autour de Nighthawks

classe de troisième

projet interdisciplinaire arts plastiques / littérature

9. français
écriture d'une histoire à partir du tableau

 

Moi, soldat du cent cinquantième bataillon d’infanterie, on m’a accordé une permission. Je suis en plein New York. Il se fait tard. Je rentre dans un bar. Je m’assieds à l’angle du comptoir. Mes yeux se tournent vers un homme tenant une cigarette de la main droite et une femme rousse vêtue d’une robe rouge. Je pense que c’est un couple d’amoureux. Cela fait longtemps que je n’ai pas vu des gens heureux ; mon attention est ensuite attirée par le barman qui a les yeux fixés sur les vitrines de la rue d’en face.
Je lui commande un scotch. Tout en buvant mon verre, j’observe l’affiche placée sur le mur au-dessus du bar. Elle demande de nouveaux soldats pour l’armée américaine. Cela me ramène à la réalité : demain je serai reparti au Viêt-Nam. Je me souviens encore de ma dernière patrouille avec mes camarades.
Le pays était rempli de marécages et nous étions embourbés jusqu’aux genoux. Nous ramenions des blessés à longueur de temps. Ils étaient souvent blessés au visage. Des images atroces me reviennent en mémoire. Autrefois, je pensais que l’armée n’était pas difficile hormis la discipline mais je m’étais trompé.
Je demande au barman une autre tournée. Et, à nouveau, les souvenirs me ramènent là-bas . Nous avons vu des gens nous supplier de les aider, et, en même temps nous avons appris à nous méfier car, plus d’une fois, les guérillas nous ont tendu des embuscades. Nous ripostions par des bombardements massifs. Ces images de feu n’arrêtent pas de me hanter…Tant d’enfants ont péri…Nous avons traversé des rizières, la jungle. Des combats acharnés se sont déroulé. Nous avions constamment peur des armes terrifiantes comme les mines. Heureusement, jusqu’à présent, j’ai pu survivre à tout cela.
Je pense à mes camarades qui ont perdu la vie dans cette guerre. Je regarde une nouvelle fois ce couple d’amoureux et je songe à mon copain qui a laissé sa fiancée dans le chagrin. Le barman avait peut-être lui aussi un fils dans les combats. Il paraît triste. Je regarde les murs du café et je repense aux murs criblés de balles, là-bas. Des morts et des morts, voilà ce qu’il me reste de cet enfer.

Benoît Leray.

séance9
texte de Delphine
texte d'Emeline
texte de Benoit
texte d'Elodie
texte de Lorène

 


professeure, Sylvia Pierre-Seiller, Lettres
collège Louis Pasteur, St Mars la Jaille

janvier à juin 2005