettront en voix, parmi les fables des livres VII et VIII, étudiés en œuvre intégrale. Il ne leur est pas possible de choisir un texte étudié en lecture analytique. Il faut veiller aussi à trouver un bon équilibre entre la longueur du texte et la difficulté de celui-ci (termes complexes, nombreux changements de locuteur, effets de rythme…). On leur conseillera d’éviter les fables trop connues. Pour plus de variété, il serait aussi intéressant d’empêcher deux groupes de choisir la même fable.Si certains hésitent dans leur choix, on peut attirer leur attention sur la morale, le caractère des personnages, qui peuvent receler un certain potentiel et attiser l’intérêt des élèves.

Étape 2 : entraînement à la lecture
On peut commencer par observer les choix de diction de différents acteurs :
- « Les Animaux malades de la Peste », par Julien BERTHEAU et Robert MANUEL
youtu.be/YMLIASne_J4
- « Le Coche et la Mouche », par Louis de FUNÈS
youtu.be/BGRm_v1ooKk
Mais il en existe d’autres, par exemple, les choix de Fabrice Lucchini, etc.

À partir de l’écoute, on peut commencer à cibler ensemble les points de vigilance dans la lecture à voix haute d’un texte. Ces points peuvent être liés :
- Aux difficultés liées au texte : respect des diérèses, effets de rythmes, mots complexes, effets sonores…
- À la répartition de la parole dans le binôme
- À la variété du ton (dialogues, étapes du récit, morale, termes importants à souligner dans la diction…).
On peut rassembler tous ces éléments sous la forme d’une carte mentale, qui servirait ensuite de grille de critères pour l’évaluation finale.

Phase d’entraînement :
On peut éventuellement prendre comme point de départ un texte étudié en lecture analytique pour en faire émerger les points de vigilance, réaliser des exercices de diction, expérimenter différents tons. Ce travail peut permettre de réinvestir ou de préparer la séquence sur le théâtre (par exemple, si l'on a étudié auparavant la tirade des nez, de Cyrano de Bergerac, il est très facile de faire le lien avec la variété des tons utilisés dans cette célèbre scène).
Ensuite, on peut laisser les élèves lire le texte plusieurs fois de manière complètement différente, pour mieux trouver celle qui leur semble la plus représentative du texte.
Leur rappeler que pour bien lire, il faut avoir compris le texte !

Étape 3 : la prise de son
Les collègues de langues vivantes peuvent prêter des enregistreurs mp3 (pratique pour le transfert sur ordinateur). À défaut, l’application microphone du téléphone des élèves fera très bien l’affaire.Rappel important à faire passer aux élèves : il est difficile d’améliorer un fichier enregistré dans de mauvaises conditions, ainsi, il nous faut un fichier d’origine le plus « propre » possible. Veillez donc à :
- Enregistrer dans un endroit sans écho, ni bruit parasite (CDI, salle de cours vide…)
- Éviter la saturation (être proche du micro et parler distinctement, d’une voix ni trop forte, ni trop faible).
Remarque : le résultat parfait ne sera sans doute pas instantané. Il est conseillé de faire plusieurs essais pour garder la meilleure version. Récupérer ensuite le fichier obtenu sur ordinateur.

Étape 4 : mise en musique
Il faut commencer par importer le fichier dans Audacity : Fichier > importer > audio.Si Audacity ne peut pas lire le fichier obtenu, il faudra le convertir en mp3 ou wav, par exemple ici :
online-audio-converter.com/fr/

Les élèves sont ensuite invités à identifier l’environnement sonore qu’ils souhaitent installer, pour créer une fluidité dans la production. Ils peuvent au choix faire l’une et/ou l’autre de ces actions :

Ajouter un fond sonore
À ce stade il est intéressant de discuter avec les élèves du type de musique qu’ils souhaitent ajouter, le cas échéant, en arrière-plan de leur travail de mise en voix :
- une musique « d’époque » aura le mérite de refléter l’état d’esprit du XVIIè. Dans son travail, Louis de Funès a penché pour un accompagnement assez classique.
- une musique plus contemporaine, bien qu’en décalage avec l’époque de La Fontaine, peut, si elle est bien choisie, créer véritablement une ambiance qui aura une dimension universelle.
On peut voir, par exemple, dans cette optique, le travail de mise en scène de dix-neuf fables, réalisé par Robert Wilson en 2004 pour la Comédie française.
Dans tous les cas, il me semble important de préciser que la musique, si elle intervient, doit « servir » le texte.

