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les entretiens d'InSitu - Émilie Houssa



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Émilie HOUSSA
Co-Directrice de la Galerie Confluence
Chargée de la médiation et de la programmation




Galerie Confluence
NANTES


 

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 lien vers l'espace en ligne de la galerie

 



1. Pourriez-vous nous présenter vos différentes missions au sein de la galerie Confluence ?

 

 

Je suis la codirectrice de la Galerie Confluence en charge de la médiation et de la programmation avec Yolande Mary la directrice. Comme nous sommes deux nous faisons beaucoup de choses ensemble (programmation, scénographie, lectures de portfolios, rencontres avec les institutions, communication, développement de partenariats avec des institutions culturelles de la région ou des entreprises privées) mais nous avons chacune des missions que nous prenons en charge complètement.

Pour ma part, il s’agit de la médiation. Je conçois les ateliers, les propose et les présente aux instances qui nous subventionnent (ville, département, région, état avec la DRAC et établissements scolaires ou entreprises privées selon les projets) et réalise les ateliers en classe ou dans les lieux avec lesquels nous travaillons (la Galerie mais aussi l’Atelier ou bientôt le Parc du Grand Blottereau dans lequel nous montons une exposition). Je m’occupe aussi de rédiger les textes qui accompagnent les expositions et de réfléchir au commissariat pour certaines expositions qui lient la photographie à d’autres arts comme la peinture ou le dessin. En ce moment par exemple, je réfléchis à la mise en place d’une exposition avec les collections (photographiques, picturales et dessinées) du Musée de La Roche sur Yon autour du modèle et son artiste, afin d’inverser un peu le regard sur les corps représentés. Ce sont des expositions qui demandent un long temps de préparation et nous ne pouvons être mobilisées toutes les deux sur ces dossiers. Il y a trop de choses à faire dans une petite structure comme la nôtre.

2. Quelles sont les vocations principales de la galerie Confluence?
 

Depuis 2004, la galerie Confluence est le seul lieu d'exposition dédié spécifiquement à la photographie contemporaine à Nantes. Nous défendons une photographie à la fois documentaire et plasticienne qui s’appuie sur des photographes que nous voulons le plus diversifiés possible. Chaque année, nous proposons ainsi une programmation mêlant des photographes français.es et internationaux, émergents ou de renommée internationale. Attentive aux relations que la photographie contemporaine entretient avec les autres champs de l’art, notamment l’image en mouvement, l’installation, l’art numérique, la Galerie Confluence constitue un lieu de visibilité et d’expérimentation qui se veut un espace de réflexion sur la photographie en train de se faire.


École Fraternité - Nantes

3. La galerie établit un partenariat avec des scolaires depuis quelques années, comment s'est effectué ce glissement sachant que les enjeux sont, en partie, différents ?
 

Vue de l'exposition du Lycée La Colinière - Nantes



 

lien externedécouvrir l'entretien de Pauline Crusson, professeure d'arts plastiques au Lycée La Colinière.

 


Depuis 16 ans la Galerie Confluence affirme donc des choix et une ligne plastique qui se retrouvent dans l’exigence de sa programmation mais aussi dans la mise en place d’événements autour de la photographie. L'objectif de la Galerie est la promotion de la création photographique contemporaine et sa diffusion auprès d'un large public sous forme d'expositions, de conférences et de médiations auprès de publics variés. Les expositions présentées sont pensées dans le but de questionner le statut de l’image en tenant compte de ses mutations et de ses évolutions. Ces dernières années, l’association n’a eu de cesse de travailler sur le renouvellement des activités proposées, en mettant en place des événements tels que des rencontres et des conférences avec des professionnels de la photographie, des artistes, des enseignants et chercheurs ainsi que des ateliers d’éducation à l’image qui touchent tous les publics de la maternelle à l’université. Afin de répondre aux engagements des membres du réseau Diagonal qui cherchent à mettre en avant l’éducation à l’image pour tous les publics, nous avons mis en place depuis septembre 2019 des ateliers pédagogiques sur toute l’année scolaires avec une trentaine de classes de la maternelle au lycée. Ces actions se composent de visites à la galerie, d’ateliers dans les classes et vont jusqu’à proposer l’organisation d’expositions des élèves dans la galerie.


