C’est la nuit. La
ville est déserte. Dans un café, le seul encore ouvert,
un jeune homme et une jeune femme sont assis au bar. Ils sont venus
ici ce soir pour fêter l’anniversaire de leur rencontre,
et parce que Frédéric a une surprise pour Marie.
C’est ici, à Ancenis, qu’ils se sont vus pour
la première fois cinq ans auparavant. Rien n’a changé.
Il y a toujours la même décoration, le même barman,
les mêmes habitués. Leur amour , lui aussi est là,
toujours le même. Il est toujours aussi grand, et même
plus fort qu’avant. Même semée d’embûches,
leur histoire a résisté. Pourtant, tout a failli à
jamais être terminé.
Un soir, Frédéric a dit à Marie, que leur relation
se finissait là, que bien qu’il l’aimât,
c’était mieux pour eux. Pour lui, la distance était
trop grande ; il ne voulait pas que Marie se sacrifie pour lui,
qu’elle soit obligée de travailler pour pouvoir le
rejoindre. Marie n’était pas de cet avis : elle l’aimait
plus que tout au monde ; c’était l’homme de sa
première fois, celle qui reste à jamais gravée
dans la mémoire.
Ils sont restés séparés ainsi quelque temps.
Mais Marie n’arrivait pas à oublier Frédéric
et mit tout en œuvre pour retrouver son grand amour. Elle lui
écrivit des centaines de lettres. Puis, n’ayant pourtant
pas de nouvelles de lui, elle décida de se faire une raison.
A sa grande surprise, un soir, en rentrant chez elle, elle le trouva
à l’attendre. Il était venu lui demander pardon,
pardon de l’avoir fait souffrir et de l’avoir quittée
ainsi. Depuis ce jour, leur amour n’a cessé de grandir.
Aujourd’hui est un grand jour, un tournant de leurs vies.
Ils sont assis ici, comme il y a cinq ans, à la même
place, l’un à côté de l’autre. Il
effleure d’abord sa main puis pose une bague de fiançailles
dans sa paume.
Elodie
Paudoie
professeure, Sylvia Pierre-Seiller,
Lettres
collège Louis Pasteur, St Mars la Jaille
janvier à juin 2005