autour de Nighthawks

classe de troisième

projet interdisciplinaire arts plastiques / littérature

 

 

9. français
écriture d'une histoire à partir du tableau

1- déroulement de l'atelier écriture

La consigne était donc de créer une histoire à partir du tableau. Chaque texte devait à un moment donné « contenir » le tableau. Je tenais à ce dénominateur commun. Mais cela n’a pas toujours été suivi. Le travail mené parallèlement en Arts plastiques c’est-à-dire le détournement du tableau a amené certains à opérer intentionnellement un décalage par rapport à l’œuvre originale (création d’un autre environnement que la ville par ex), ce qui donne un résultat parfois un peu différent de ce que je m’imaginais. Donc, après une première lecture, j’ai rédigé une fiche de conseils pour améliorer la cohérence des faits, pour décrire davantage les lieux et les personnages, leur donner plus « d’épaisseur »… En classe, nous avons réfléchi ensemble sur nos critères d’appréciation d’une histoire, ce qui guide et nourrit notre intérêt, notre plaisir de lecteur. Dans l’une des classes, ils se sont réunis par groupes en comité de lecture et ont eux aussi rédigé une fiche à l’intention des auteurs.
Ils ont lu l’Arrière-saison pendant les vacances de Pâques et nous avons étudié ensemble le texte. Comme je m’y attendais, la lecture n’a pas été aisée pour eux. Ils sont encore bien souvent obnubilés par la sacro-sainte « action » et n’ont pas encore un grand intérêt pour les relations humaines et la profondeur des sentiments, si ce n’est dans des romans destinés aux adolescents ou des histoires où ils peuvent s’identifier aux personnages .


2- travail préparatoire

En exercice préparatoire, j’ai proposé ce sujet après l’étude du poème de Prévert de manière à favoriser la compréhension des points de vue. Cela me semblait ensuite plus facile d’en adopter un pour créer une histoire autour du tableau de Hopper, voire même de jouer sur les points de vue.

Suite à l’étude du poème Barbara de Jacques Prévert, vous tiendrez compte de la situation d’énonciation du texte pour composer à votre tour un poème en vers libres ou un texte en prose qui sera rédigé sous forme de lettre.
Vous adopterez le point de vue de Barbara ou de son amant. A l’exemple du poème de Prévert, votre texte devra marquer une rupture entre le temps d’avant la guerre et l’après-guerre et vous imaginerez quel a pu être le destin des deux protagonistes.

Le système d’énonciation est clair :
- Il s’agit bien d’une réponse à Jacques Prévert.
- on sait qui parle, à qui.
Les éléments du texte sont repris :
- il y a une partie consacrée à l’avant-guerre
- une autre pour la guerre et ses conséquences
Le texte a les caractéristiques d’un poème :
- Les vers sont libres.
- Il y a une recherche sur la musicalité des mots (rimes, allitérations, assonances…)
- Il y a une ou des anaphores qui structurent le texte.
- Il y a un travail sur les images : comparaisons, métaphores.
Le texte est en prose :
- La forme de la lettre est bien apparente. (date, destinataire…)
- Le texte est organisé en paragraphes centrés chacun sur une idée.
Le texte est cohérent :
- Il n’y a pas de mélange entre les différentes époques : les temps sont bien employés.
- Les idées développées ne sont pas répétitives.
- Les idées sont ordonnées correctement.
L’orthographe est correcte :
- Orthographe lexicale
- Orthographe grammaticale (a/à ; on,ont…)
- Conjugaison

3- Expression écrite

Dans le cadre du projet interdisciplinaire Arts plastiques-Français, vous venez de découvrir un tableau du peintre Edward Hopper intitulé Nighthawks. Vous allez à présent inventer une histoire à partir de ce tableau. Aidez-vous de la fiche sur le repérage d’un texte pour choisir le système d’énonciation, le(s) point(s) de vue, le contexte spatio-temporel, le genre et la tonalité du texte. Pensez à varier les formes de discours.


1. La première phase de recherche et d’écriture

Dans un premier temps, les élèves ont essayé de trouver une trame. Pour certains la recherche du système d’énonciation et des points de vue a aidé à imaginer le rôle des personnages ; d’autres ont préféré se demander ce qui se passait dans ce café. Les élèves ont échangé oralement sur leur approche personnelle puis je les ai guidés pour s’interroger sur le cadre spatio-temporel.
En partant du principe qu’à un moment donné, nous devions avoir une correspondance fidèle avec le tableau, bien des possibilités étaient ouvertes : soit toute l’histoire se déroulait dans ce lieu dans un temps restreint (une nuit) (rappel de la règle des trois unités caractéristiques du théâtre classique), soit l’histoire avait commencé avant (le jour précédent, ou même des années avant - ce que permet l’ellipse) et se finissait dans ce café, soit l’histoire débutait par la vision du tableau et se terminait plus tard, soit enfin ce café n’était qu’un moment ou cours d’une histoire dont le commencement et la fin se déroulaient ailleurs. Cette liberté totale à partir d’un élément –le tableau – a permis à la fois d’avoir un réservoir d’inspiration et de l’utiliser de manière très diverse, comme l’attestent les textes d’élèves. Ceci a permis un réinvestissement de la notion du temps dans le récit abordé lors de l’étude d’Un long Dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot.
Les élèves ont produit un premier texte écrit en classe et travaillé à la maison.

 

2. Le temps de la première lecture critique
En ce qui concerne une classe nous avons mené conjointement Chantal Thébault et moi le travail de lecture et la rédaction d’une fiche visant à améliorer chaque texte d’élève. Avec l’autre classe, j’ai procédé différemment.
Au cours de cet atelier d’écriture, nous avons recherché ensemble les critères d’appréciation des histoires crées à partir du tableau.
Voici ce que les élèves ont proposé :
- le tableau doit être évoqué .
- le cadre spatio-temporel doit être clair et défini.
- L’intrigue doit être intéressante.
- Les actions doivent être tendues vers un but ; elles ont chacune leur utilité.
- La fin doit répondre aux questions que le lecteur se pose à moins que ce ne soit pas vraiment une fin.
- La fin doit être logique mais pas trop évidente.
- L’histoire peut être centrée autour de sentiments.
- Il faut entretenir le suspense.
- L’histoire doit être originale, inventive.

Puis les élèves, réunis en comités de lecture avaient la charge de lire quatre ou cinq histoires et de rédiger une fiche conseil pour chaque écrivain. S’en est suivi un nouveau travail d’écriture et une autre fiche que j’ai rédigée. Dans l’ensemble, les élèves avaient bien perçu les incohérences, les manques. La deuxième fiche de ma part venait plus apporter des conseils, proposer des orientations possibles .

 

4- textes des élèves à propos de Hopper

texte de Delphine
texte d'Emeline
texte de Benoit
texte d'Elodie
texte de Lorène

 

organigramme
séance1
séance2
séance3
séance4
séance5
séance7
séance8
séance9
séance10
séance11
séance12
séance13
séance14
séance16
bilan

 

 

Chantal Thébault, arts plastiques
Sylvia Pierre-Seiller, Lettres
collège Louis Pasteur, St Mars la Jaille

janvier à juin 2005