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l'orthographe en ceintures

mis à jour le 26/05/2016


vignette

Les ceintures orthographiques est un dispositif spécifique permettant l’apprentissage des règles d’orthographe par progression en niveaux de difficulté croissante, selon le principe des ceintures de judo. Récit d'une expérience en classes de 6e et de 3e.

mots clés : langue, orthographe


Contexte

Le constat de départ réside dans la difficulté à intégrer l’apprentissage de l’orthographe dans la progression annuelle des séquences pédagogiques et à y donner du sens aussi bien pour l’élève que pour le professeur. La ligne directrice du projet consiste donc à assurer une progression individuelle dans l’acquisition de connaissances liées aux notions d’orthographe, plus fluide sur une année scolaire, voire sur un cycle complet, par transmission d’une année sur l’autre de l’état des lieux des acquisitions de chaque élève (en cours d’expérimentation). Ce projet est donc mené en équipe afin d’assurer une cohérence sur un même niveau puis sur plusieurs niveaux.

Objectifs

Ce projet s’inscrit entièrement dans le Socle Commun de Connaissances et de Culture (Domaine 1 : Les langages pour penser et communiquer) et dans les nouveaux programmes. Il développe et mobilise chez les élèves la connaissance des formes scolaires par le biais d’exercices d’application, des connaissances et des compétences linguistiques plus complexes par le biais de l’exercice de la dictée et de la rédaction. Ce projet développe également des compétences transversales telles que l’autonomie, la prise d’initiative, et la capacité à s’autoévaluer.

Mise en place du dispositif

Création des ceintures
Pour chaque niveau, les notions d’orthographe sont classées en trois catégories : les conjugaisons, l’orthographe lexicale, les accords. Suivant le principe des ceintures de judo, sept niveaux de progression sont établis avec comme contrainte première de rendre accessible à tous les élèves la ceinture blanche, afin que tous puissent aisément entrer dans le "jeu".
 
Suivi
Dans la salle de classe, le tableau en couleur des ceintures d’orthographe est affiché. Ce même tableau, en nuances de gris, et agrémenté de colonnes supplémentaires destinées au suivi de la progression est collé dans le cahier d’exercices de chaque élève qui le complètera avec les smileys de réussite.

Tableau des ceintures collé dans le cahier de l'élève (colonne 1 vide : évaluation, colonne 2 vide : dictée).
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ceintures orthographiques 6e
Le professeur a un tableau récapitulatif et simplifié, ne comportant que les couleurs et les colonnes de suivi.

Tableau de suivi du professeur (smiley = leçon réussie, smiley avec drapeau = leçon à revoir, case verte = 2 smileys = leçon validée).
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tableau récapitulatif professeur

Enfin, dans la salle, est accroché un tableau récapitulatif collectif que les élèves remplissent au fur et à mesure de leurs réussites, afin que les progressions soient visibles de tous.

Tableau récapitulatif accroché dans la salle.
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Tableau récapitulatif accroché dans la salle

Banque de données
Pour chaque notion, une fiche leçon, une fiche exercices et une fiche corrigé de l’exercice, sont créées avec le rappel de la couleur de la ceinture indiquée dessus.
 

Fonctionnement

Matériel
Les élèves ont un cahier d’exercices destiné à travailler la langue, sur lequel est collé le tableau des ceintures. A chaque réussite, ils remplissent ce tableau en faisant une croix ou un smiley dans la colonne correspondante. Par exemple, pour la ceinture blanche en 6e, "le féminin des noms", si l’élève a réussi l’évaluation, il fait un smiley dans la première colonne de la ceinture blanche et dans la ligne "le féminin des noms". La deuxième colonne est réservée aux dictées.
Un fichier portefeuilles est placé en évidence dans la salle ; les élèves y puisent librement leçons et exercices. Chaque onglet, marqué d’une gommette de la couleur de la ceinture correspondante, comporte deux feuillets, eux aussi de la même couleur que la ceinture, dans lesquels les élèves trouvent d’un côté les photocopies de la leçon, et de l’autre, celles des exercices.
Un classeur de corrigés est disponible aussi.
Sont à disposition également un lecteur MP3 à écran digital et dictaphone sur lequel sont enregistrées les dictées, un répartiteur de casques (jusqu’à cinq casques) et des casques avec de grosses oreillettes (pour la protection des tympans des élèves).
Au fond de la salle, se trouve le tableau récapitulatif collectif que les élèves remplissent au fur et à mesure de leur progression à l’aide de gommettes de couleur.