• Il faut un fond libre de droit, par exemple ici :dig.ccmixter.org/
• Cliquez sur « Tag search », choisir « tous types de licence ». Attention à noter la source et l'auteur des morceaux utilisés (le site propose d’en faire un copier-coller).
• Après avoir importé ce nouveau fichier dans Audacity, ils peuvent ensuite, en traitant chaque piste différemment, insérer des silences, couper/coller des fragments, créer des effets de fondu en ouverture ou fermeture…
On peut laisser les élèves s’approprier Audacity de manière intuitive, sans aucune consigne ni fiche de consignes. Mais pour celles ou ceux qui serait perdues, des tutoriels (pdf ou vidéo) très accessibles fourmillent sur Internet.

Ajouter des bruits
Vous trouverez de quoi faire parmi ces sites et d'autres encore :
lasonotheque.org/
freesound.org/
En général, il faut, pour récupérer le fichier, faire un clic droit > « enregistrer le fichier sous ».Élément à rappeler : un ajout sonore doit être un plus et non intervenir gratuitement. La production doit être fluide et favoriser une ambiance sonore !

Conseils/rappels plus généraux à destination des élèves :
  • Rassemblez tous les éléments nécessaires dans un même dossier.
  • Enregistrez régulièrement votre travail, sous un nom clair.
  • Veillez à ce que le fond sonore ne soit ni trop fort ni trop faible.

Étape 5 : enregistrement et écoute collective avant diffusion
Il ne reste plus aux élèves qu’à exporter le travail (sous un titre clair, comme « nom du binôme + titre de la fable »).
Attention : Audacity enregistre un projet (.aup), c’est-à-dire qu’on ne peut pas le lire tel quel dans un lecteur audio. Il faut l’exporter (en .wav ou .mp3).
Avant la diffusion, il est intéressant de faire une écoute collective des productions, ce qui peut être l’occasion pour certains de découvrir des textes qu’ils n’avaient pas compris au premier abord. On pourra même, éventuellement, opter pour une évaluation collective basée sur les critères réunis dans la carte mentale réalisée précédemment. Si une baladodiffusion est possible, c’est aussi l’occasion de faire rédiger aux élèves un texte de présentation du projet, qui leur permettra d’en expliquer le principe et surtout de montrer l’intérêt qu’ils auront pu y trouver.
Enfin, comme le projet est inscrit sur son descriptif de lectures et activités, le but est que chaque élève soit capable d’expliquer les choix de diction, d’habillage sonore et d’argumenter sur le sens et l’ambiance sonore qu’il a tenté de créer. Cela fera donc partie des questions possibles en entretien.

Exemples de productions





Bilan

Les élèves réticents à l’utilisation des outils numériques ont rechigné, et si l’on veut un travail abouti, il faudra compter au minimum deux heures de travail avec les élèves (mais le choix du texte et le travail d’entraînement à la lecture peuvent se faire en amont). Certes, deux heures, c’est beaucoup pour la charge de travail demandée en 1ère, surtout si l’on veut tous ensemble prendre le temps d’écouter le rendu final des productions. Mais ce travail a le mérite, outre la découverte pour beaucoup du logiciel Audacity, de faire prendre conscience aux élèves qu’une lecture vivante et travaillée d’un texte participe aussi à son sens.
Une piste non exploitée faute de temps : faire une première session d’enregistrements tout de suite après le choix des textes, pour, en fin d’activité, comparer les deux versions. Les progrès seront très nets.Il me semble en tout cas que la lecture a été une étape mieux préparée par les élèves, y compris sur les textes d’autres objets d’étude.
 
 
auteur(s) :

Kamel Benaouda, Lycée Blaise Pascal, Segré

information(s) pédagogique(s)

niveau : 1ère, --- LYCÉE ---

type pédagogique : scénario, séquence

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

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