1- déroulement de
l'atelier écriture
La consigne était donc
de créer une histoire à partir du tableau. Chaque
texte devait à un moment donné « contenir »
le tableau. Je tenais à ce dénominateur commun. Mais
cela n’a pas toujours été suivi. Le travail
mené parallèlement en Arts plastiques c’est-à-dire
le détournement du tableau a amené certains à
opérer intentionnellement un décalage par rapport
à l’œuvre originale (création d’un
autre environnement que la ville par ex), ce qui donne un résultat
parfois un peu différent de ce que je m’imaginais.
Donc, après une première lecture, j’ai rédigé
une fiche de conseils pour améliorer la cohérence
des faits, pour décrire davantage les lieux et les personnages,
leur donner plus « d’épaisseur »…
En classe, nous avons réfléchi ensemble sur nos critères
d’appréciation d’une histoire, ce qui guide et
nourrit notre intérêt, notre plaisir de lecteur. Dans
l’une des classes, ils se sont réunis par groupes en
comité de lecture et ont eux aussi rédigé une
fiche à l’intention des auteurs.
Ils ont lu l’Arrière-saison pendant les vacances de
Pâques et nous avons étudié ensemble le texte.
Comme je m’y attendais, la lecture n’a pas été
aisée pour eux. Ils sont encore bien souvent obnubilés
par la sacro-sainte « action » et n’ont pas encore
un grand intérêt pour les relations humaines et la
profondeur des sentiments, si ce n’est dans des romans destinés
aux adolescents ou des histoires où ils peuvent s’identifier
aux personnages .
2- travail préparatoire
En exercice préparatoire,
j’ai proposé ce sujet après l’étude
du poème de Prévert de manière à favoriser
la compréhension des points de vue. Cela me semblait ensuite
plus facile d’en adopter un pour créer une histoire
autour du tableau de Hopper, voire même de jouer sur les points
de vue.
Suite à l’étude
du poème Barbara de Jacques Prévert, vous tiendrez
compte de la situation d’énonciation du texte pour
composer à votre tour un poème en vers libres ou un
texte en prose qui sera rédigé sous forme de lettre.
Vous adopterez le point de vue de Barbara ou de son amant. A l’exemple
du poème de Prévert, votre texte devra marquer une
rupture entre le temps d’avant la guerre et l’après-guerre
et vous imaginerez quel a pu être le destin des deux protagonistes.
Le système d’énonciation
est clair :
- Il s’agit bien d’une réponse à Jacques
Prévert.
- on sait qui parle, à qui.
Les éléments du texte sont repris :
- il y a une partie consacrée à l’avant-guerre
- une autre pour la guerre et ses conséquences
Le texte a les caractéristiques d’un poème :
- Les vers sont libres.
- Il y a une recherche sur la musicalité des mots (rimes,
allitérations, assonances…)
- Il y a une ou des anaphores qui structurent le texte.
- Il y a un travail sur les images : comparaisons, métaphores.
Le texte est en prose :
- La forme de la lettre est bien apparente. (date, destinataire…)
- Le texte est organisé en paragraphes centrés chacun
sur une idée.
Le texte est cohérent :
- Il n’y a pas de mélange entre les différentes
époques : les temps sont bien employés.
- Les idées développées ne sont pas répétitives.
- Les idées sont ordonnées correctement.
L’orthographe est correcte :
- Orthographe lexicale
- Orthographe grammaticale (a/à ; on,ont…)
- Conjugaison
3- Expression écrite
Dans le cadre du projet interdisciplinaire
Arts plastiques-Français, vous venez de découvrir
un tableau du peintre Edward Hopper intitulé Nighthawks.
Vous allez à présent inventer une histoire à
partir de ce tableau. Aidez-vous de la fiche sur le repérage
d’un texte pour choisir le système d’énonciation,
le(s) point(s) de vue, le contexte spatio-temporel, le genre et
la tonalité du texte. Pensez à varier les formes de
discours.
1. La première phase de recherche et d’écriture
Dans un premier temps, les élèves ont essayé
de trouver une trame. Pour certains la recherche du système
d’énonciation et des points de vue a aidé à
imaginer le rôle des personnages ; d’autres ont préféré
se demander ce qui se passait dans ce café. Les élèves
ont échangé oralement sur leur approche personnelle
puis je les ai guidés pour s’interroger sur le cadre
spatio-temporel.
En partant du principe qu’à un moment donné,
nous devions avoir une correspondance fidèle avec le tableau,
bien des possibilités étaient ouvertes : soit toute
l’histoire se déroulait dans ce lieu dans un temps
restreint (une nuit) (rappel de la règle des trois unités
caractéristiques du théâtre classique), soit
l’histoire avait commencé avant (le jour précédent,
ou même des années avant - ce que permet l’ellipse)
et se finissait dans ce café, soit l’histoire débutait
par la vision du tableau et se terminait plus tard, soit enfin ce
café n’était qu’un moment ou cours d’une
histoire dont le commencement et la fin se déroulaient ailleurs.
Cette liberté totale à partir d’un élément
–le tableau – a permis à la fois d’avoir
un réservoir d’inspiration et de l’utiliser de
manière très diverse, comme l’attestent les
textes d’élèves. Ceci a permis un réinvestissement
de la notion du temps dans le récit abordé lors de
l’étude d’Un long Dimanche de fiançailles
de Sébastien Japrisot.
Les élèves ont produit un premier texte écrit
en classe et travaillé à la maison.
2.
Le temps de la première lecture critique
En ce qui concerne une classe nous avons mené conjointement
Chantal Thébault et moi le travail de lecture et la rédaction
d’une fiche visant à améliorer chaque texte
d’élève. Avec l’autre classe, j’ai
procédé différemment.
Au cours de cet atelier d’écriture, nous avons recherché
ensemble les critères d’appréciation des histoires
crées à partir du tableau.
Voici ce que les élèves ont proposé :
- le tableau doit être évoqué .
- le cadre spatio-temporel doit être clair et défini.
- L’intrigue doit être intéressante.
- Les actions doivent être tendues vers un but ; elles ont
chacune leur utilité.
- La fin doit répondre aux questions que le lecteur se pose
à moins que ce ne soit pas vraiment une fin.
- La fin doit être logique mais pas trop évidente.
- L’histoire peut être centrée autour de sentiments.
- Il faut entretenir le suspense.
- L’histoire doit être originale, inventive.
Puis les élèves,
réunis en comités de lecture avaient la charge de
lire quatre ou cinq histoires et de rédiger une fiche conseil
pour chaque écrivain. S’en est suivi un nouveau travail
d’écriture et une autre fiche que j’ai rédigée.
Dans l’ensemble, les élèves avaient bien perçu
les incohérences, les manques. La deuxième fiche de
ma part venait plus apporter des conseils, proposer des orientations
possibles .
4- textes des élèves
à propos de Hopper