Déroulement
Les élèves bénéficient de temps individuel en autonomie durant lesquels ils peuvent décider de travailler sur l’orthographe. Pour cela, ils vont chercher la fiche leçon qu’ils veulent travailler ainsi que la fiche exercice, qu’ils collent sur leur cahier d’exercices. Ils doivent lire la leçon, demander de l’aide si besoin et faire les exercices. Ensuite, ils vérifient leur travail avec le corrigé et demandent des explications si nécessaire. Enfin, quand ils se sentent prêts pour l’évaluation, ils peuvent la demander : elle n’a pas de date fixe mais est seulement sur demande.

Evaluation et progression

Trois types d’évaluation : exercices systématiques, dictée, rédaction (validation des leçons correctement acquises, selon les occasions ; la rédaction n’est pas obligatoire pour la validation car très chronophage pour le professeur).

Exemple d'évaluation (exercice systématique)

évaluation

Exemple de dictée
exemple de dictée

Visibilité de la progression : tableau individuel récapitulatif d’avancement dans le cahier et tableau collectif affiché dans la salle. 

En cas d’échec : le professeur prend en entretien individuel l’élève pour expliquer l’erreur, propose de nouveaux exercices et une nouvelle évaluation.

Bilan du projet

Les élèves adhèrent pleinement au projet : en effet, il comporte un aspect assez ludique (gommettes, smileys, lecteur MP3…) qui les attire ; ils se montrent très motivés pour faire les dictées et obtenir définitivement la gommette correspondante (les grands comme les petits). Il s’établit une compétition entre eux grâce au tableau récapitulatif accroché au fond de la classe. Cependant, plusieurs difficultés sont apparues durant le projet pour lesquelles il a fallu trouver une solution. Elles sont répertoriées dans le tableau suivant :
 
Problèmes rencontrés Solutions trouvées
Évaluation sous forme de rédaction : 3e niveau d’évaluation combinant les différentes capacités d’orthographe.
a. sujet en lien avec la leçon difficile à trouver (ex : le pluriel des noms ; si l’élève a écrit un texte au singulier, il n’est pas évaluable). 
b. quantité trop importante de textes à corriger
a. pas de rédaction pour la leçon ou alors proposition de réécritures. 
b. abandon du 3e niveau d’évaluation systématique : validation ponctuelle lors d’exercices d’écriture liés à la séquence en cours.
Banque de données : travail important en amont de la rentrée (choix des leçons, des exercices, des évaluations et des dictées, écriture des corrigés, mise en page, photocopies…), banque de données lacunaires pour les élèves très avancés (exercices et évaluations prêts jusqu’à la ceinture verte…) Pour l’année suivante, mutualisation avec les collègues, répartition des tâches (conceptualisation et recherche…).
Dictées : longues à enregistrer (environ 10 mn), lecteur déchargé, bugs du lecteur… Il faut prendre son mal en patience… ou demander à son gestionnaire un second lecteur pour y pallier…
Essoufflement des élèves : après l’entrain du début d’année, on constate une baisse dans le travail en autonomie sur les ceintures à partir de décembre On les laisse faire un Yo ko shio katamé ou un On geza katamé (comprendre ici "la prise du crabe" ou "la prise du canapé") : bref, on accepte leur besoin de se reposer puis on les remotive fin janvier, histoire qu’ils s’y remettent…
Cloisonnement des leçons : chaque leçon constitue une entité propre (les évaluations et dictées sont écrites dans l’unique d’évaluer la leçon correspondante).  D’où le problème des élèves qui réussissent des leçons, par exemple en ceinture orange, mais dont les évaluations montrent que finalement les leçons précédentes ne sont pas acquises. Jusqu’à la ceinture orange, les élèves ont le choix des leçons qu’ils veulent travailler et il n’est pas obligatoire de réussir le niveau inférieur pour faire le niveau supérieur. A partir de la ceinture verte, les leçons sont cumulatives : on ne peut obtenir la ceinture verte si les évaluations ne montrent pas les acquis des ceintures précédentes.

 
 
 
auteur(s) :

Magali Sevin , Collège La ville-aux-Roses, Châteaubriant

information(s) pédagogique(s)

niveau : Cycle 3, Cycle 4, Collèges tous niveaux

type pédagogique : scénario, séquence

public visé : enseignant

contexte d'usage : classe

référence aux programmes :

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