 


4. Quels sont les apports d'un tel partenariat pour une galerie ?
 

Ces partenariats sont essentiels pour faire en sorte que notre action est une véritable portée éducative. Nous sommes persuadées qu’il faut faire des institutions culturelles des lieux d’échanges.

Un échange privilégié avec Fabienne Delannet, professeure d'arts plastiques au Lycée La Colinière, a enclenché une mise en relation avec d'autres lycées. Les volontés de la galerie de s'ouvrir aux écoles et les besoins de travailler la compétence EXPOSER au lycée permet, dans la réalisation d'expositions au sein de la galerie Confluence et dans les interventions en classe de professionnels de la médiation et de la scénographie, des expériences riches pour nos élèves.


5. Pourriez-vous nous partager quelques expériences avec des scolaires? Quelles formes pernennet-elles ?
 

Les projets sont tous formés sur le même modèle : passer de la théorie à la pratique. Avec les lycéens des classes spécialités Arts Plastiques nous avons décidé d’orienter les ateliers vers le montage d’une exposition à la galerie. Mais avec les collèges ou les écoles primaires avec lesquels nous travaillons, nous montons des ateliers qui visent à leur proposer un « passage à l’acte » c’est-à-dire que lors du quatrième atelier (après une visite d’exposition, un atelier autour d’images fixes et un autre autour d’images animées) nous proposons aux élèves de faire eux aussi des photographies. Pour cela nous apportons des appareils photos jetables (pour qu’ils n’aient pas la possibilité de voir l’image produite : ce qui est mis en avant ce sont les choix de mise en scène, de cadrages et de questions techniques) et des images d’une ou d’un artiste vu(e) dans l’année. Ils recomposent alors des photographies à partir des images que nous avons étudié théoriquement, d’autres questions apparaissent ainsi. À la suite de cet atelier, les élèves sont invités à mettre en place une exposition dans leur établissement.

lien externedécouvrir l'entretien d'Aurélie Dourmap, professeure d'arts plastiques et Histoires des arts au Lycée Guist'hau

 

 

Installation de l'exposition du Lycée Gabriel Guist'hau réalisée par les élèves de Terminale

6. Comment vos missions et expériences sont-elles partagées aux élèves? Quels liens s'établissent entre vos expériences décrites plus haut et les compétences à travailler de nos élèves ?
 

Nous apportons un regard professionnel sur leurs choix et leurs propositions. Nous sommes là pour partager avec eux nos expériences en tant que commissaires. La plupart des élèves découvre qu’une exposition n’a rien d’évident. Les aspects techniques autant pour l’accrochage que pour la communication, les aspects juridiques et évidemment les aspects plastiques sont vus de manière concrète : sur le terrain. C’est le meilleur moyen de le faire comprendre ce qu’est notre métier. Il y a aussi une confrontation directe avec l’espace public : présenter un travail, une exposition à la Galerie c’est agir dans l’espace public, c’est assumé des choix non pas en tant qu’élèves mais bien en tant qu’acteur de la société. Je crois que c’est ce dernier point qui les marque le plus. En tout cas c’est à cela qu’ils pensent le plus en amont. Une exposition : comme une oeuvre est un mode d’expression.



Installation de l'exposition du Lycée Jean Perrin

lien externedécouvrir (prochainement) l'entretien de Cyrile Bret, professeur d'art plastiques du Lycée Jean Perrin

7. Envisagez-vous d'autres projets avec des scolaires, avec d'autres partenaires ?
 

Ces actions se développent de plus en plus grâce à des partenariats avec d'autres structures nantaises comme le FRAC, l'Ecole des Beaux Arts et le Cinématographe. Nous avons aussi engagé un travail avec les publics dits fragiles notamment en mettant en place des ateliers avec des foyers de la PJJ et le Centre pénitentiaire de Nantes. En 2022 nous lançons également des ateliers dans les EHPAD. Nous souhaitons vivement constituer un pôle de réflexion et de partage avec ces établissements pour donner à nos actions une fonction sociale. L’éducation à l’image est un champ politique qu’il nous faut investir. Ce sont évidemment des projets que nous souhaitons poursuivre et développer avec l’idée de créer une équipe de médiateurs. La volonté de former une équipe de personnes composée autant de photographes que de théoriciens capables d'animer des ateliers autour de la photographie nous tient à cœur et fait partie de notre projet de créer un véritable pôle autour de l'image photographique à Nantes.




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